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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

L'échec de la construction nationale incomberait-il au père de la nation Tchadienne ? Victime d’un coup d’Etat militaire le 13 avril 1975 au cours duquel il fut assassiné, le père de la nation tchadienne, François Ngarta Tombalbaye peut-il être considéré comme le responsable de l’échec de la construction nationale ? Mon dernier post a suscité, autour de cette question, des débats houleux, des échanges parfois passionnés dont je regrette qu'ils aient atteints, chez certains, le registre de propos désobligeants. Il reste tout de même que ces échanges, commentaires et débats ont été révélateurs d'un fait majeur : Les Tchadiens, les masques du politiquement correct jetés, sont profondément divisés. Si tout le monde est d'accord sur un fait incontestable, celui de l'échec du politique à construire un pays stable et prospère, aux plans social et économique, en revanche, les avis sont divisés quand il s'agit de situer les responsabilités.

 

Par contre, tout aussi indéniable que puissent paraître leurs divisions, les Tchadiens doit-on,le souligner, s'agissant essentiellement des jeunes, aspirent tous à un mieux-être, dans un environnement politique apaisé où leurs droits fondamentaux et leurs aspirations sont garantis. Cependant, les stratégies suggérées ou revendiquées, par bon nombre de participants à ce débat, ce constant appel, à la remise en cause de la forme de l'État, qui va de la fédération, forme la plus modérée, à la scission, devrait inviter à réfléchir. De même, inviter à une confrontation d'où sortirait le ou les plus forts, me semble également être un sujet de la plus grande préoccupation. Je commencerai par ce dernier point. Les Tchadiens, sont-ils sortis gagnants des différentes confrontations fratricides qui ont jalonné le parcours de leur histoire depuis la soixantaine d'années de leur indépendance ? Certes, des individus, appartenant aux classes dirigeantes actuelles ou passées, ont réussi à tirer leur épingle du jeu, mais que représentent-ils par rapport au reste des Tchadiens ? Trois, cinq, 10% de la population ? Une infime minorité, lorsque 10 millions de Tchadiens restent pauvres, la moitié croulant dans la misère ! La scission du Tchad ? Elle est quasi impossible en ce moment et celui qui l'osera devrait se préparer à être responsable du plus grand bain de sang que ce pays n’ait jamais connu.

 

Qu'on ne se voile pas la face, pour toutes sortes de raisons : économique, humaine, sociale, l'enjeu existentiel de la plupart des tchadiens du Nord, reste depuis une trentaine d'années, le Sud du pays, et les imbrications humaines, en termes de peuplement, fait de cette région, au Sud du Chari, le principal creuset humain. On peut le dire, il y a largement plus de Nordistes au Sud du pays qu'au Nord. Dans les centres urbains principaux et secondaires et dans les zones rurales les plus reculées. Sauf à répéter avec plus de malheurs l'expérience de la Yougoslavie au Tchad, l'option de la scission doit être vivement écartée. Reste le fédéralisme. Compte tenu de la diversité culturelle du pays et de grandes divergences concernant la conduite de l'Éducation, de la Justice, voire de l'économie, le fédéralisme, me semble la forme la plus adaptée au contexte politique tchadien, pourvu que les institutions et les mécanismes juridiques qui accompagnent sa mise en œuvre soit des plus pondérées et mettent l'intérêt des populations en avant. Mais l'égoïsme des politiques actuels et la farouche volonté du régime à se cramponner à ses acquis dont on doit comprendre qu'il s'agit de lui reconnaître le droit de jouissance exclusive sur les ressources du Tchad, êtres humains, y compris, peuvent-ils permettre d'envisager de telles hypothèses de changement, sans une vague de fond ? La question reste ouverte.

Nadjikimo Benoudjita, correspondance spéciale depuis le Canada

 

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