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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Les ressortissants tchadiens comme six autres nationalités sont interdites de façon permanente d’entrer sur le sol américain à compter du 18 octobre prochain selon les termes d’un décret migratoire nettement plus radical que le précédent signé dimanche soir par le président Donald Trump qui met en avant la sécurité nationale pour justifier cette décision. Le présent décret migratoire s’inscrit dans la même veine que celui de janvier 2017 lorsque le président américain avait expliqué avoir besoin d’une période de douze semaines soit 90 jours d’interdiction d’arrivée des ressortissants de six pays musulmans (Yémen, Syrie, Libye, Somalie, Soudan, Iran) afin de mettre en place de nouveaux filtres d’admission. La durée d’application de ce décret s’est achevée ce week-end avec l’entrée en vigueur d’un nouveau texte pour éviter de retomber dans l’impasse juridique en matière du durcissement de la politique migratoire. Cette mesure voulue et décidée par le président Trump n’a fait l’objet d’aucune évaluation ni sur sa pertinence ni sur son efficacité après 90 jours de sa durée légale.

 

Le nouveau décret migratoire intègre trois autres pays à savoir le Tchad, la Corée du Nord et le Venezuela dans la précédente liste constituée de six pays musulmans, excepté le Soudan, qui n’y figure plus sans que l’on sache exactement les raisons. Sont actuellement concernés hui pays : Le Yémen, la Libye, la Syrie, la Somalie, l’Iran, le Tchad, la Corée du Nord et le Venezuela. La sévérité des mesures d’interdiction varie en fonction des pays. Logés à la même enseigne que les nord-coréens, les citoyens Tchadiens sont interdits d’accès au territoire américain, alors que l’interdiction se limite aux responsables gouvernementaux vénézuéliens, accusés de ne pas collaborer suffisamment dans la procédure d’attribution des visas. Un des dispositifs essentiels de la lutte contre le terrorisme au sahel et allié des pays occidentaux, la présence du Tchad dans cette nouvelle liste suscite tant d’interrogations voire l’indignation des autorités tchadiennes. Cependant, le président américain donne quelques explications factuelles en appui de ce décret rendu public dimanche en soirée. « En tant que président, je dois agir pour protéger la sécurité et les intérêts des Etats-Unis et de leur peuple », a déclaré Donald Trump. Et d’ajouter : « Un petit nombre de pays –sur 200 évalués- restent insatisfaisants à cette heure sur les questions de gestion des identités et leurs capacités, protocoles et pratiques du partage de l’information ». Faut-il y voir un désaveu cinglant du président Idriss Deby sur son incapacité à bien gérer les affaires internes de son pays ?

 

L’activisme diplomatique et militaire tous azimuts et incohérent sous le prétexte de lutte contre le terrorisme se retourne-t-il contre le Tchad ? Autant, les informations fournies par le président américain sont maigres à nos yeux pour justifier l’ajout du Tchad sur cette liste d'indésirables, autant la situation sécuritaire liée à la présence des éléments armés aux frontières libyennes, et des éléments de Boko Haram dans le bassin du Lac-Tchad ne plaide pas en faveur de ce pays. On pourrait valablement évoquer la demande maladroite des visas pour 50 personnes devant participer à l’Assemblée générale de l’ONU, adressée à l’ambassade américaine qui a émis de réserve concernant certains individus qui ne sont ni fonctionnaires, ni hommes d’affaires, ni militaires figurant sur cette longue liste. Au final, seule une dizaine de personnes ont pu obtenir leurs visas, selon nos confrères de Tchadactuel. De pratiques similaires peuvent attirer des soupçons voire décrédibiliser la diplomatie tchadienne. Il ne faut pas oublier les trafics autour des documents officiels (pièce d’identité, passeport ordinaire, passeport diplomatique). Un citoyen tchadien était témoin d’un fait surréaliste au commissariat central où trois nigérians originaires du bassin du Lac-Tchad ont réussi à se faire délivrer trois passeports tchadiens moyennant 60 millions. Et par ailleurs, ils ont reçu l’assurance de se faire accompagner jusqu’à l’aéroport pour voyager. Il n’en demeure pas moins qu’au Tchad, certaines autorités en charge de délivrance de papiers d’identité, les documents de voyage manqueraient parfois de rigueur et de conscience professionnelle.

Moussa T. Yowanga

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