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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Idriss Deby Itno est un guerrier. Le digne fils des tribus noires du Soudan médiéval qui surent imposer aux riches commerçants du Sahara oriental leurs lois en prélevant des droits sur la traversée de leurs territoires. Idriss Déby Itno, jeune officier, formé dans les écoles occidentales, a fait ses preuves dans les rangs des forces armées tchadiennes et ses faits d’armes exceptionnels ont, sans aucun doute, contribué à ramener « la stabilité et une certaine paix au pays des Sao ». N’a-t-il pas été, au début des années 80, celui qui a pacifié, un Sud irrédentiste et rebelle ? Exit, les Codos, des Kamougué, Kotiga, Tokinon, Laokeïn et Ketté Nodji. Les leaders sudistes vaincus ont, soit fait allégeance et sauvé leur peau, soit payé de leur vie leur entêtement. La paix n’a pas de prix… N’est-ce pas toujours lui qui, au milieu des années 80, en fin stratège et habile tacticien, a filé une raclée aux Libyens à Matten es Sahara redorant le blason d’une armée nationale que d’aucuns traitaient de Mexicaine. Et quand lui et ses frères, remontés contre un Habré dont la dérive dictatoriale menaçait jusque dans son entourage, ceux-là même qui l’ont fait roi, se sont rebellés et repliés dans les maquis du Darfour en avril 1989, n’est-ce pas Idriss Deby Itno, qui, en bon politique et habile manœuvrier, a su rassembler autour de son mouvement tous les mécontents du régime Hissein Habré(HH), ceux du Sud, du Centre et de l’Est, contre le dictateur, en fin de règne ? La fuite de Hissein Habré et la fin de la dictature, n’est-ce pas à Idriss Deby Itno(IDI) qu’on les doit ?

Et la démocratie, les partis politiques, la presse libre, les droits de l’Homme c’est bien Idriss Deby Itno qui les a apportés, non ? Mais la meilleure chose qu’il a apportée, c’est cette chère stabilité. Là aussi, il a joué d’intelligence, de ruse et d’autorité pour y arriver. Exit les Abbas Kotti, Djibrine Dassert et autres compagnons de la première heure prétentieux ou brouillons. Et quand, dans son propre camp quelques énergumènes ingrats, qui ont oublié qu’ils lui doivent leur sécurité et leur prospérité, se sont rebellés, il n’a pas hésité à prendre personnellement les armes pour les combattre, exit les Youssouf Togoïmi, Sebbi Aguid, les frères Erdimi, Mahamat Nouri, Mahamat Nour, ou…Des hommes qui ont déstabilisé les campagnes tchadiennes et par deux fois, en 2006 et 2008, porté le danger jusqu’aux portes du palais présidentiel. Idriss Deby Itno les a balayés, refoulés les uns hors des frontières nationales, les contraignant à l’exil, tandis que les autres ont payé leur impétuosité de leur tête… La stabilité n’a pas de prix. Ce qu’ont compris les plus futés et intelligents, nombreux, qui ont rallié. Bon prince, Idriss Deby Itno les a accueillis à bras ouverts, leur tuant, tel le père du fils prodigue de la Bible, le veau gras. N’est-ce pas charmant tout cela ? Tous ces bienfaits ont bien entendu, un prix ! N’est-ce pas ? Alors ! Les partis politiques peuvent faire leur bruit, et aller se faire foutre. Parce que Déby s’en fout ! Partis politiques ! Déby sait ce qu’il en fait, tout au moins de leurs chefs car n’est-ce pas cela que se réduisent les partis politiques au Tchad ? Leurs chefs ?

Idriss Deby Itno sait évaluer et acheter chacun selon son prix. Pareil pour ces boucaniers de la Société civile. Leaders de la société civile. Mon œil ! « Ils les a tous utilisés », distribuant, à celui-ci un poste de président de l’Assemblée Nationale ou de la CENI, à telle autre une place de vice-présidente du Conseil économique culturel et social, à un troisième une place de secrétaire général de la communication, nommant tel ou tel autre ministre, des affaires étrangères, de la justice… pour quelques petits mois et, le tour est joué. Tout le monde se calme. Quant aux journalistes ! « Les chiens aboient et la caravane passe ! » Et aux chiens les plus teigneux et bruyants, les chameaux ne donnent-ils pas quelques coups de sabots ? Un petit tour en prison, ça fait calmer certaines ardeurs. Et tout rentre dans l’ordre. Il n’y a rien à redire Idriss Deby Itno c’est le maestro, le maître à jouer. Même Boko Haram et Ibni Oumar n’ont pas réussi à l’empêcher de dormir. Un no mans’ land le long du Chari plus quelques expéditions de ses boys au-delà du fleuve et le tour est joué. Il faut ici tirer chapeau bas à Déby, passé maître dans le retournement des situations ! L’homme a su se servir des événements de 2008 comme prétexte pour justifier le renforcement de son arsenal de guerre et, dans la foulée, se positionner comme le meilleur allié des Occidentaux au Sud du Sahara dans la lutte contre Boko Haram et le terrorisme saharien ! D’une menace, n’a-t-il pas fait une aubaine ? Et le voilà donc sacré Joker Noir du contre-terrorisme international et bientôt Grand gestionnaire du plus grand centre de détention des réfugiés au monde. Ce Gantanamo que Merkel et Macron vont ériger en plein Sahara. Là aussi, Idriss Deby Itno a vu venir qui s’est fait la main sur ses compatriotes parqués dans la plus grande prison à ciel ouvert du monde qu’est Koro Toro. Sacré Déby, il mérite bien ce repos qu’il s’offre tel un prince médiéval d’Orient dans son Palais d’Amdjaress, entouré des mille et une épouses de son harem.

Nadjikimo Bénoudjita,correspondance particulière depuis Canada

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