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France

 

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Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

C’est en cherchant des belles analyses soutenues des belles idées pouvant susciter des débats constructifs et contradictoires, que le destin littéraire ou la curiosité du journaliste fait apparaître cette analyse montée par une certaine Bayala Lianhoué Imhotep titré : « on parle de tes amis ici » ou « autopsie sans complaisance d’un intellectuel africain », publié sur l’espace Facebook du correspondant spécial de Regards d’Africains de France Eric Mocnga Topona.  En réalité, il n’y a plus rien à dire. En effet, l’auteur ou auteure de cette belle et riche analyse à tout dit. Il suffit de consacrer un bon temps pour sa lecture pour permettre à faire sa propre analyse sans complaisance. Cette commentatrice ou ce commentateur, aborde là un sujet délicat et rare comme l’huile des haricots ou des olives.Déjà le titre est bien significatif et riche. Ne dit-on pas que l’habit ne fait pas le moine! Il me semble que tout le monde connaît cette situation, même si en réalité le monde ne pourrait ne pas la partager si facilement. En d’autres termes, quelle est l’utilité de l’école et qu’est-ce que d’ailleurs en réalité le but et la définition de l’école ? Et de quelle école s’agit-il ? N’a-t-on pas dit aussi que le voyage est une école de sagesse! Oui, justement. Voilà pourquoi face à un tel sujet abordé par Bayala, il faut tout d’abord définir ce qu’on attend par le savoir ou par l’école avant de parler d’une cravate et de sa provenance et de son utilité. Là, malheureusement elle a déjà écrit son analyse. Il est donc pratiquement stupide de chercher des poux sur une tête rasée. Il suffit de le lire du début jusqu'à la fin ce qu’elle a rendu public aux lecteurs ou aux utilisateurs des réseaux sociaux  et d’en faire sa propre analyse.

 

L'Afrique francophone est un endroit insolite où l'intelligence se mesure au nombre de diplômes obtenus. La plupart du temps, ils se baladent en costume-cravate et on les appelle « intellectuels ». Ce sont des gens qui aiment quand ils parlent et que personne ne comprend ce qu'ils disent. Le meilleur compliment qu'on puisse leur faire c'est : « Ton Français là est trop fort. On est perdus. » Ça sonne très bien à leurs oreilles. Au moins ce n'est pas faux : on est bel et bien perdus avec ces gens. Entre nous, quel est l'intérêt d'ouvrir la bouche si on est le seul à savoir de quoi on parle ? La plus grosse forme de bêtise, c'est de posséder le savoir, sans savoir le partager. A quoi servent les diplômes des Africains ? A quoi servent leurs titres à l’Afrique ? Des agrégés en économie qui ne savent pas qu'avant l'arrivée des Allemands, on utilisait le Khrou comme monnaie au Cameroun, et qui pensent que la finance en Afrique commence en 1945 ? Des financiers experts qui n'avaient jamais entendu parler du compte d'opération du Fcfa, avant nos petites vidéos de rien du tout sur Facebook ?Des gens qui te parleront de René Descartes, de Heidegger et de Marcel Proust, mais qui n'ont jamais mentionné Mongo Béti, Norbert Zongo ou Nicolas Agbohou dans leurs cours aux étudiants ?Ils affirmeront être gaullistes, marxistes, léninistes, mais ne sauront pas expliquer en quoi consistait la politique économique de Thomas Sankara, ni les réformes initiées par Lumumba dès juillet 60.

 

En Afrique francophone, le diplôme n'est pas un moyen vers une fin, mais plutôt une fin en soi. Il ne permet pas d'atteindre un but, il est carrément le but. Les routes peuvent donc ressembler à une marmite de couscous en ébullition, les hôpitaux peuvent être dépourvus de tout matériel avancé, ce n'est pas grave. On est diplômé ; on est intellectuel. Ce sont ces gens qui dirigent nos pays, ou qui enseignent dans nos universités, ou qui écument les plateaux télé. Ils sont allés dans de grandes écoles et ont tous les titres imaginables. Mais ils continuent de promouvoir la culture du cacao, du café, du coton dans l'espoir qu'on va se développer avec ça. Et tant pis si on importe le riz, le papier toilette, la tomate, la farine, les vêtements et même les cure-dent, bref, tout, absolument tout ce que nous consommons vraiment. A croire que plus on fréquente, plus on devient stupide. Les intellectuels africains mesurent leur intelligence au nombre de citations de Voltaire qu'ils connaissent par cœur ; et à la quantité de mots compliqués et inutiles qu'ils sont capables d'aligner dans une phrase simple. Et quand un petit Européen tousse à 6 000 km et décrète qu'ils font trop d'enfants, ils ne pensent plus par eux-mêmes. Ils s'alignent sur cette pensée.

 

Car ils n'ont pas de volonté propre. Cela ne les inquiète donc pas que la Guinée Conakry se fasse vider de la bauxite qui devrait l'enrichir, et perçoive moins de 10% des revenus des minerais pillés par le brigand externe. Le Maître a identifié à leur place la cause de la pauvreté. Fin de l'histoire. Ce n'est pas une éducation qu'ils ont reçue, mais un formatage bien huilé, pour penser comme le Maître, contre les leurs. L'école occidentale n'est pas un pêché comme l'affirme Shekau, mais elle est une construction d'idées largement déconnectées de nos problèmes en Afrique. Voilà pourquoi dans un pays qui a cruellement besoin de technologie et de révolution culturelle, vous trouvez plutôt des facultés de « Lettres Modernes Françaises ». En un mot : Celui qui pense qu'en mettant une cravate il devient de facto plus intelligent, celui qui pense qu'être un diplômé intelligent c'est savoir tout de l'autre et méconnaître tout de soi-même, celui-là n'est pas un intellectuel en costume, mais un ignorant constipé. Et comme le dit Lascony Nysymb: « Quand vous êtes ignorant, vous êtes un danger permanent ».La preuve, l'état de l'Afrique au 21e siècle. Claude Wilfried Ekanga : « Il était une fois, le continent le plus riche qui était le plus pauvre, à cause de ses intellectuels NB : l’image est juste là pour faire corps avec le portrait. Et bien évidemment que cette description fort heureusement épargne des intellectuels courageux et dont nous en sommes fiers. »

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