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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Des chiffres obtenus au terme d’une enquête menée à peine trois ans indiquent que les américains blancs majoritaires aujourd’hui représenteront plus que 43 % de la population en 2060. Une évolution démographique qui va s’accompagner de profondes mutations dans le pays. Dans un très bel article de notre consœur Valérie de Graffenried au journal suisse le Temps paru le 24 octobre, l’auteur décortique les résultats d’une importante enquête sur l’évolution démographique aux Etats-Unis et les enjeux qui y sont liés. L’enquête réalisée par le Pew Research institue a été rendue publique fin 2014. Les principales conclusions de celle-ci prévoient la chute drastique sous la barre de 50% de la population blanche de type caucasien en 2060 alors qu’en 1960, 85% des Américains étaient plutôt blancs. Un changement radical qui n’a pas échappé à Paul Taylor, l’auteur de cette étude lorsqu’il souligne « Nous avons été un pays noir et blanc, nous sommes maintenant un pays arc-en-ciel ». Il précise qu’en 1965, près de 40 millions d’immigrants-la moitié en provenance d’Amérique latine, et un tiers d’Asie- sont venus modifiés en profondeur la composition démographique des Etats-Unis, habitués jusqu’à maintenant essentiellement à une immigration européenne. Les mariages mixtes ont connu un net regain d’intérêt puisqu’ils sont passés de moins 5% en 1960 à 15 % en 2010. Le chiffre a tout simplement triplé. L’analyse fine de cette enquête convoque la natalité pour expliquer ce changement démographique.

L’affirmation les blancs seront bientôt minoritaires aux Etats-Unis n’est pas dénuée de fondement. L’auteur de l’étude s’appuie sur le nombre des nouveau-nés blancs aujourd’hui déjà minoritaire par rapport à l’ensemble des naissances. Plus de la moitié des bébés nés sur le territoire américain sont issus des minorités ethniques en 2015, pourtant pendant la même période 80% des décès enregistrés étaient des Américains blancs. Sur la base de ces deux éléments factuels, le visage de la société américaine va profondément changer dans les prochaines décennies. La montée en puissance du mouvement néonazi encouragé par les discours haineux du président Trump traduit le désarroi et l’inquiétude des américains blancs de perdre en influence. La lecture attentive de l’évolution démographique de la population américaine par ethnicité permet d’obtenir des informations utiles sur le visage de la société américaine. Le recensement fédéral de 2010 a été pris pour référence pour envisager la répartition ethnique  des populations. Les Blancs étaient 63,7%, les Hispaniques et Latinos 16,7%, les Noirs 12,3%, les Asiatiques 4,7%, les métis non hispaniques 1,9% et les Amérindiens 0,7%. On observe que la communauté hispanique est celle qui croit le plus rapidement à cause d’un fort taux de natalité. Par conséquent, la culture, la langue et la religion catholique de cette communauté se sont également développées au cours de ces dernières décennies. En 2017, la population hispanique est responsable de 50% de la croissance démographique américaine. Parmi les 52 millions de Latinos aux Etats-Unis, près de  14 millions vivent en Californie. A noter que 11 millions de clandestins vivent sur le sol américain et sont visés par le présent Trump, particulièrement les clandestins mexicains.

Plus globalement, les questions de l’identité américaine et de la cohabitation des différentes communautés se trouvent poser. Le melting-pot américain est en permanence passé sous le feu de critiques, faites d’adaptation et parfois de remises en question permanentes. Le refus du footballeur Colin Kaepernick de se tenir debout pendant l’hymne national pour protester contre les violences policières à l’égard des Noirs a suscité des vives polémiques. Donald Trump s’est engouffré dans la brèche pour dénoncer avec des mots assez durs un manque de respect du footballeur noir face au drapeau et à l’hymne américains. Une occasion de creuser le fossé entre une Amérique blanche xénophobe et une Amérique métissée multiculturelle avec comme en toile de fond la notion galvaudée de patriotisme, invoquée partout par Trump. Pour le démographe Kenneth M. Johnson, cette évolution démographique produira inéluctablement des conséquences majeures dans la société américaine. Il y aura comme une sorte d’ambivalence entre une population blanche vieillissante qui sera en demande du système des soins et des retraites, et une population des jeunes, toujours plus métissés, qui nécessiteront l’investissement des moyens financiers supplémentaires dans l’éducation pour que les Etats-Unis puissent maintenir une main-d’œuvre compétitive. « Avec une population blanche qui vieillit et une population jeune toujours plus métissée, toutes deux avec des besoins qui se font concurrence du point de vue des budgets fédéraux, il y aura un potentiel de conflits majeurs s’agissant des priorités à accorder en matière de financement », a indiqué le géographe Kenneth M. Johnson au journal Le Temps. Cette évolution démographique au détriment de la population blanche n’est guère une surprise, mais elle s’est accélérée très vite. «La grande récession (crise économique des années 2017-2012, ndlr) qui a fait chuter le taux de natalité, a accéléré le déclin de la population blanche», dit-il. Les américains blancs font moins d’enfants et vieillissent, en plus à présent, ils meurent aussi davantage de façon prématurée.

Selon une étude publiée en 2017 par Angus Deaton, Prix Nobel d’économie et sa femme de la Brookings Institution, le taux de mortalité est en croissance au sein de la population blanche, en particulier en raison de la crise des opioïdes, dévastatrices aux États-Unis. Ils indiquent que la « surmortalité » provient de maladies du foie et de suicides. Phénomène que le couple a déjà constaté lors d’une précédente étude où seule l’épidémie du sida avait provoqué une progression si rapide. Toutefois le taux de mortalité chez les Blancs non hispaniques en 1999 de 50 à 54% ans était 30% inférieur que chez les Noirs du même âge, mais la tendance s’est radicalement inversée en 2015. La baisse annuelle de près de 4% du taux de mortalité chez les Noirs est confirmée par une étude publiée dans la revue scientifique The Lancet. De plus en plus les inégalités sociales se creusent aux États-Unis comme en témoigne la sonnette d’alarme tirée par le gouverneur de la Réserve fédérale américaine (Fed) pour qui, l’impact des inégalités grandissantes affectent le potentiel de croissance de la première économie mondiale. Une récente étude de cette institution américaine explique que la part des revenus américains détenus par le 1% de ménages les plus riches a atteint 24% en 2015 contre 17% en 1988. La part du patrimoine, elle, s’affiche à 39% pour cette même catégorie, contre 30% en 1988. Le taux de chômage demeure deux fois plus élevé chez les Noirs (7,7%) que chez les Blancs (3,9%). Cet écart déplorable est en diminution. Il s’agit même du plus bas depuis le milieu des années 1970. Moussa T. Yowanga

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