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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Le Liberia organise des élections présidentielle et législatives mardi. Voici quelques éléments pour comprendre le déroulement du scrutin et quand seront connus les résultats. Le Liberia est la première République d'Afrique noire, fondée en 1822 sous l'impulsion des Etats-Unis pour des esclaves noirs affranchis. Son système politique conserve de nombreuses similitudes avec celui des Etats-Unis malgré quelques différences.

Les candidats à la présidence et à la vice-présidence sont élus sur un « ticket » pour un mandat de six ans. Soixante-treize membres de la Chambre des représentants (chambre basse) seront élus en même temps, également pour six ans. L'élection du Sénat (chambre haute) n'est pas prévue cette année. Le scrutin de mardi sera supervisé par une Commission Electorale Nationale Autonome. L'élection du président et du vice-président est à deux tours si aucun candidat n'obtient plus de 50% des voix au premier tour. Ce scénario est hautement probable cette année, avec vingt candidats en lice et une présidente sortante, Ellen Johnson Sirleaf, qui ne peut se représenter après avoir accompli deux mandats successifs. Les membres de la Chambre des représentants sont élus au scrutin majoritaire à un tour.

Les bureaux de vote seront ouverts mardi de 08H00 GMT à 06H00 GMT pour les 2,1 millions d'inscrits. L'Union européenne, l'Union africaine et la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) ont toutes déployé des observateurs pour garantir un scrutin libre et transparent. Les dernières élections organisées en 2011 avaient été marquées par une contestation des résultats et des violences. Le scrutin de mardi sera le premier entièrement encadré par la police et l'armée libérienne, sans le soutien des Casques bleus. Les premiers résultats officiels provisoires sont attendus dans les 48 heures. La Commission électorale a jusqu'au 25 octobre pour confirmer ces résultats et annoncer éventuellement un second tour de la présidentielle. Selon la Constitution, ce second tour est organisé le second mardi qui suit l'annonce du résultat final, soit le 7 novembre pour ce scrutin.

Liberia : « Un pays qui peine à se redresser après Ebola », constate l’AFP.

Hier dimanche 08 octobre 2017, l’Agence France Presse est encore revenue sur Liberia avec un article bien pointu et précis, où se tiennent mardi 10 octobre 2017 des élections générales, un pays anglophone d'Afrique de l'Ouest meurtri par quatorze ans de guerre civile, puis par l'épidémie d'Ebola dont il peine à se redresser. Une vingtaine de candidats dont l'ex-star du football George Weah se disputent la succession de la présidente Ellen Johnson Sirleaf, qui ne peut se représenter. C'est la plus ancienne République d'Afrique noire, fondée en 1822 sous l'impulsion des Etats-Unis pour des esclaves noirs affranchis, indépendante depuis 1847.

Elle a été dominée par les descendants d'esclaves jusqu'à l'assassinat en 1980 du président William Tolbert lors d'un putsch mené par Samuel Doe, lequel installe un régime de terreur et de corruption. Samuel Doe, capturé en 1990, en pleine guerre civile, est torturé à mort par les hommes du chef de guerre Prince Johnson, aujourd'hui sénateur, prédicateur et candidat à la présidentielle. Les clivages entre descendants d'esclaves et populations autochtones, dont un seul représentant, Samuel Doe, a dirigé le pays, sont encore vivaces. Le 24 décembre 1989, le Front national patriotique du Liberia (NPFL) de Charles Taylor déclenche une rébellion dans le Nord-Est et s'empare rapidement de la quasi-totalité du territoire. En 1990, une force africaine empêche la prise de Monrovia. La guerre civile, l'une des plus atroces du continent, voit s'affronter sept factions rivales. En 1997, après un accord de paix, les Libériens élisent Taylor à la présidence. En 1999, une nouvelle rébellion des Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie (Lurd) éclate au Nord, puis progresse vers Monrovia, soutenue par plusieurs pays voisins. La guerre s'achève par un siège de la capitale en 2003.

Le 11 août 2003, Charles Taylor quitte le pays, sous la pression de la rébellion et de la communauté internationale. Il sera condamné en mai 2012 par la justice internationale à 50 ans de prison pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre en Sierra Leone voisine. Les 14 ans de guerre civile quasi ininterrompue ont fait quelque 250.000 morts et des centaines de milliers de déplacés. En décembre 2016, l'ONU prolonge une dernière fois jusqu'en avril 2018 le mandat de sa mission au Liberia (Minul), en place depuis 2003 et qui a officiellement transmis en juillet aux forces libériennes la responsabilité de la sécurité du pays. Ellen Johnson Sirleaf est devenue en 2005 la première femme élue chef d'Etat en Afrique. Elle a été réélue en novembre 2011, un mois après avoir obtenu le prix Nobel de la paix. Le Liberia a été l'un des trois pays les plus affectés par l'épidémie d'Ebola qui s'est déclarée en Afrique de l'Ouest en décembre 2013, et a duré plus de deux ans, causant plus de 11.300 morts, dont plus de 4.800 au Liberia. Quelques 28.600 cas ont été recensés, à plus de 99% en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Baigné par l'océan Atlantique, le Liberia comptait 4,7 millions d'habitants en 2017, selon la Banque africaine de développement (BAD). Malgré d'importantes ressources de minerai de fer, caoutchouc et huile de palme, la majeure partie de la population manque de services de base, comme l'électricité et l'eau courante. Les deux guerres civiles ont provoqué l'effondrement de l'Etat, dévastant l'économie et les infrastructures industrielles. Après plusieurs années de forte croissance, avec un sommet à 15,7% en 2007, l'économie a stagné entre 2014 et 2016, affectée par l'épidémie d'Ebola et la chute du prix des matières premières.

Les Libériens aux urnes pour tourner la page de l'ère Sirleaf

Monrovia, 8 oct 2017 (AFP) - Plus de deux millions de Libériens sont appelés aux urnes mardi pour désigner le successeur d'Ellen Johnson Sirleaf, première femme élue chef d'Etat en Afrique, un scrutin qui s'annonce très ouvert. Outre leur nouveau président, à choisir parmi 20 candidats en lice, les électeurs voteront pour renouveler la Chambre des représentants. Les bureaux de vote seront ouverts de 08H00 à 18H00 GMT, les premiers résultats étant attendus dans les 48 heures, selon la Commission électorale. Le scrutin présidentiel se déroule en deux tours, à moins qu'un candidat n'obtienne la majorité absolue dès le premier, tandis que les législatives ne comportent qu'un seul tour. Les deux premières places pour figurer au second tour devraient se jouer entre le sénateur George Weah, légende du football africain et candidat malheureux contre Mme Sirkeaf en 2005, le vice-président Joseph Boakai, l'avocat et vétéran de la politique libérienne Charles Brumskine et les puissants hommes d'affaires Benoni Urey et Alexander Cummings, selon les analystes.

Après deux mandats successifs, Mme Sirleaf, 78 ans, couronnée par le Prix Nobel de la Paix en 2011, ne peut se représenter. Quel que soit le vainqueur, ces élections constituent « un test crucial pour le processus démocratique au Liberia », selon Maria Arena, chef de la mission d'observateurs de l'Union européenne. « Une transition pacifique d'un président élu à un autre est non seulement importante pour le Liberia, mais aussi un exemple pour la région », a-t-elle estimé. Bien que de telles transitions démocratiques soient de plus en plus la norme en Afrique de l'Ouest, ce serait une première pour le Liberia, marqué par des décennies de violences politiques qui ont culminé en guerres civiles parmi les plus atroces du continent (1989-2003, quelque 250.000 morts).Ce double scrutin constitue en outre le premier test pour l'armée et la police libériennes, qui devront en assumer la sécurité, pour la première fois depuis que les Casques bleus de l'ONU, en voie de retrait du pays, leur ont rétrocédé cette responsabilité en 2016.Si de nombreux Libériens portent au crédit de la présidente sortante d'avoir maintenu la paix, beaucoup attendent de son successeur une amélioration des conditions d'existence d'une population qui vit très largement dans la pauvreté. « Le Liberia a besoin de beaucoup de choses. D'abord de la paix, et ensuite d'emplois pour faire vivre nos familles », résume Saye Gonyon, un vendeur de téléphones portables. Pour redresser économiquement un pays ravagé en 2014-2016 par l'épidémie d'Ebola, chacun des candidats insiste sur une recette simple : le développement des routes pour M. Boakai, de l'agriculture pour M. Urey, de l'éducation et la formation professionnelle pour MM. Weah ou Cummings.

La campagne a été « largement pacifique », selon la Commission électorale, avec seulement quelques heurts signalés entre partisans de George Weah et de Charles Brumskine. Mais le climat pourrait rapidement se tendre en cas de contestation des résultats ou de proclamations prématurées de victoire, préviennent les analystes et les mouvements de la société civile. « Nous prions pour des élections libres et calmes », confie Tina Davis, une fabricante de perruques sur un marché de Monrovia. Les soupçons d'une possible interférence de l'ancien président et chef de guerre Charles Taylor qui, malgré son emprisonnement à l'étranger pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre en Sierra Leone voisine, conserve une grande influence dans le pays, pourraient également peser sur le scrutin. George Weah, qui a choisi comme colistière la sénatrice Jewel Howard-Taylor, ex-épouse de Charles Taylor, et reconnu lui avoir brièvement parlé au téléphone il y a plusieurs mois, a dû se défendre de toute collusion avec lui. « Je ne suis pas en contact avec Charles Taylor. Je le répète, je ne suis pas en contact avec lui », a-t-il déclaré. Parmi les candidats les plus en vue, beaucoup ont été par le passé des alliés de Charles Taylor, notamment MM. Brumskine et Urey. Le succès dans les urnes devrait de toute façon se jouer en grande partie parmi les quelque 21 % d'électeurs âgés de 18 à 22 ans, qui éliront leur président pour la première fois. Les conflits fonciers, notamment entre populations locales et firmes multinationales, les violences faites aux femmes et l'accès à la justice figurent également parmi les défis que devra relever la future administration.

Eric Mocnga Topona, correspondant spécial à Bonn en Allemagne

 

 

 

 

 

 

 

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