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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

L’organisation d’élections législatives reste d’apparence la seule annonce qui alimente les débats au Tchad après le discours de présentation des vœux à la nation du président Idriss Deby. La classe politique complètement atomisée par le pouvoir se frotte déjà les mains, sans savoir les tenants et les aboutissants d’une telle annonce. L’opposition politique est toujours négligée et bafouée par le président Idriss Deby qui ne respecte ni les hommes, ni les institutions ni encore moins les lois. Il se considère au-dessus de tout et décide de tout quand il veut sans demander l’avis de personne. Arguant le manque de moyens financiers, il avait repoussé les législatives en 2019 alors que le mandat de l’Assemblée nationale était officiellement achevé depuis 2015. Aujourd’hui, il fait une annonce sous la contrainte des partenaires extérieurs qui font de l’organisation des législatives une condition officieuse de poursuite de leur soutien financier. 

Conscient du ciel orageux en perspective, l’homme qui jongle avec la providence, la malice et l’hypocrisie trouve là une meilleure opportunité de tirer encore une fois son épingle du jeu quitte à flouer tout le monde le moment opportun. Alors la question qui taraude mon esprit n’est pas celle qui a été posée par Kébir Mahamat Abdoulaye, mais plutôt Est-il sincère lorsqu’il annonce la tenue d’élections législatives en 2018 ? S’il faut organiser les élections législatives comme la présidentielle de 2016 alors d’emblée personne n’en veut. Les Tchadiens sont fatigués et dépités de participer à des mascarades électorales à répétition. Désormais, le pouvoir doit faire les choses dans la règle de l’art. Une élection c’est plus qu’une simple annonce, c’est un processus avec des acteurs, des moyens et un chronogramme. Il est temps d’arrêter de s’amuser au bricolage électoral. Le digne peuple tchadien mérite mieux que de calculs politiciens et la préservation des intérêts égoïstes.

 

La vigilance doit être de mise car l’annonce de l’organisation d’élections législatives s’apparente plutôt à une opération d’enfumage secrètement montée par le pouvoir pour distraire le peuple afin de faire passer son macabre projet d’abattement de salaire qui est ficelé et prêt à être appliqué. L’opposition politique doit se réveiller et jouer véritablement son rôle si elle ne veut pas être définitivement larguée aux oubliettes. Le silence complice de certains leaders d’opinions favorise le pouvoir MPS qui opprime le peuple et n’offre aucune perspective d’avenir crédible pour le pays, notamment pour la jeunesse abandonnée à son triste sort. Les partis d’opposition crédibles, la société civile, les travailleurs, la jeunesse sont interpellés pour exercer leur droit dans le jeu démocratique qui se veut respectueux des principes et des valeurs librement choisis et acceptés par tous les citoyens. Le consensus s’obtient par la discussion d’idées parfois contradictoires de laquelle peut jaillir un projet collectif. C’est le sens du débat proposé par Kébir Mahamat Abdoulaye autour de la question : Est-il possible techniquement d'organiser les élections législatives en 2018 ? L’ensemble de vos réponses constituent le 34eme numéro de Parole au peuple.

L’économiste et analyste politique tchadien, Kébir Mahamat Abdoulaye met au profit de son peuple une réflexion bien sensible, mais nécessaire :« Dans sa déclaration à la nation à l'occasion de nouvel an, le chef de l’État a annoncé l'organisation d'élections législatives en 2018. Cependant comment tenir les élections législatives sans que ne soient organisés l'organisation du forum national qui définira la nouvelle République, le référendum sur la nouvelle constitution, la révision de nombreuses lois dont principalement la loi électorale ? Le forum national sur la réforme de l'Etat et des institutions se tiendra vers fin février et prendra au maximum un mois même si l'opposition démocratique refuse de participer. Si tout se passe bien c'est à dire l'organisation et la fin du forum national, la rédaction de ses résolutions et propositions, il faut compter vers fin mai, début juin pour apprêter et rendre disponible les différents documents. A partir de juin jusqu'à octobre, la saison de pluie sur l'ensemble du territoire national n'encourage pas la tenue de toute élection même la tenue d'un référendum en raison d'inaccessibilité de certaines localités.

La campagne et la tenue de référendum peuvent être organisées à partir d'octobre et les résultats pourront être attendus en novembre. Après le référendum, il faut réviser beaucoup de lois dont la loi électorale qui définira un nouveau découpage électoral avec de nouvelles appellations des régions. Le processus de révision des lois est un travail technique donc il nécessite du temps. Une grande opération administrative et technique assez générale doit être organisée pour l'impression, la production de nouveaux documents administratifs concernant le changement d'appellation des régions, une nouvelle carte géographique du pays. La mobilisation des ressources pour la tenue du forum national, le financement du référendum, l'impression et la production de la nouvelle carte géographique du Tchad et autres documents administratifs, des élections législatives…constitueront de grandes préoccupations.

Aucun financement n'a été prévu dans la loi des finances 2018. Comment mobiliser les ressources au niveau national et auprès des partenaires du Tchad. L'organisation d'élections législatives d'abord la campagne de deux tours, puis le processus de votes, des résultats du premier et second tour, tous nécessitent au moins deux mois. Il est évident que tout le monde souhaite l'organisation d'élections législatives car cette législature actuelle son mandat est fini depuis plus de 2 ans, et par conséquent une nouvelle assemblée nationale doit être installée. Cependant tenir des élections législatives dans une même année avec d'autres nombreux événements politiques cités, est une opération irréalisable. Il est important de rappeler que le mandat des conseillers municipaux prendra fin en février 2018.Pourquoi organiser les législatives en 2018 sans les élections municipales puisque le mandat des maires et des conseillers municipaux prendra fin en février 2018 ? Enfin sans consensus politique entre tous les acteurs politiques, tous ces événements connaîtront de blocage d'une manière ou autre. La tenue d'élections législatives et municipales en 2018 est réalisable sans le forum national suivi d'autres événements politiques. Mais qui souhaite cela ? » 

 Eric Kamougue ouvre le débat : « Bonne année monsieur Kébir Mahamat Abdoulaye. Les annonces du président Déby ne sont qu’un trompe-l’œil. Il ne tient pas véritablement à organiser les législatives et comme vous l’avez bien souligné techniquement c’est impossible d’organiser ses deux événements majeurs pour notre nation. Il faut arrêter de sous-estimer les tchadiens en ce début d’année 2018. Je souhaite un peu d’honnêteté intellectuel de la part de nos dirigeants »

 Abakar Ali Molimi semble confus : « Justement le travail qui a été fait récemment parle plutôt d'une révision mais Kébir parle d'une autre chose que je ne comprends pas.»

 Ousmane Abdoulaye donne une bonne appréciation : « Pertinente analyse, comme si c'est une décision irréfléchie sur les processus qui mènent à une élection. Dans le contexte actuel du pays il faut au préalable définir les modalités techniquement, financièrement et pourquoi pas politiquement. »

 Bechir Issa Hamidi est satisfait : « Très bonne analyse... Si la volonté politique y est, tout est possible !»

 Moustapha Hamid félicité Kébir tout en émettant une critique envers la plume présidentielle : « Bonne heureuse année cher Kébir Mahamat Abdoulaye. Belle réflexion ! Comme toujours vous avez vu juste et énuméré là des situations politiques à tous les égards les unes plus complexes que les autres. C'est à croire que ceux qui participent à la rédaction du discours du président ne prennent pas en compte l'éventualité de la situation politique globale du pays. »

 Adam Erdi Betchi note que : « Dans la nouvelle constitution, il n’y aura plus de Premier ministre mais de Vice-président. On va probablement adopter le système américain. Donc une nouvelle République est en vue. De toutes les façons, la dictature continuera tant qu'Idriss Deby Itno est au pouvoir. »

Kébir Mahamat Abdoulaye se sert de l’exemple de la constitution de Habré pour répondre à Adam : « Cher Adam Erdi Betchi, Hissein Habré a proclamé la troisième République parce que pour lui la fin des régimes de Tombalbaye et Malloum constituait une nouvelle République. Mais Habré a tort de proclamer ainsi car un changement de pouvoir (régime politique) ne veut pas dire changement de République. Ensuite à son arrivée au pouvoir en 1982, il n'a pas élaboré une nouvelle constitution et soumis au peuple pour changer les anciennes constitutions de manière conséquente. Même dans son interprétation il a fait volontairement ignorer par mépris le régime de GUNT de Goukouni Weddeye comme une république malgré que celle-ci ait duré au moins 2 ans. Habré n'a pas aussi changé dans sa loi fondamentale provisoire appelée Charte fondamentale (constitution) les grandes dispositions importantes de l'ancienne constitution, il n'a pas changé aussi le régime présidentiel par un autre ni introduit des réformes constitutionnelles importantes jusqu'à 1989.» Sa nouvelle République n'a commencé qu'à partir de 1989 avec une nouvelle constitution votée par le peuple et suivie d'élections législatives. Enfin sous Deby, il y a eu d'abord une quatrième République et bien d'autres.

Abderaman Koulamallah réagit positivement avec un bémol : « Kébir Mahamat Abdoulaye, on n’est pas en désaccord bien sûr que si on change la forme de l’Etat qui est un changement majeur on passe à une république mais dans le cas d’espèce le Tchad ne change pas la forme de l’Etat mais essentiellement de régime politique »

 Hassan Brahim Mamai émet des réserves : « Belle analyse mais ne dite pas une nouvelle république. Cela demande beaucoup de choses peut être vous avez une motion de censure au Sénégal. Une femme députe a pris la parole et disait que la république, ce n’est pas un jardin d'enfants.

Abakar Ali Molimi tente une explication personnelle : « On parle d'une nouvelle république c'est quand il y a une introduction d'une nouvelle forme de l'État dans la constitution. »

 Abderaman Koulamallah le corrige : « Abakar Ali Molimi non quand on change la nature du régime exemple on passe d’un système parlementaire actuel à un système présidentiel donc on change de république.»

 Mahamat Issa Moussa s’interroge sur la pertinence d’un débat autour de la tenue d’élections législatives : « Cher (es) frères et sœurs pourquoi tenez-vous tant à l'organisation des législatives ? A quoi sert d'organiser une élection jouée d'avance ? Car les scrutins dans notre pays sont tout sauf libres, crédibles et transparents. Souvenons-nous de l'épisode des militaires assassinés pour ne pas avoir voté le président sortant. La théorie de la séparation des pouvoirs de Montesquieu passe bien dans les pays démocratiques mais pas dans le nôtre. A quoi ça sert d'élire des députés qui ne se soucient que de leurs indemnités et avantages plutôt que de défendre les intérêts des citoyens ? Ils ne pipent mot sur les assassinats, les violations des droits de l'homme, la mauvaise gouvernance. Je propose qu'on investisse dans le social, la lutte contre la misère que vivent nos concitoyens tous ces milliards destinés à l'organisation des législatives. Il faut dire les choses telles qu'elles sont. Nos représentants ne défendant pas la population, l'organisation des élections est un gâchis. Il faut faire les choses parce qu'elles doivent être faites et non par obligation ou pression. Le président disait qu'il n'y aura pas d'élection législative avant 2019. Sous les pressions de l'ancienne puissance coloniale et autres partenaires, le président revient sur sa parole !»

 Mustapha Ali Adoumaye se montre pessimiste :« Mon cher grand Kébir Mahamat Abdoulaye vous l'aviez dit c'est techniquement impossible. Déclaration du Chef de l'Etat à la Nation est toute politicienne, donc ne tarderons pas à discuter sur ce sujet qui doit tarauder l'esprit de tout citoyen. »

Abderaman Koulamallah : « Ton analyse est parfaite et je suis en accord avec ce que tu dis. Si on change de République comme cela va être le cas on doit attendre les nouvelles instituions et faire les élections en conséquence donc pas d’élection avant 2019 au plus tôt à moins que l’on veuille tenir des élections avant le référendum. »

 Mahamat Issa Moussa suggère de faire autrement : « Je propose qu'on investisse dans le social, la lutte contre la misère tous ces milliards destinés à l'organisation des législatives. Pourquoi organiser une élection jouée d'avance ? Car nos scrutins sont tout sauf libres, crédibles, transparents ? A quoi servent nos députés s'ils ne défendent pas le peuple ?»

 Nathan Kanbourbé se pose des questions : « Les calendriers seront fort probablement serrés. Où trouvera-t-on enfin l'argent pour l'organisation matérielle et financière de ces élections législatives au moment où une crise artificielle frappe notre pays ? Et le kit biométrique dans tout ça ! Attention aux résultats bâclés avec conflits sanglants !!! Les résultats aux forceps, nous n'en voulons plus. »

 François Djekoumbé fait le tour d’horizon de la question : « Bonne Année mon cher Kébir Mahamat Abdoulaye. Tes interrogations sont légitimes. Cependant, l'organisation des législatives n'a jamais été le souhait du président Deby. Ce que Deby fait depuis un certain temps, c'est d'avoir une Assemblée nationale avec une législature normale et à son terme, il prolonge la législature sciemment pour avoir la mainmise sur tous les députés (majorité comme opposition). Ceux qui sont là actuellement ne détiennent pas leur légitimité du peuple, mais du président Deby directement, le mandat que le peuple leur a donné ayant expiré depuis 3 ans (2011-2015). Il en a été ainsi pour la législature passée qui avait eu un double mandat avec la même tactique. Et sous une législature reconduite par décret, tout le monde se soumet au chef, même les opposants font semblant de s'opposer, mais ils savent qu'ils dépendent du président qui peut les sanctionner à tout moment. Donc la prolongation du mandat législatif est une astuce utilisée par Deby qui marche bien depuis plusieurs mandats. Sinon, ce n'est pas l'argent pour organiser les législatives qui manque. Pourquoi a-t-il toujours des fonds pour organiser dans le temps les présidentielles, mais quant aux législatives, à chaque fin de la législature, il n'y a pas de sous et il faut prolonger le mandat des députés.

Donc comme disait Tiken Jah Fakoly, on a tout compris. Maintenant, avec tout le problème que Deby a avec les USA, le FMI, Glencore etc. tout ce qui lui reste comme « Bailleur de fonds crédible », c'est l'Union européenne. Face à la crise, l'UE avait dès début 2017 demandé à Deby d'organiser rapidement les législatives pour avoir une Assemblée nationale ''normale'' s'il veut toujours être aidé. Ainsi, coincé, Deby est obligé d'annoncer les législatives pour 2018 pour ne pas rater l'argent de l'Union européenne, sachant pertinemment que rien ne sera prêt pour organiser des élections législatives crédibles en 2018, car il faut revoir le fichier électoral, le redécoupage administratif qui tiendrait compte du forum ou des réformes en cours, choses qui divisent les Tchadiens actuellement. Donc, le calcul politique, c'est celui-là. Mais on attend tous de voir. Mon souhait le plus ardent est qu'en attendant la mise sur pied de la nouvelle Assemblée nationale, la présente soit dissoute pour économiser des millions qu'on gaspille pour payer 188 députés illégaux sachant qu'avec Déby, toutes les lois passent comme une lettre à la poste et que le président légifère, je ne sais pas, par ordonnance ou par décret-loi, le temps de retrouver la normalité. La présente Assemblée nationale est au service du président Déby et non du peuple tchadien, personne ne me persuadera du contraire. »                 

 Zougoundi Karima est catégorique : « Mon frère Djekoumbé, Décidément personne ne me persuadera du contraire sur la nature de notre Assemblée nationale. On a fait du remplissage avec un ramassis d’individus qui sont au service du chef. La majorité de nos députés sont en déphasage avec leur mandat national. Beaucoup sont des ignorants ou des alphabétisés. Mais ils ne sont pas les seuls à travailler pour les chefs. Tout le monde le fait au Tchad. Les intellectuels, les ministres, les DG, les gouverneurs, les préfets, tous les agents de la fonction publique, l'armée nationale. Tout ce monde-là est employé du président Idriss Deby Itno. Tout ce monde-là, travaille pour lui. Beaucoup des cadres et des hommes politiques ont lié leur avenir à Idriss Deby Itno. Donc mon cher Djekoumbé, nos députés ne sont pas les seuls à marcher aux pas. »

François Djekombé partage entièrement l’analyse de la précédente intervenante : « Parfaitement d’accord avec ton analyse, chère sœur Zougoundi Karima, je me suis simplement focalisé sur les députés parce que le sujet est lié aux élections législatives, sinon, comme tu l'as relevé, au Tchad, c'est tout ce monde que tu as listé et peut-être d'autres catégories qu'on a encore oubliées qui ''soupent'' avec le roi et compromettent leur vie et l'avenir de plusieurs générations, simplement à cause de leur petit ventre »

 Alifa Abba Guemé se montre plutôt optimiste : « Cher grand frère Kébir, techniquement c'est impossible d'organiser ces législatives en 2018 comme vous l'avez si bien évoqué. Mais étant maintes fois averti, conscient des forces et moyens dont disposent les gouvernants en place, considérant la volonté manifeste des bailleurs de fonds d'où le renouvellement obligatoire de la législature avant tout investissement du PND en vue, je peux nous rassurer que tout est possible. D'ailleurs, votre analyse présente va plutôt les aider à bien ajuster leur projet si volonté y est vraiment. Ainsi je me limite à cette maxime : ‘Il n'y a pas de surprises. Il n'y a que des surpris’. Wait and see »

Ahmat Doucia Madja n’est pas tendre avec le régime : « Pour ma part, je trouve que c'est la balade de santé. C'est la mésaventure. Idriss Deby Itno et ses forgerons veulent créer une instabilité dans le pays, réduire les tchadiens à l'esclavage moderne. Les 16 mesures ne sont pas évaluées et le rabattement qui refait surface. Alors où allons-nous ? Je pense que ce projet de réforme administratif est un plan diabolique. Ce n'est rien d’autre qu’une aventure de gaspillage de l'argent public. Retenons les anciens 14 préfectures par ordonnance et arrêté le calendrier de collèges électorales pour les législatives. Nous gagnerons du temps et moyens et planifierons les programmes et projets avenir. »

 Kébir Mahamat Abdoulaye fait de la pédagogie en s’adressant de façon à cet intervenant :« Abderaman Koulamallah, dans la réforme de l'Etat, il a été proposé de réduire le mandat présidentiel à deux mais pour la durée au lieu de 5 ans ce sera plutôt 7 ans. La durée de mandat des députés passera de 4 à 6 ans et renouvelable une fois contre des mandats illimités actuellement. Au niveau du pouvoir législatif, il y aura deux institutions au lieu d'une seule assemblée nationale et le Sénat. L'organisation administrative de l'Etat sera complètement modifiée. En outre beaucoup d'autres dispositions de la constitution seront modifiées. Voilà les éléments qui donnent naissance à une nouvelle République même si la forme unitaire de l'Etat ne sera pas touchée ni l'introduction de régime parlementaire. »

Abderaman Koulamallah persiste et signe : « Kébir Mahamat Abdoulaye mais on est d’accord. Il propose le bicaméralisme qui existait dans la première version de la constitution. Chirac a changé le mandat du président de 7 à 5 ans mais cela n’a pas basculé les institutions dans une autre république. Le mandat n’est pas une réforme institutionnelle profonde ni le bicaméralisme (assemblé et sénat) ce qui fait basculer c’est la nature du régime et la forme de l’Etat. »

Atteib Mahamat Saleh donne son explication : « Je pense que la prorogation de mandat des députés n’est pas liée à la nouvelle constitution qui sortira du forum inclusif mais à l’ancienne. Le plus important à mon avis est d’organiser dans un premier temps l’élection législative qui constitue le fondement d’une jeune démocratie comme la nôtre et ensuite envisager un forum inclusif qui permettra de légitimer le mandat actuel du président. De toute façon, les investisseurs internationaux et les bailleurs de fonds attendent une assemblée nationale légale et légitime pour se lancer dans une quelconque opération d’investissement de sorte que les lois votées soient solides et donnent une garantie de retour. Je trouve plutôt cette annonce comme une bonne nouvelle pour la marche vers la démocratie. »

 Djimmy Wakai désapprouve cette improvisation : « Bonne analyse. On ne peut pas improviser à tue-tête de grands événements dont la vie de la République en dépend, mais on les planifie et les programme. Mais malheureusement, ce n'est plus le cas pour le Tchad. Je crois que le rédacteur du message à la nation a dû ajouter l'événement en question dans le discours pour compenser le manque habituel du bilan annuel du Président. »

 Zougoundi Karima soutient le point de vue de Djimmy : « Mon frère Wakaï, j'adhère à votre remarque et observation sur la place de l'annonce des élections législatives en 2018 dans le discours du chef de l'État, qui soulève beaucoup de questions. D'abord les élections législatives pour le Tchad en 2018, avaient déjà été revendiquées par l'extérieur, notamment la France. Donc Idriss Deby Itno est obligé de balancer tous azimuts dans son discours entre autres l'idée d'une législature en 2018, pour apaiser les esprits sans même tenir compte des tenants et les aboutissants de ce projet. Autour du président Idriss Deby Itno, on laisse répandre l'idée d'une législature et même celle de source des revenus pour le parti MPS. C'est l'opportunité de faire une levée de fonds auprès de nos partenaires, dont la France en premier en vue d'organiser les élections. Mais seulement même si les fonds sont disponibles, le président Idriss Deby Itno, organisera les élections législatives, si et seulement s’il est sûr de les gagner. »

 Mahamat Abba Bary renchérit : « Très bonne analyse mais n'oubliez pas que c'est aussi l'exigence de l'hexagone. Aller en élection sans un minimum de garantie (kit biométrique de vérification) nous conduira à un échec et une législature contestée. Il ne faut pas regretter après et accuser l'hexagone de nous avoir obligé d'aller à l’élection. »

Kebir Mahamat Abdoulaye confirme : « Oui c'est exact. C'est la France qui a exigé les élections législatives en 2018. »

Adam Erdi Betchi est persuadé de la mauvaise foi de Deby : « Une énième fois encore le despote Idriss Deby va rouler les Tchadiens dans la farine. Personne ne croit aux multiples mensonges d'Idriss, même pas ses griots qui continuent à lui chanter des louanges hypocrites. D'ailleurs, à quoi sert le parlement, en dehors de son rôle de chambre d’enregistrement qui permet à Idriss Deby à légitimer sa fausse démocratie face à l'opinion internationale ? Nous vivons sous une dictature atroce et il ne sert à rien de parler de parlement comme si nous vivons sous une démocratie. Il faut donc supprimer cette assemblée des guignols budgétivore. »

Choix et commentaire de Moussa T. Yowanga/Ahmat Zéïdane Bichara

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