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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Jeudi 25 octobre les électeurs voteront celui qui gouvernerait le pays. Mais la peur et l’incertitude planent dans les têtes de beaucoup de Kenyans à deux jours d’une élection boycottée par l’opposition. « Que cherche le diable au Kenya ? Pourquoi refuse-t-il de quitter l’Afrique de l’Est ? Il a fait des dégâts au Rwanda et Burundi et là il veut s’installer chez nous ? Si notre président Uhuru Kenyatta lui tend la main et bien c’est fini pour nous les pauvres », répondait une athlète de haut niveau venue au Marathon International de Toulouse Métropole ayant eu lieu dimanche 22 octobre.

Tous du Kenya et les amis de ce pays de l’Est s’inquiètent de ce qui pourrait se passer le jeudi 26 octobre.  En effet d’après un article envoyé par l’Agence France Presse et publié par la RTBF mardi 24 octobre, les Kényans sont à nouveau appelés aux urnes jeudi pour une présidentielle à hauts risques, en raison du boycott annoncé par l'opposition et de l'organisation dans la hâte du scrutin après l'invalidation en justice de la réélection du chef de l'Etat Uhuru Kenyatta. Dans un climat politique délétère, marqué par de nombreuses manifestations de l'opposition implacablement réprimées par la police, la Commission électorale (IEBC) assure être prête d'un point de vue technique et logistique, après avoir été accablée par la Cour suprême pour sa gestion du scrutin invalidé. Mais son président Wafula Chebukati, de plus en plus isolé au sein de la commission, a publiquement émis des doutes sur sa capacité à garantir la crédibilité du scrutin. Parallèlement, les appels se multiplient en faveur d'un report de l'élection au-delà de la date limite du 31 octobre, prévue par la Constitution.

Cette période d'incertitude et de tension, qui affecte déjà l'économie la plus dynamique d'Afrique de l'Est, avait paradoxalement débuté par une décision historique, le 1er septembre. Saisie par l'opposition, la Cour suprême évoque des irrégularités dans la transmission des résultats et invalide contre toute attente la présidentielle du 8 août, une première en Afrique. Selon le reporteur de l’AFP qui écrit cet article avec beaucoup de sérieux et professionnalisme, Lundi 23 octobre 2017, vingt ambassadeurs occidentaux avaient parlé d'une voix pour dénoncer la « détérioration de l'environnement politique » kényan, et appeler les responsables de tous bords à calmer les esprits. Car dans un pays où le vote s'effectue plus sur des sentiments d'appartenance ethnique et géographique que sur des programmes, cette crise politique a une nouvelle fois mis en lumière les profondes divisions sociales, géographiques et ethniques qui traversent le Kenya et ses quelque 48 millions d'habitants. Odinga, déjà trois fois candidat malheureux à la présidence (1997, 2007, 2013), plaide pour l'organisation d'un tout nouveau processus électoral mais n'a pas formalisé son retrait. Selon lui, l'élection de jeudi se résumera à un « sondage d'opinion » au sein du parti au pouvoir. Le centre d'analyse International Crisis Group (ICG) estime lui qu'un report « aiderait à éviter une crise au Kenya », dix ans après les pires violences post-électorales de l'histoire du pays (1100 morts). « Au vue de la situation actuelle, organiser (l'élection) ne ferait que renforcer les divisions ethniques au Kenya et prolonger une impasse qui a déjà coûté des dizaines de vie », a soutenu l'ICG. « Les institutions et les dirigeants politiques devraient envisager un court report, et de son côté, Odinga devrait s'engager à participer ».

Dans cet article toujours, l’AFP indique que le jugement est alors salué comme une opportunité pour les politiciens kényans de renforcer la démocratie, mais ces derniers n'auront finalement redoublé d'efforts que dans leurs invectives, faisant sonner bien creux leurs appels à la paix. L'IEBC a certes entrepris certaines réformes en vue du nouveau scrutin, mais l'opposition estime que l'institution est toujours partiale et majoritairement acquise au parti au pouvoir. Dans ces conditions, l'opposant Raila Odinga, 72 ans, a annoncé le 10 octobre son retrait de l'élection, et a promis de communiquer mercredi à ses partisans la marche à suivre pour le jour du scrutin. En attendant, l'opposition a prévu de nouvelles manifestations mardi et mercredi malgré une interdiction par le ministre de l'Intérieur, qui argue que la campagne électorale s'est officiellement achevée lundi à minuit. Au moins 40 personnes ont été tuées depuis le 8 août, la plupart dans la répression brutale des manifestations par la police dans des bastions de l'opposition, selon les organisations de défense des droits de l'Homme. Après s'en être pris verbalement aux juges de la Cour suprême, qualifiés « d'escrocs », Uhuru Kenyatta, 55 ans, n'a lui cessé de répéter que le scrutin devait avoir lieu le 26. Son gouvernement a également entrepris d'amender la loi électorale dans l'urgence, officiellement pour corriger les erreurs évoquées par la Cour suprême. Mais l'opposition estime que les amendements offrent de nombreuses possibilités pour truquer l'élection. Le texte, adopté par le parlement, n'a pas encore été signé par le président Kenyatta, enjoint par la communauté internationale de s'en abstenir. Mardi, le quotidien Daily Nation a une nouvelle fois appelé les responsables politiques « à la raison ». « Le Kenya est un acteur crucial du commerce régional et un membre respecté de la communauté des Nations, et cela ne doit pas être souillé par des politiciens avides de pouvoir", a prié le journal dans son éditorial. Pourtant, regrette le Daily Nation, "les principaux camps politiques (...) continuent de durcir le jeu ». 

Ahmat Zéïdane Bichara/Moussa T. Yowanga

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