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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Dans les commentaires des journalistes malgaches de présentation de vœux de leur président à son peuple pour le nouvel an 2018, on retient aussi cette belle et fameuse phrase : « le président de la République, Hery Rajaonarimampianina a évoqué les premiers acquis du redressement, mais il a surtout réitéré son engagement envers le peuple malgache, notamment celui de libérer les énergies pour assurer l’avenir. Dans cette démarche, l’identité et la personnalité malgaches doivent évoluer, afin qu’elles fassent cors avec le travail incessant, de tout un chacun pour instaurer une émergence harmonieuse».C’est vraiment beau d’attribuer un bon commentaire au discours prononcé par un président qui n’aurait certainement pas encore pu répondre aux attentes des populations pauvres de son pays. Que veut le peuple ? Normalement les journalistes malgaches seraient censés à apporter des éléments des réponses à cette question ? Qui défendra les intérêts du peuple si le gouvernement ne le fait pas comme il devait le faire normalement comme certains dirigeants de ce monde le font ? N’est-ce pas les journalistes malgaches au profit des Malgaches ? Certes, il va y avoir évidemment des commentaires très critiques à l’égard de la politique du président Hery Rajaonarimampianina. On ne sait jamais. Mais pour l’instant, retenons désespérément cette unique phrase.

Voici le très attendu discours de présentation des vœux 2018 du président malgache Hery Rajaonarimampianina prononcé le 05 janvier 2018 dans son palais présidentiel à Iavoloha.

« Excellences, Mesdames et Messieurs, votre Excellence a bien voulu me manifester, ainsi qu’à mon épouse, et à travers nous, au peuple malgache tout entier, votre sollicitude à l’occasion de la nouvelle année. Nous vous remercions de vos vœux et en retour, nous vous adressons à votre Excellence, aux Ambassadeurs et aux membres des missions diplomatiques et consulaires, ainsi qu’aux représentants des Organisations internationales, et à vos familles respectives nos meilleurs vœux de bonne et heureuse année 2018. Nous vous souhaitons à tous, une année pleine de paix, de joie, de bonheur et de solidarité, gage de prospérité pour tous. Je ne peux pas commencer cette adresse sans tout d’abord remercier chaleureusement tous ceux qui par leur travail, leur dévouement et leur loyauté de chaque instant, nous ont permis de parcourir un si beau chemin, depuis quatre années. Quand, il y a déjà 4 ans, nous avons reçu pour la première fois le mandat du peuple pour remettre Madagascar sur les rails du développement, notre pays était exsangue. Les forces hostiles à la nation empêchaient alors tout redressement, ainsi que toute unité du peuple malgache. Une période d’incertitude s’ouvrait.

Depuis 2014, nous nous sommes attelés à la reconstruction de la crédibilité internationale de notre pays. Nous avons remis le respect de la Constitution au cœur de notre engagement politique. Nous avons œuvré pour que chaque Malgache soit récompensé plus justement pour le prix de son effort au bien commun, et que les fruits de la croissance soient plus également redistribués. Le PIB par habitant et l’indice de développement humain ont connu une hausse constante depuis 2013, tout comme la croissance, dont la hausse doit encore se poursuivre selon les prévisions du Fonds Monétaire International et de la Banque mondiale. Cette croissance, nous avons voulu qu’elle profite à tous. Nous avons tenu à la réinvestir dans le développement social et humain de notre pays : la santé elle-même s’est améliorée, ainsi que l’appui à l’éducation, la formation et l’entrepreneuriat. Notre gestion budgétaire et financière a été améliorée. Les bailleurs de fonds ont accordé leur confiance dans le parfait rétablissement de la santé financière de Madagascar. En un an après notre prise de mandat, nous avons su rétablir la confiance de la communauté internationale envers notre pays, et en prouver le dynamisme et l’ambition de progrès. Tous ces résultats sont une preuve constante des principes de notre engagement envers le peuple malgache, dont nous voulons libérer les énergies et assurer l’avenir. Mais tout ce à quoi nous avons œuvré depuis bientôt quatre ans, n’a réellement de sens que si nous l’inscrivons dans une véritable vision d’avenir, qui est celle que nous poursuivons depuis notre première entrée en fonction au service du peuple.

 Au-delà du Plan National de Développement de Madagascar, qui n’en était que la première pierre, nous avons pour ambition de faire notre pays la véritable nation émergente que ses ressources économiques et humaines le destinent à être. Nous sommes fermement convaincus que Madagascar a toutes les ressources nécessaires pour devenir une puissance économique de premier plan parmi les pays émergents d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine, dotés de potentiels agricole, minier, pétrolier, et industriel comparables. Nous devrons renforcer le plan de développement à Long terme qui a pour objectif le plein déploiement des capacités de croissance de notre pays. L’enclavement des provinces, dû aux manques de routes et de moyens de communication, la faiblesse des échanges entre régions, conduisent à un repliement préjudiciable au sentiment d’unité nationale. Notre ambition collective à long terme a pour objectif de renverser le cours de l’histoire. Nous voulons redonner force à l’envie de chacun d’appartenir à la famille nationale malagasy, d’y trouver un soutien pour les entreprises personnelles, et au service de tous. Nous avons pour objectif de réhabiliter sept vertus cardinales depuis trop longtemps oubliées par les institutions publiques, qui doivent donner l’exemple : nous promouvons l’équité, l’inclusivité, la proximité, la sobriété, la méritocratie, l’exemplarité et l’information libre. L’exemplarité est la vertu exigée de ceux qui ont reçu un mandat du peuple et doivent gouverner avec des intentions sincères. C’est le sens même de la lutte que nous menons contre la corruption, mal ancré depuis des décennies dans notre république, et que nous avons l’ambition d’extirper grâce à la Stratégie Nationale de Lutte contre la Corruption.

L’exercice d’un mandat public ou électif ne doit pas constituer une opportunité d’enrichissement personnel, encore moins d’une augmentation substantielle du patrimoine, et ce au détriment du peuple. Ce n’est qu’en respectant strictement cette discipline que nous pourrons demander à nos concitoyens de mettre leurs énergies au service de la nation. L’information libre est bénéfique à l’État comme à la population, car elle permet à chacun de faire valoir ses opinions, évite que les problèmes ne s’accumulent jusqu’à exploser en des crises largement évitables, et met d’autant plus en relief les succès du gouvernement que la critique est libre : « sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur ». Et c’est pourquoi nous devons nous protéger avec la vigilance la plus extrême contre la manipulation de l’information et la diffusion de fausses rumeurs qui sciemment, travaillent à miner le moral de notre nation. Le peuple malgache ne peut tolérer que l’on joue avec ses peurs, que l’on attise des haines qui n’ont pas d’objet, et que l’on sème délibérément la discorde et la confusion en inventant des fautes dont se rendraient coupables telle partie de la population contre telle autre, ou en imputant à l’État des catastrophes naturelles que nul pouvoir humain n’est en mesure d’éviter. En faisant cela, c’est la confiance entre Malgaches et en notre nation, notre bien le plus précieux, qui est mise en péril. Et c’est notre marche vers le progrès qui est sabotée. Notre stratégie pour Madagascar repose sur sept moteurs de croissance, que sont l’agriculture vivrière, l’exploitation durable des produits agricoles et forestiers rares, la pêche et l’aquaculture, l’industrie légère, les mines, les pierres précieuses, et le tourisme. Le développement de l’agriculture et de la pêche, c’est également la promotion de notre population rurale et de ses valeurs de travail et de solidarité. En soutenant la modernisation de l’agriculture, nous venons en aide à tous les Malgaches. Il est indispensable d’améliorer la production rizicole pour combattre l’inflation, mieux approvisionner les villes, et réduire notre dépendance aux importations. Nous nous donnons pour mission prioritaire d’assurer la sécurité alimentaire de tous les Malgaches.

L’exploitation durable des ressources forestières démontrera l’engagement de Madagascar pour la biodiversité et l’effort mondial de lutte contre le réchauffement climatique. Madagascar témoigne de son engagement renouvelé pour cette cause qui est celle de l’humanité toute entière, et qui nous impose un devoir de solidarité internationale. Mais un État réformé, c’est avant tout un État partenaire des citoyens, et un État protecteur. Partenaire, il le sera en aidant l’initiative privée à fleurir partout où elle se manifeste. Protecteur, l’État sera attentif à la sécurité physique et sanitaire de l’ensemble des Malgaches Sur la route qui nous porte vers la croissance, n’oublions pas que l’année 2018 sera un moment charnière. Le peuple va être appelé à se prononcer sur sa volonté de bâtir la nation, de relever les défis du développement, de concourir à la construction d’une prospérité partagée par tous. Cette échéance cruciale pour l’avenir de notre nation, et dont nous avons confirmé la tenue selon le calendrier prévu dans le respect de la Constitution et des Lois électorales en vigueur, et avec tous les soutiens respectueux de la souveraineté démocratique malgache. Les élections présidentielles se tiendront bel et bien cette année. En attendant, nous poursuivons ensemble les chantiers déjà commencés : l’électrification et les énergies renouvelables dans différentes régions, la modernisation du port de Toamasina avec le Japon en 2018, la réhabilitation des routes nationales RN6 et RN13 avec l’UE, l’ouverture de micro-centrale hydraulique dans différentes régions et de la construction de centrale thermique au fioul lourd, et la construction de la centrale hydraulique.

Point n’est besoin de rappeler ici que nous sommes partis de très loin, très loin ! Nous venons de sortir de plusieurs années de crise socio-politico-économique qui ont ravagé les tissus économiques et sociales. Nous avons été sanctionnés politiquement, économiquement et financièrement par la communauté internationale ! Par ailleurs, sur le plan interne, les élucubrations et les comportements propres à nos politiciens ont été autant de disparités ne permettant pas de prendre la juste mesure des exigences du présent. Leur habitude et leur fréquente dérive dépréciative, caractérisée par des paroles délibérément fausses relayées par une presse encore sous l’emprise d’une faiblesse de professionnalisme alimentait un populisme d’arrière garde. J’ai suivi avec amertume les étapes des démonstrations absurdes de celles et ceux qui véhiculent un pessimisme ambiant et qui veulent, à tous prix, rétrécir l’espérance de nos compatriotes. Et au lieu de participer, de travailler à bâtir cette Nation moderne et prospère tant voulue par le peuple, ils continuent à entretenir le doute et à verser dans l’incongruité encore plus mal venue. Passés maîtres dans l’art de profiter de nos angoisses du lendemain, de créer des psychoses, d’attiser la haine des gouvernants, mon épouse et moi-même, n’ont pas été épargnée par ces méchancetés.

Et dire que certains ont déjà été à la plus haute marche de l’Etat ! Heureusement la sagesse de notre peuple reste un rempart solide pour la lutte pour la stabilité politique. Et au contraire, grâce à sa clairvoyance et à sa volonté de démontrer qu’il est jaloux de son choix démocratique et n’acceptera pas des remises en question, les soubresauts liés à cette « maladie infantile de notre démocratie ». Nous avons parfaitement entendu et reçu ce message de notre peuple : Nous ne pouvons pas nous reposer sur nos lauriers. Il nous faut redoubler d’efforts et ne jamais oublier les principes moraux fondamentaux qui nous ont toujours guidés. Car Madagascar n’est pas voué à être cette nation à la traine des autres ! ni Les malgaches à être le dernier de la classe ! Sur le plan international, Madagascar s'assoie au monde entier pour lutter contre l'insécurité, l'extrémisme et le terrorisme. Nous militons pour un monde de paix et de stabilité. C'est à ce titre que nous appuyons les propositions de réforme de conseil de sécurité des Nations Unies. Nous sommes très sensibles aux problématiques de migration. Nous avons toujours milité pour la recherche de solution dans les pays de départ. La jeunesse qui est concernée par la migration devrait être au cœur des priorités de développement. Pour terminer, je vous réitère nos vœux de bonheur et de prospérité pour cette année 2018».

Choix et commentaire de Ahmat Zéïdane Bichara

 
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