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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Le 32eme numéro de Parole au peuple est consacré au budget de l’Etat et la réduction de la taille du gouvernement. Kébir Mahamat Abdoulaye, l’auteur de ce débat se pose la question : pourquoi augmenter le budget de l’Etat de 996 milliards de FCFA à 1343 milliards de FCFA et réduire la taille du gouvernement ? A notre humble avis, la question mériterait d’être posée autrement, du moins il serait plutôt judicieux de se demander quelle est l’adéquation entre l’augmentation du budget de l’Etat et la réduction de la taille du gouvernement ? Toujours est-il que le débat posé est technique et appelle également des réponses techniques. Le budget de l’Etat est un document établi par le gouvernement et voté par le parlement qui prévoit et définit les dépenses et les recettes que l’Etat a le droit d’engager et de percevoir pour l’année à venir, donc 2018 en ce qui nous concerne. Il est de notoriété publique que l’Etat a besoin d’un budget conséquent pour faire face à ses multiples obligations entre autres paiement de la dette, paiement des fonctionnaires civils et militaires, construction des infrastructures etc. L’Etat prévoit une augmentation du budget pour l’année 2018 alors que le déficit budgétaire va également se creuser.

En d’autres termes, les dépenses excèdent les recettes. Il faut trouver un moyen de compenser le déficit par d’autres ressources extérieures. Le Tchad se trouve pénaliser par des facteurs endogènes et exogènes. Parmi les facteurs endogènes, il y a la sempiternelle question des détournements de deniers publics, de la corruption et surtout de l’impunité de tous ces voleurs de la République, les voyages intempestifs et coûteux du président, les évacuations sanitaires de complaisance. La dette extérieure, la lutte contre le terrorisme et la baisse de cours du pétrole constituent des facteurs exogènes qui mettent à mal l’économie nationale. Augmenter le budget de l’Etat n’est pas forcément en soi une mauvaise chose mais qu’est-ce qu’on en fait ? Lorsque l’augmentation du budget sert à l’investissement, c’est une bonne chose mais s’il offre l’occasion de gaspiller l’argent dans les dépenses de fonctionnement ou toutes sortes de dépenses occultes alors cela ne sert à rien. Réduire la taille du gouvernement n’est pas suffisant pour faire des économies substantielles.

L’Etat devrait avoir le courage de supprimer ou réduire drastiquement les institutions inutiles budgétivores (Haute Cour de Justice, Conseil économique, social et culturel, Médiateur de la République), les Conseillers à la présidence et à la primature, les unités administratives, les chefferies traditionnelles, les ambassades etc. L’armée et ses nombreux généraux doivent également faire l’objet d’une mise à jour comme dans la fonction publique. Ce sont autant de postes de dépenses supprimés ou réduits qui permettront à l’Etat d’affecter les économies ainsi réalisées ailleurs. Le parlement réduit à voter comme un seul homme est incapable d’amender le budget de façon responsable. Il faut s’attendre probablement à un correctif budgétaire ou budget révisé au cours de l’année 2018, pour tenir compte événements imprévus ou modifier la politique budgétaire de l’Etat. Le respect du budget de l’Etat dépend de la gestion parcimonieuse des crédits alloués aux ministères, aux grandes institutions, à la primature et à la présidence de la république.

L’économiste Tchadien, Kébir Mahamat Abdoulaye pose une vraie question à ses compatriotes:«Pourquoi augmenter le budget de l’Etat de 966 milliards de FCFA à 1343 milliards de FCFA et réduire la taille du gouvernement ? ».

Félix Djimasrabeye s’invite le premier au débat en répondant par une question : « Le budget de l'Etat n'est pas seulement destiné pour satisfaire les membres du gouvernement ? ».

Left Ouledhille considère : « Qu’on ne calque pas un budget sur le nombre des membres du gouvernement...chaque ministre doit défendre son budget face au parlement en sortant un projet... ».

Kébir Mahamat Abdoulaye recadre un intervenant : « Parlons avec respect et responsabilité. Je n'aime pas ton mot : EUH qui se multiplie dans tes commentaires. Enfin tu es hors sujet sur la raison de publier ce tableau ».

Left Ouledhille se défend : « Ce n’est ni une injure ni autre connotation, c’est une interjection...Quant à mon post, il répond à ton post sur le budget et le nombre de ministre... ».

Kébir Mahamat Abdoulaye fait parler les chiffres pour une meilleure compréhension : « Si les charges de l'Etat dans le budget 2018 seront en hausse de 28% (de 966 milliards de FCFA à 1343 milliards de FCFA) par rapport au Budget 2017, il y a une logique vers le maintien ou l'élargissement de la taille du gouvernement ».

 Félix Djimasrabeye n’y croit pas : « C'est ce qui reste à démontrer ».

Bachar Madiri Ahmat Rassadaby demande à Kébir : « Est-ce que ce gouvernement ainsi composé restera jusqu'à la fin de l'année 2018? ».

Issa Mahamat Nour émet surtout des propositions concrètes pour sortir l’Afrique de l’ornière : « Moi je pense que les pays Africains en général et le Tchad en particulier n'ont pas besoins d'un gouvernement élargi. Il leur manque des pensées élargies et une gestion rigoureuse de la chose publique. Si cela ne tient qu'à moi, je proposerai 10 ministres et 2 secrétaires d'Etat, tous technocrates et des hommes qu’il faut à la place qu'il faut ».

Mahmat Adoum Mahamat tient à préciser que : « La hausse du budget n'a aucun rapport avec la restructuration du gouvernement. Quoique le nombre des ministères soit réduit, les besoins de l'État restent inchangés. Le budget couvre toutes les charges de l'État, et non uniquement la structure gouvernementale ».

Gayak Absorto s’interroge tout en donnant des explications : « Quel rapport entre l'effectif gouvernemental et l'augmentation ou non du budget de l'État ? Les 28% de hausse de charges ne sont que des prévisions. C'est d'ailleurs le sens même d'un budget. L'État fera des économies des indemnités et autres avantages prévus pour les 18 ministres appelés à d'autres fonctions ».

Salay Ahmat Nakourconsidère : « Qu’un budget obéit à beaucoup de facteurs. Pour relancer une économie morose comme la nôtre, il faut des mesures économiques fortes, entre autres l'augmentation des dépenses donc du budget pour stimuler la croissance, c'est la relance budgétaire. Mais aussi réduire la voilure de l'Etat, à travers des coupes dans les dépenses de fonctionnement pour que l'essentiel des fonds atterrissent dans les secteurs jugés prioritaires. C'est ce qui explique à mon avis cette double intervention ».

Eva Souleyman plaide pour une reprise de l’économie : « Est ce que le budget de l'armée fait aussi partie du budget de l'état ? Car nous sommes à fond dans la lutte contre Boko Haram. Si réduire un gouvernement afin de le rendre plus efficace, n'est-il pas nécessaire ?  Nous avons vraiment besoin d'une bouffée d'oxygène pour lutter contre le marasme économique et enfin que 2018 nous ayons des résultats meilleurs avec une relance dans l'économie ».

Kébir Mahamat Abdoulaye veut attirer l’attention un point important du budget : « Beaucoup de déficit, de l'ordre de 496 milliards de FCFA sur 1343 milliards de FCFA des dépenses totales ».

Mais apparemment Abdelrahman Ibnou Abdoulaye semble n’avoir pas bien compris : « Si vous pouviez m'expliquer le terme déficit ? Comment peut-on combler ces 496 ? Merci ».

« Le déficit budgétaire, c'est lorsque les dépenses sont supérieures aux ressources. Pour établir l'équilibre budgétaire, il faut emprunter de l'extérieur pour financer ce gap financier », lui répond le spécialiste Kébir Mahamat Abdoulaye.

Abdelrahman Ibnou Abdoulaye passe de la compréhension à la suggestion : « Merci grand frère Kébir. Je ne suis pas du domaine mais à chaque fois que je vois le budget, il est toujours déficitaire. Donc cela veut dire que la dette est croissante année après année ? ».

Brahim Adoum pense : « Que le budget ne sert pas seulement à prendre en charge le gouvernement, pour relancer les activités économiques il faut investir dans des projets structurants, l'État ne doit jamais s'endetter pour payer les salaires... Les vraies mesures d'une relance économique au Tchad ne sont jamais prises.... Le véritable problème est la mauvaise gouvernance, allez voir chaque année qui émarge sur ce budget ».

Ibrahim Karim Erda démontre que : « Les besoins de la population n'ont rien à avoir avec la taille ou le poids du gouvernement. C’est une bonne chose, augmenter le budget pour faire bénéficier le peuple que de garder un large gouvernement qui va émerger sur cet argent. Ps : si vous avez d'autres questions, n'hésitez surtout pas ».

Et l’auteur du débat intervient pour donner de précieux détails pour éclairer la lanterne du précédent intervenant : « L’augmentation du budget de 28% touchera les dépenses du personnel de l'Etat qui augmenteront de 348 milliards de FCFA dans le budget de 2017 à 354 milliards de FCFA (budget 2018), les dépenses de biens et services passeront de 61 milliards de FCFA à 87 milliards de FCFA soit une hausse de 26 milliards de FCFA. Ces informations te permettront de revoir ton commentaire. Donc une hausse consécutive de l'ordre de 28% du budget national qui augmentera la masse salariale et les dépenses de fonctionnement entraînera soit au maintien de la taille du gouvernement ou de son élargissement à moins que le projet de loi des finances 2018 soit revu en baisse en tenant compte de la réduction opérée dans les dépenses touchant la taille gouvernement. De toute façon, le projet de loi des finances actuel qui n'est pas encore adopté maintien l'ancienne configuration du gouvernement avec les différents Ministères et leur budget ».

Ali Abdoulaye Koulaye fait une révélation : « J'ai appris qu'il n’y aura même pas de recrutement cette année et alors pour l'augmentation de la masse salariale alors même que les indemnités des salaires sont en baisse ? »

Kébir Mahamat Abdoulaye dispose également de quelques éléments de réponses complémentaires : « En principe selon l'accord entre le gouvernement et les syndicats, la suspension des effets d'avancement sera levée à partir de janvier 2018. Si cela se confirme, peut-être la hausse de 6 milliards de FCFA de la masse salariale se justifie en grande partie. »

Mahamat Adoum Mahamat fait de la pédagogie : « Mais, la réduction de taille du gouvernement ne signifie pas absolument la réduction du personnel de l'Etat. Par contre, il se peut que le personnel de l'Etat soit revu en hausse -avec l'effet augmentation de la masse salariale et des autres besoins- malgré la taille réduite du gouvernement. C'est pourquoi je confirme ma position pour dire que la restructuration actuelle du gouvernement n'est pas susceptible d'altérer le projet de loi des finances ».

Kébir le renvoie vers les documents budgétaires : « Tu as lu le projet de loi des finances 2018 ? Il n'est pas évident de discuter sur des questions budgétaires sans lire les documents. Ce n'est pas un sujet de philosophie ».

Mahamat Adoum Mahamat insiste  : « Mais, la réduction de taille du gouvernement ne signifie pas absolument la réduction du personnel de l'Etat. Par contre, il se peut que le personnel de l'Etat soit revu en hausse -avec l'effet l'augmentation de masse salariale et autres besoins- malgré la taille réduite du gouvernement. C'est pourquoi je confirme ma position pour dire que la restructuration actuelle du gouvernement n'est pas susceptible d'altérée le projet de loi des finances ».

Haïfa Haffane vole au secourir de Kébir : « Cher Mahamat Adoum, la réduction de la taille de gouvernement peut avoir des répercussions sur le budget, parce que les besoins estimés par les ministères et secrétariats d'Etats radiés seront supprimés notamment les mobiliers, les Moyens roulants, les fournitures de bureau, frais de mission, salaires des ministres et secrétaires d’Etat sortants et de leurs cabinets...De surcroît les directions seront condensées ».

Mahamat Adoum Mahamat ne semble rien lâcher et estime que : « Tant que l'organigramme ne change pas il n’y aura pas des répercussions en termes du budget. Les différents services ainsi les agents restent les mêmes. Il faut retenir que la fusion de deux ou plusieurs ministères n'altèrent pas son budget de manière substantiellement basse ».

Haïfa Haffane émet un avis contraire du tic au tac : « Dès qu'il y a une fusion ou une suppression d'un ou plusieurs membres, automatiquement l'organigramme va être changé et effets financiers dû à ce changement peuvent combler le Gap Financier, donc les emprunts seront réduits ».

« Exactement, on est d'accord sur ce point concernant les répercussions financières dont peut provoquer la fusion, mais pas absolument en baisse. Il arrive que cette fusion puisse altérer les effets financiers en hausse. C'est ce que je voulais poser ici ! », admet Mahamat Adoum Mahamat.

Haïfa Haffane désapprouve : « En hausse ? Je ne pense pas que. … ».  

Mahamat Mahamat Ali n’est pas convaincu par les arguments de Kébir : « Monsieur Kébir, moi non plus je suis un tout petit peu confus et je me dis la taille des membres du gouvernement n'est pas un facteur déterminant de cette hausse budgétaire en prévision, alors qu'en l’absence d’un système performant de gestion des finances publiques, d’une politique d’investissement qui garantisse la viabilité budgétaire même voir à court terme pour ne pas se leurrer à parler du moyen ou le long terme, et dans un contexte de forte dépendance à des ressources volatiles ( court de pétrole, recette fiscale, etc..), le risque de surendettement extérieur n’est pas à écarter et la dette intérieure ne peut qu'aller crescendo ».

Podo Mahamat Matar se demande : « Le budget 2017 n'a jamais été dans son ensemble à part les salaires des agents de l'État, le fonctionnement est inexistant dans tous les ministères ! Question est-ce que le budget 2017 a été exécuté à combien pour cent ? ».

Mahamat Issa Moussa estime : « Qu’en soi, la réduction de la taille du gouvernement n'est pas mauvaise nonobstant l'augmentation des recettes du budget de l'État. Car en période de crise, l'économie des recettes doit être la priorité. Moins de ministres veut dire moins des dépenses liées aux salaires ; donc réduction du train de vie de l'État. Même les gouvernements des grandes puissances du monde ont peu des ministres. Je salue cette initiative ».

Rozzi Chiguefe Mahamat suggère plutôt de poser les vraies questions : « Un budget est une traduction en chiffres de la politique gouvernementale mais au Tchad c'est un copier-coller qui ne traduit en rien la politique du gouvernement. Donc laissons ces chiffres qu'ils soient en baisse ou en hausse ça ne change rien. Restons objectif et posons la bonne question : comment le budget 2018 jugulera la crise ? Je pense que les juristes continueront toujours à répondre à la place des économistes et financiers. Les cadres valides ont-ils vidé la case fonction publique au Tchad ? Quelles sont les raisons ? ».

Kébir Mahamat Abdoulaye admet : « Merci beaucoup cher Rozzi Chiguefe Mahamat pour ton intervention pertinente. Si effectivement ce budget en hausse de 28% sera traduit dans les faits et reflètera la politique générale du gouvernement, cela veut dire le budget aura rattrapé son niveau de 2016 lors du premier collectif budgétaire. La crise économique sera atténuée de façon importante ».

Mahamat Senoussi Halidou met un terme au débat non sans attirer l’attention de Kébir Mahamat Abdoulaye  : « Comme je l’ai souligné dans ta publication concernant le droit des actes administratifs ce matin, tu fais souvent des analyses pertinentes parfois mais en bon intello il ne faut pas se faire guider par des sentiments partisans mais plutôt par des raisonnements scientifiques et techniques. L’Etat a l’obligation de garantir l’équilibre macroéconomique à savoir les quatre secteurs pour nos lecteurs profanes. Et chaque budget doit être équilibré en recette et dépense. Si le budget est déficitaire le mode de financement du déficit est aussi préciser dès la prévision. Je n’arrive pas à comprendre que votre mur est devenu une sorte d’agora ou les profanes se substituent aux économistes pour donner des avis sur des aspects techniques qu’ils ne comprennent pas. L’économie c’est une science. On ne s’y devient pas par génération spontanée mais on le devient si on a reçu une formation adéquate. De grâce pour éclairer nos lecteurs (lever l’ambigüité) il faut faire des analyses objectives afin de ne pas égarer davantage nos profanes dans leurs interventions obscures ».

Choix et commentaire de Moussa T. Yowanga/ Ahmat Zéïdane Bichara

 

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