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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Le frère de l’ancien président burkinabé en délicatesse avec la justice de son pays, François Compaoré puisque c’est de lui qu’il s’agit, a été appréhendé dimanche à l’aéroport de Roissy en provenance d’Abidjan, dans le cadre de l’enquête sur l’assassinant le 13 décembre 1998 du journaliste Norbert Zongo, ancien directeur de publication de l’hebdomadaire L’Indépendant. Cette arrestation survient en vertu d’un mandat d’arrêt international émis par le juge d’instruction burkinabé contre François Compaoré qui n’avait jamais été inquiété auparavant. Durant les 27 ans de règne du régime Compaoré, l’enquête sur l’assassinat dans des conditions troublantes du journaliste Norbert Zongo et de ses trois compagnons de voyage n’a jamais avancé d’un seul iota. Né en 1954 à Ouagadougou, François Compaoré est poursuivi pour « incitation à assassinats », selon un avocat de la famille Zongo. Contacté au téléphone par l’AFP, Me Bénéwendé Sankara s’est dit « très heureux », «très soulagé de le savoir aux arrêts ».Il estime que la famille et leurs avocats attendaient cette arrestation depuis longtemps « cette interpellation vient purement et simplement comme pour répondre à l’arrogance d’un homme qui défie la justice » du Burkina Faso. Aucune « argutie ni politique ni diplomatique » ne doit désormais venir entraver la justice. Il espère une extradition rapide de François Compaoré.

 

Joint au téléphone par RFI, Pierre-Olivier Sur, son avocat a estimé que son client a été interpellé pour des raisons « politiques ». Il a annoncé par ailleurs que « Tout cela va prendre quelques heures. La procédure prévoit 48 heures avant qu’il ne soit présenté au parquet général mais nous espérons bien qu’à l’issue, il sera évidemment laissé en liberté et puis, nous, avocats, nous aurons l’opportunité et l’occasion de dénoncer ce qui est une manœuvre politique. Évidemment, la Cour d’appel a tranché en faveur du client de Me Pierre-Olivier Sur en décidant  hier lundi de maintenir François Compaoré en liberté puisqu’il n’avait pas été placé en détention mais il s’agit simplement d’une mesure administrative. Selon une source judiciaire, François Compaoré resterait libre de ses mouvements en attendant que la procédure d’extradition soit examinée. Malgré tout En attendant, il aura besoin d’une autorisation spéciale judiciaire avant de quitter le territoire français. Son avocat donne les explications y afférentes  « pour qu’il sorte, il faut qu’il en effectue une demande spéciale à la chambre de l’instruction et tout laisse à penser que la chambre l’accepterait, voilà c’est une procédure classique quand on est dans une procédure extraditionnelle, car la procédure n’est pas terminée aujourd'hui, il faut que le Burkina Faso maintenant nous fasse valoir sa demande extraditionnelle sur quel fondement, quel texte, quel règle de prescription etc. ». Et l’avocat de poursuivre : « Et cette demande qui devra arriver dans les 20 jours ici à Paris, sera examinée à nouveau par la justice française puis on verra ce que la justice en fera soit elle considère que c’est sérieux et elle pourra  renvoyer François Compaoré pour être jugé au Burkina Faso soit elle considérera que ce n’est pas sérieux ou tout au moins que François Compaoré ne bénéficierait pas de toutes les garanties en termes des droits de la défense au Burkina Faso et elle refuserait, la justice française de coopérer avec la justice burkinabé donc tout ça dans les semaines à venir » a conclu Me Pierre-Olivier Sur.

 

Selon des sources concordantes, le Burkina Faso a bel et bien transmis lundi soir à la justice française une demande d’extradition de François Compaoré interpellé dimanche à Paris dans le dossier de l’assassinat du journaliste d’investigation Norbert Zongo et ses compagnons. Tout en rassurant l’opinion nationale « Nous avons formulé notre demande d’extradition », le ministre de la justice Réné Bagoro, tient à rappeler que le Burkina dispose d’« une convention en matière de coopération judiciaire qui nous lie avec la France qui date de 1961 ». « Au regard de cette convention, dans une pareille situation nous disposons de 20 jours pour introduire notre demande d’extradition avec toutes les pièces nécessaires et nous l’avons déjà fait » lundi soir, a-t-il précisé. « Nous osons espérer que les autorités françaises vont mesurer la portée de cette affaire et bien vouloir procéder à son extradition », a déclaré à l’AFP Laurent Poda, procureur général burkinabè. « Nous estimons que sa présence dans ce dossier emblématique mérite qu’il puisse être là, pour la manifestation de la vérité », a-t-il ajouté. L’affaire Zongo, « c’est une quête de vérité et de justice des Burkinabè, qui sont extrêmement attachés à ce dossier », selon l’avocat de la famille de Norbert Zongo. La mort du journaliste, célèbre pour ses positions critiques vis-à-vis du pouvoir, avait ouvert une crise politique et sociale dans le pays et provoqué de vives protestations internationales. François Compaoré faisait régulièrement le voyage entre la Côte d’Ivoire et Paris où réside sa femme et trois de ses enfants, et affirmait récemment dans une interview accordée à Jeune Afrique qu’il ne craignait pas le mandat d’arrêt lancé contre lui le 5 mai dernier. Moussa T. Yowanga

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