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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

L’échiquier politique turc s’agrandit avec le meeting de lancement le 25 octobre d’un nouveau parti politique sous l’impulsion de Meral Askener, une ancienne ministre de l’intérieur, une véritable dame de fer qui incarne le nationalisme turc. C’est une nouvelle offre politique dont l’objectif est de disputer le pouvoir à Erdogan qui règne sans partage dans le pays depuis près d’une quinzaine d’années. Au cours de son premier discours de lancement de sa formation politique baptisée Iyi parti « Le bon parti », l’ancienne ministre de l’intérieur s’est engagée devant ses nombreux soutiens à agir pour le « renouveau » et pour une Turquie « nouvelle » et heureuse », selon des propos rapportés par une reporter de l’AFP. Des milliers de soutiens et de membres fondateurs sont très enthousiastes et totalement conquis par ce discours qui se veut pugnace délivré dans une salle aux murs tapissés de soleil jaune et bleu, logo choisi du parti, aux côtés du portrait de l’emblématique Mustafa Kemal Ataturk, le fondateur de la République turque.

Agée de 61 ans, cette femme politique à poigne veut se présenter en recours crédible contre le président actuel lors des élections de 2019 qui marqueront le passage du système parlementaire au système présidentiel, entériné par le référendum en avril dernier. Elle a martelé devant son auditoire : « Nous avons de l’espoir, des rêves (…) Nous avons de la force ». Et d’ajouter avec conviction : « Nous voulons une Turquie juste (…) Nous voulons une société libre ». Dans la foulée, la demande d’enregistrement du parti a été présentée dans la matinée au ministère de l’intérieur. La dirigeante d’Iyi parti avait quitté le Parti d’action nationaliste (NHP) où elle était membre depuis 2001. Elle s’est imposée comme une actrice incontournable de la vie politique nationale rien que par son courage et son aura durant la campagne pour le référendum constitutionnel du 16 avril où le OUI l’a remporté contre toute attente. Des centaines de membres du MHP, son ancien parti  ont  fait défection à travers tout le pays pour venir grossier les rangs du nouveau parti.

« L’émergence d’un nouveau parti est une chose positive parce que la Turquie a vraiment connu une pénurie en termes de partis d’opposition efficaces pendant de très nombreuses années », a laissé entendre Amanda Paul, spécialiste de la Turquie à l’European Policy Center à Bruxelles, estimant que ce parti « a le potentiel pour être plus efficace que ceux qui existent déjà ». En revanche, un autre son de cloche vient tempérer cet optimisme. Il émane de Selim Sazak, un analyste politique turc au Delma institue à Abou Dhabi qui se montre sceptique quant aux chances de Meral Aksener de remporter la présidentielle de 2019. Il prévient «  Etre seulement anti-Erdogan ne suffira pas ». Dans un paysage politique dominé par les hommes, il faut reconnaître à Meral Aksener, un parcours atypique e texceptionnel. La présence féminine dans la haute sphère est une denrée rare. On compte seulement deux femmes ministres et 14 % des députés  femmes. Pour l’instant, les détails de son programme ne sont pas encore bien connus mais selon ses soutiens, elle peut ratisser large dans le contexte de la vie politique du moment. Elle peut attirer les voix des partisans du MHP, et aussi celles du CHP et du parti islamo-conservateur au pouvoir, l’AKP. Cependant, pour certains observateurs, il y a lieu d’attendre un peu et d’observer comment le nouveau parti investit le champ politique turc avant de déterminer réellement son poids politique   .Moussa T. Yowanga

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