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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Honorable député Martin Ziguele, nous voici en 2018, une année dont on ne sait pas encore ce qu’elle serait pour chaque peuple de la terre. Mais nous savons quand même que l’année 2017 a été favorable pour certains pays et particulièrement difficile pour d’autres, notamment pour le peuple centrafricain, malgré leur volonté à ramener la paix dans cette partie de la Sous-région d'Afrique centrale. Pour marquer la fin de l’année 2017 et le début de l’année 2018, la Rédaction de Regards d’Africains de France vient vers vous pour obtenir vos vœux pour le peuple du monde et plus particulièrement pour les Centrafricains. Merci Honorable député de répondre aux 7 questions de la Rédaction.

Regards d'Africains de France: Quel message tenez-vous à adresser aux Centrafricains du continent et de ceux de la diaspora qui sont toujours confrontés aux difficultés de la paix et surtout celles qui sont liées à la cohabitation, c’est-à-dire au vivre ensemble ?

Martin Ziguele:J'adresse d'abord à l'ensemble de mes compatriotes, qu'ils soient dans nos villes et villages, dans les sites de déplacés internes ou encore réfugiés hors de nos frontières, donc tous dans une situation de précarité absolue et d'insécurité, mes vœux d'abord de courage et de force morale, puis de santé. Pour mon pays qui souffre depuis près de quatre ans, je formule le vœu que l'année 2018 nous permette d'avancer concrètement sur le chemin de la paix définitive. Le développement et le bien-être qui en découlent sont des dividendes de la paix, et en réalité il n'y a aucun vainqueur dans une guerre fratricide. Je formule les mêmes vœux de paix pour les pays voisins de la RCA, pour l'Afrique et le monde entier.

Vous en tant que député à l’Assemblée nationale et président du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain(MLPC), quels vœux formulez-vous à l’équipe dirigeante du régime actuelle de Bangui et surtout à son Excellence le président Faustin-Archange Touadéra ?

En ma qualité de député et surtout de Président du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain(MLPC), je formule à l'endroit du Président de la République et de tout le gouvernement mes vœux de santé et de succès dans la délicate tâche de recherche de la paix dans notre pays déchiré. Je souhaite que les initiatives en cours pour la paix, aboutissent effectivement à la paix. J'adresse les mêmes vœux de santé et de succès à tous mes collègues députés dont le rôle dans la recherche des solutions locales de paix est à saluer et doit être valorisé et amplifié en 2018, puisque la représentation nationale est l'émanation de tous les coins et recoins du pays.

Les Femmes centrafricaines à l’instar du monde sont désormais comptées parmi les acteurs ou actrices du développement de votre pays et surtout à la recherche de la paix, quels sont vos vrais mots d’encouragement que tenez-vous à leur adresser ?

Mao Tse Toung avait coutume de dire que les femmes constituent la moitié du ciel. Nous sommes tous issus d'une femme, d'une mère. La femme est le socle de la vie de la famille et de la nation. L'Assemblée nationale centrafricaine a voté cette année la loi sur la parité qui n'attend que sa promulgation par décret présidentiel pour son application effective. Les femmes qui, produisent plus de la moitié de la richesse nationale auront alors juridiquement la parité dans leurs droits et leurs devoirs dans la gestion, le relèvement puis le développement de la RCA.

Les jeunes centrafricains ont besoin aussi d’encouragement, puisqu’ils sont aussi confrontés comme ceux de la Sous-région d’Afrique centrale au chômage, aux difficultés de trouver des vraies formations qui répondent à leurs besoins ou à leurs ententes, surtout aux difficultés liées à la vie des familles, dont ils sont les premieres victimes. Avez-vous un vrai message pour cette jeunesse ?

La population centrafricaine est composée à plus de 70% de jeunes qui dans leur grande majorité n'ont pas pu bénéficier, à cause des crises récurrentes d'une formation satisfaisante. La plupart des jeunes centrafricains sont à la fois au chômage et déscolarisés. Ils ont donc pu facilement basculer dans la violence. Le constat est d'ailleurs aujourd'hui partagé que la crise centrafricaine est d'abord et avant tout une crise de la jeunesse à qui nous n'avons rien offert de crédible jusqu'ici. Par conséquent, la solution durable à notre crise passe par une croissance économique soutenue qui créera les emplois dont notre jeunesse manque cruellement. Pour cela il faut la paix et la stabilité. J'invite donc la jeunesse centrafricaine à être en 2018 des artisans d'une paix dont ils seront les premiers bénéficiaires.

Peut-on oublier les religieux centrafricains pour cette année 2018 qui commence ?

Si la RCA a traversé la crise vaille que vaille au moment où toutes les institutions de l'Etat ont vacillé, c'est grâce à l'action résolue des religieux centrafricains menés par le Cardinal Dieudonné Nzapalainga, l'Imam Kobine Layama et le Pasteur Nicolas Grekoyamé. Ils ont été d'une redoutable efficacité pour éviter la mort de toute espérance dans le pays et démentir les spéculations sur une prétendue guerre de religions. Nous leur devons beaucoup pour la survie de la nation, et je souhaite que leur action soit renforcée en 2018.

Les dirigeants de ce monde, notamment ceux des Nations-Unis, Union Européenne, Union Africaine ou autres guettent souvent les discours des présidents africains pour cette année 2017 qui se termine et celle de 2018 qui commence, mais n’oubliez pas qu’ils lisent ou suivent aussi les messages des hommes politiques africains comme vous l’honorable député.  Que tenez-vous à leur dire pour le compte de la République Centrafricaine et aussi pour vos voisins en difficultés comme le Soudan du Sud, le Cameroun et le Tchad qui vit une crise financière la plus atroce de son histoire ?

Je tiens d'abord à saluer la présence de la communauté internationale via les Nations Unies et la Minusca, l'Union Européenne notre premier bailleur multilatéral, l'Union Africaine, la Communauté de San't Egidio, l'Organisation de la Conférence Islamique, ainsi que tous les pays amis qui, chacun deux par sa présence et ses actions nous aident de manière multiforme à éviter le pire en Centrafrique. Il y a des drames dans le monde entier, et c'est pourquoi l'attention qu'ils continuent de porter à notre situation est à saluer et à encourager. La République centrafricaine est comme son nom l'indique au cœur géographique de l'Afrique donc de la sous-région d'Afrique centrale. Il ne pourra y avoir de paix durable en Afrique centrale si une situation de chaos sécuritaire perdure en RCA car il y aura forcément un effet de contagion vers les pays voisins. C'est pourquoi nous avons tous intérêts, voisins de la RCA et toute l'Afrique d'ailleurs, à la paix en RCA. J'en veux pour preuve les conséquences du chaos qui perdure en Libye sur la sécurité en Afrique avec le scandale de la traite des Noirs migrants en plus.  La lutte juste, la lutte pour le droit de vivre pour les Centrafricains, Soudanais du Sud, Camerounais ou encore Tchadiens non armés et à la merci de rebelles est le combat de tous. Je remercie encore une fois la Communauté Internationale pour ses engagements et les pays membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour leur appui à la RCA, et plus particulièrement la Russie qui s'est engagée à équiper notre armée nationale. J'invite vivement les autres pays membres du Conseil de Sécurité à suivre les pas de la Russise et à mutualiser tous les efforts pour nous aider dans la reconstruction d'une armée nationale professionnelle et représentative de la toute la communauté nationale dans toute sa diversité. J'émets le vœu que 2018 ne soit pas seulement une année de retour à l'ordre, ni seulement de maintien de paix mais bien une année de relance économique.

Que vous reste-t-il à dire de façon libre sans que la Rédaction vous oriente vers une question particulière ?

Je salue la capacité de résilience des femmes et des jeunes en République Centrafricaine. Je voudrais dire à mes compatriotes que je sais que nous avons traversé et traversons encore dans certaines de nos contrées des périodes très éprouvantes. Je sais que, comparé à plusieurs autres nations sur des critères d'indices de développement humain ou d'alphabétisation, notre pays est en queue de peloton. Je voudrais qu'en cette nouvelle année, ces femmes braves et ces jeunes braves soient conscients qu'ils sont forts parce qu'ils ont survécu à l'horreur, qu'ils sont forts parce qu'ils ont su se reconstruire alors qu'ils étaient déchirés aussi bien physiquement que psychologiquement. Je leur souhaite en cette nouvelle année d'être les acteurs de leur propre réussite et de celle de notre pays ! Le salut ne viendra ni de l'extérieur, ni même du Gouvernement car les deux se battent pour créer les opportunités et un cadre, je souhaite à nos femmes et nos jeunes de saisir ces opportunités et de contribuer à relever notre chère et belle patrie. Que Dieu vous bénisse et bénisse notre pays. A l’occasion de l‘avènement de la nouvelle année, je vous adresse tous mes vœux de bonne et heureuse année 2018. Que cette nouvelle année, nous apporte paix, bonheur, santé. Et surtout, qu’elle soit porteuse de succès dans toutes nos entreprises.

Propos recueillis par Ahmat Zéïdane Bichara

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