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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Dès 9h15 de ce mardi 24 octobre 2017, la RTBF eut publié cette information sur la vanille de Madagascar, une denrée aussi suave que très convoitée. D’après la RTBF, à l'instar de l'avocat ou du quinoa qui aujourd'hui suscitent bien des convoitises, voilà que la vanille se met au diapason : réseaux mafieux, spéculations, criminalité, rien que ça. Récit dans les coulisses du marché de la vanille de Madagascar. Plusieurs pays sont producteurs, mais le plus important est Madagascar avec 80% de la production mondiale. Selon un expert, le pays produit l'une des gousses les plus savoureuses et de plus en plus demandée aussi. Dans les pays émergents, en Chine, en Belgique, en France, en Angleterre, la demande explose si bien que les industriels n'ont pas d'autre choix que de se ruer dans la brèche. Ajoutez à cela de récents phénomènes climatiques sur place, notamment le cyclone Enawo qui en mars dernier a ravagé les plantations engendrant 30% de pertes sèches. Le cocktail est parfait pour tracer les contours d'un boom spéculatif autour de la gousse. Et c'est là que le bât blesse. 

Comme l'a expliqué Jean-Vincent Veriter du Comptoir des épices à Stembert, nous voilà dans l'un des pays les plus pauvres au monde, une île où le marché de la vanille a été libéralisé en 1989. Depuis 2005, toute une filière est impactée avec des cours qui connaissent une hausse vertigineuse. Dans cette information, la RTBF s’est appuyée sur le rapport Cyclope, qui est aujourd'hui la bible des matières premières agricoles, le prix de la vanille caracole aujourd'hui aux alentours de 750 dollars le kilo contre 50 dollars en 2012.Evidemment, il y a d'un côté un train de vie fastueux pour de nombreux producteurs, l'euphorie est grande, sauf qu'une telle convoitise a son corollaire. Un marché noir de la vanille est apparu, la hausse des prix fait exploser la criminalité locale obligeant les paysans à surveiller et protéger leur production, comme on garderait un coffre de diamants. Les champs sont pillés, les gousses sont planquées sous des matelas, les violences sont quotidiennes. On assiste à des passages à tabac et même des meurtres pour mettre la main sur ce qu'on appelle désormais un magot. L'anarchie y est totale, si bien que la richesse, aujourd'hui, dit-on, menace toute la filière. D’après ce grand média belge, les plus belles gousses sont celles que l'on laisse maturer le plus longtemps sur les plans. Le problème c'est que l'on n'ose plus les laisser sur ces plans parce qu'on a peur qu'on les vole. Les paysans récoltent donc la vanille avant complète maturité, ce qui a évidemment une incidence directe sur la qualité des gousses.

On parle d'une baisse des arômes jusqu'à 40%. De plus, les voleurs n'arrachent pas que les lianes, il faut du coup tout replanter, c'est quatre ans de travail à tout reprendre. Des cours affolants, des artisans de chez nous qui ne peuvent parfois plus en acheter vu les prix prohibitifs, et des conséquences potentiellement désastreuses pour les Malgaches : les voyants sont au rouge ! Le danger est tel qu'un groupe industriel, dont Danone et Mars, a créé tout récemment un fond d'investissement Livelihoods pour réorganiser la filière malgache. Deux millions d'euros ont été investis dans le réseau d'approvisionnement dans la région de Sava, une sorte de coopérative agricole avec des formateurs, des agronomes. L'objectif est évidemment de remettre sur pied la filière vanille sur place, tout simplement. Des spécialistes en la matière considèrent que la récolte de cet automne 2017 soit qualitativement correcte et quantitativement meilleure qu'en 2016. Il faut cependant savoir que l'on reste en déficit, avec des prix très tendus. Pour la saison 2018, on prévoit une stabilisation des prix. Les autres pays producteurs, c'est-à-dire Tahiti, Mexique, Nouvelle-Guinée, Viêtnam, ne combleront pas à court et à moyen terme les besoins actuels, c'est d'ailleurs pour ça qu'on replante sur place. L'autre bémol, c'est que pas mal de pays producteurs n'offrent à ce jour pas de garanties suffisantes sur les qualités de leur production, notamment au Mexique, avec une vanille souvent mal séchée et qui a tendance à moisir. De plus, la vanille givrée, c'est-à-dire une vanille que l'on laisse sur-maturer sur plan, on risque de ne plus en avoir puisque les producteurs récolteront avant cette sur-maturité. Il y a juste un tout petit projet aux Pays-Bas : une équipe de scientifiques est en train de développer de la vanille cultivée sous serre, dans la région de Wageningen. 

Ahmat Zéïdane Bichara

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