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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Chercheur CNRS à Science-Po Paris, Roland Marchal décrypte dans Soir Première les enjeux liés à la nature actuelle du régime soudanais dirigé par Oumar El-Bechir, lequel est recherché par la CPI et continue hélas de répandre la terreur dans son pays et de bafouer les droits humains en toute impunité. Cette situation intenable oblige beaucoup de soudanais à s’enfuir parfois au péril de leur vie pour trouver refuge ailleurs. Plus grave encore, certains pays d’accueil comme la Belgique n’hésitent pas à collaborer allègrement avec un tel régime. La Rédaction vous donne l’opportunité de lire minutieusement les réponses avisées de ce chercheur pour mieux comprendre cette question d’actualité sensible et controversée.

Quels sont les raisons qui motivent les Soudanais, qui arrivent chez nous, à quitter leur pays ?

La situation est très mauvaise au Soudan. Dans les années 2000, la communauté internationale s’était mobilisée pour la situation au Sud-Soudan (aujourd’hui indépendant) et pour la situation au Darfour où le conflit a fait plusieurs centaines de milliers de victimes. A l’époque, les dirigeants européens dénonçaient un génocide, un apartheid intérieur, ils n’avaient pas de mots assez durs pour dénoncer ce qui se passait là-bas.

Et qu’est devenu ce régime ?

Ce régime a perduré, il continue à maintenir des situations de conflits armés au Darfour où ce n’est absolument pas réglé. De plus, l’économie soudanaise, fortement dépendante du pétrole, connait une grave crise depuis l’effondrement des prix pétroliers en 2014, ce qui fait que le régime est plus violent dans sa répression. Du coup, les gens sentent que leur capacité de survie à l’intérieur même des frontières du Soudan est bien moindre qu’auparavant.

Peut-on parler d’une dictature ?

Oui. Je parle plutôt de régime autoritaire. Le régime qui est en place à Khartoum est arrivé en 1989, il a connu des périodes extrêmement dures et a connu des périodes de relative ouverture.  Actuellement, il a resserré la vis… avec des exactions contre les populations civiles, notamment à proximité de la frontière avec le Sud-Soudan.

Que risquent les Soudanais qui sont rapatriés chez eux, contre leur gré ?

Ceux qui sont originaires des régions de conflits risquent de très gros problèmes. Evidemment, la première question qui leur sera posée au retour est : Pourquoi avez-vous fui? Comme ils ont fui, ils seront soupçonnés d’avoir participé aux groupes armés d’opposition. Ils seront sans doute gardés au secret pendant des jours ou des semaines avant qu’on se rende compte, peut-être, qu’ils n’ont pas joué de rôle majeur et qu’on peut les oublier.  Evidemment, il est parfois difficile de vérifier si les Soudanais qui arrivent en France ou en Belgique disent vrai quand ils expliquent avoir fui des zones en conflit…  Mais vu les enjeux pour ces personnes, je trouve que le principe de précaution devrait prévaloir.

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