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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Malgré son dernier rapport de mars 2013 adressé aux bailleurs institutionnels de la Mauritanie pour les sensibiliser sur l’état de corruption qui y prévalait, Sherpa constate quatre années après que la situation n’a fait qu’empirer. C’est alors que Sherpa, l’association de protection et de défense des populations victimes de crimes économiques décide de mettre à jour ledit rapport qui dénonce la corruption endémique dans le pays facteur aggravant de la crise sociale et obstacle au développement. Sherpa accuse ouvertement le président mauritanien d’être au centre d’un système de prébende. Les ressources publiques, de plus en plus rares en raison de la crise liée à la chute des prix de minerais de fer, continuent à être détournées au seul profit du clan présidentiel. D’autres pratiques nuisibles au développement et l’amélioration du climat des affaires telles que les marchés truqués, les pots-de-vin, la corruption, l’évaporation des ressources sont recensées par l’association Sherpa.

 

Le rapport tout en rappelant le volume important des financements (4,5 milliards en 2016) accordés à la Mauritanie par les bailleurs institutionnels, ne va pas par quatre chemins pour avertir : cet argent ne constitue qu’un facteur d’aggravation tant il est allègrement détourné. « Il y a aujourd’hui suffisamment de raisons de penser que les financements massifs des bailleurs institutionnels vers la Mauritanie alimentent un vaste système de corruption et de prédation et participent ainsi à un gigantesque gaspillage des ressources publiques »,  a affirmé le président de Sherpa William BourdonSherpa demande aux bailleurs institutionnels d’exercer de façon effective leur devoir de surveillance afin que les fonds alloués servent réellement au développement de la Mauritanie. Selon le rapport de Sherpa, la Mauritanie dispose d’énormes potentialités naturelles : 2èmeproducteur du continent africain en minerais de fer, riche en gisements d’or, de cuivre et en réserves halieutiques et bientôt producteur des hydrocarbures. Pourtant, avec seulement une population de 4 millions d’habitants, la Mauritanie pointe parmi les pays en développement dits les « moins avancés » et « occupe une place décevante sur les indices de corruption », d’après le FMI. C’est un paradoxe qui n’échappe pas au président de Sherpa, pour qui : « La Mauritanie, avec son fantastique potentiel en matières premières, est aujourd’hui le terreau parfait pour tous les receleurs et autres délinquants en col blanc qui peuvent y bénéficier en toute tranquillité d’une totale impunité en matière de crimes financiers ».

 

L’économie du pays est donc déstabilisée par les scandales politico-financiers, la mal gouvernance et une mauvaise gestion des ressources. Le rapport de Sherpa, cite quelques exemples de passations douteuses de marchés publics comme la construction du nouvel aéroport attribuée à une société inexpérimentée et dirigée par des proches du chef de l’Etat, la construction de la centrale électrique de Nouakchott par le candidat le plus onéreux de l’appel d’offres, etc. L’association Sherpa mentionne dans son rapport, les enquêtes déclenchées aux Etats-Unis et au Canada relatives aux allégations de corruption visant la mine d’or de Tasiast exploitée par la société canadienne Kinross Gold Corporation. Sherpa met également en lumière pour les dénoncer, les contrats conclus entre des entreprises étrangères et des sociétés mauritaniennes détenus par des personnes politiquement exposées soupçonnés d’être entachés de faits de corruption. Il s’agit entre autres le cas de contrats passés entre la société Maurilog dirigée par Abdellahi Ould Yaha, ancien secrétaire d’Etat à l’investissement et proche du président Mohamed Ould Abdel Aziz. Inexistante en 2013, elle est depuis devenue la partenaire logistique privilégiée de Kinross, Total, Kosmos Energy, etc. Sherpa s’interroge également sur les raisons qui ont poussé les autorités mauritaniennes à conclure un contrat léonin de pêche avec l’entreprise chinoise Poly Hondone, liée en réalité à Poly Technologies, une société connue pour vente illégale d’armes chinoises à l’étranger. Sherpa se tourne vers les bailleurs institutionnels pour les inciter à obtenir des autorités mauritaniennes des engagements fermes pour mettre un terme à ces dérives sérieuses et pour que les enquêtes sérieuses soient diligentées.  Les bailleurs devraient mettre tout en œuvre pour que leurs fonds ne soient utilisés pour alimenter ce gigantesque système d’évaporation. Moussa T. Yowanga

 

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