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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Face au blocus politique en République Démocratique du Congo à cause de Joseph Kabila Kabange qui tient mordus garder le pouvoir, alors que son deuxième et dernier mandat a pris fin le 19 décembre 2016 et d’une opposition dont on ne sait pas de quoi est-elle constituée, le monde observe ce pays francophone et des Grands-Lacs, avec des grandes interrogations et surtout la peur de voir le retour du démon du génocide dans cette partie africaine d'ancienne colonie belge. Que se passe-t-il réellement pour le peuple Congolais ? C’est dans cet optique que la RTBF eut décidé de publier le jeudi 07 septembre 2017 un extrait de l’émission Afrik’Hebdo réalisé par Ghizlane Kounda, diffusée sur La chaîne Première, dans lequel Dieudonné Wamu Oyatambwe, politologue, auteur du livre « De Mobutu à Kabila » (Ed. L’Harmattan),eut accepté de répondre à certaines questions se posent assez des journalistes belges ou congolais, précisément sur l’alternance démocratique en RDC. Quel est le poids du Président Joseph Kabila Kabange et sa force, dans un jeu politique qui semble verrouillé par lui-même ?  Initialement, les élections devaient se tenir l’an dernier, ensuite elles ont été programmées pour la fin de 2017, comme le prévoyait l’accord du 31 décembre, mais elles ont été reportées deux fois. Depuis, la société civile réclame un calendrier électoral.

Afrik’Hebdo pour La Première : Un nouveau calendrier électoral peut-il calmer les esprits ?

Le politologue Dieudonné Wamu Oyatambwe : Cela dépend des échéances. Si la Ceni (la Commission électorale nationale indépendante) annonce la tenue des élections dans dix ou douze mois, cela sera plus difficile à accepter que si elle l’annonce pour cette fin d’année ou début 2018. Mais cela dépend aussi du contenu du calendrier. Des changements pourraient intervenir au niveau de l’organisation des élections. Mais déjà à l’époque où se négociait l’accord du 31 décembre 2016, le fameux accord de la St-Sylvestre, il y avait une forte divergence entre le point de vue de la Ceni et celui des acteurs politiques. Le président de la Commission électorale disait qu’il y avait des données d’ordres techniques qui le concernaient lui et des données d’ordre politique qui ne relevaient pas de sa compétence. Et donc je crains fort qu’on en soit encore là. Les uns évoquent un timing politique, les autres un timing prétendument ou réellement technique.

Face à Kabila de quoi est constituée l’opposition en RDC ? Et quelle pouvoir a-t-elle ?

Le vrai enjeu est en effet celui-là. La disparition d’Etienne Tshisekedi en février dernier a porté un coup dur à l’opposition et les conséquences ont été immédiates au sein de cette opposition politique. Le ‘Rassemblement’ et aussi d’autres partis ont été affaiblis. Mais en dehors de ces organisations partisanes ou politiques, d’autres corps sociaux sont dans l’opposition. Je pense à la Conférence épiscopale du Congo. Les catholiques contestent la façon dont Joseph Kabila dirige le pays. Ils appellent à une transition pacifique, rapide et à une alternance à la tête du pays. Alors, qu’elle est leur marge de manœuvre ? Les congolais les écoutent. Ils ont appelé la population à se mobiliser, à rester éveillée, à organiser des actions citoyennes non violentes pour exiger non seulement un calendrier électoral, mais aussi une véritable alternance à la tête du pays. Dans la même perspective, il y a aussi les mouvements citoyens, comme Filimbi et La Lucha ou d’autres groupes, moins connus et moins structurés. Mais la plus grande force d’opposition, reste le peuple congolais dont la préoccupation, en grande majorité, est la survie. Son seul espoir est le changement. Il attend un mieux-être qu’on lui a tant promis mais qui ne se concrétise toujours pas en RDC.Enfin, il y a aussi les différents mouvements au sein de la diaspora qui ne cessent de harceler le pouvoir en place.

Plusieurs réunions ont eu lieu ces dernière semaines à Bruxelles et à Paris, autour de figures d’opposition ? Qu’est-ce qui se trame ?

Les mouvements citoyens ont compris une chose essentielle : quand bien même un calendrier électoral est publié, quand bien même les élections sont organisées à court terme, les changements souhaités n’iront pas de soi, tant que l’arsenal constitutionnel reste tel qu’il est aujourd’hui. Et donc, nombreux sont ceux qui évoquent la perspective d’une transition sans Jospeh Kabila. Car, tant qu’il est là, estiment-ils, tout reste bloqué. Et donc certains en appellent plutôt à une transition dans laquelle les acteurs et les responsables s’engageraient à ne plus se présenter comme candidat. Pour ne pas être à la fois juge et partie, à la fois candidat et organisateur.

Denis Mukwege, médecin chef de l’Hôpital de Panzi appelle au soulèvement populaire, aux risques et périls des congolais. C’est une solution pour sortir de la crise politique ?

C’est une solution parmi d’autres, mais il ne faut pas écarter trop vite les possibles bonnes intentions de la part des autorités. Il se pourrait que, par la volonté du chef de l’Etat, on renoue avec le dialogue pour s’engager dans un processus électoral apaisé. Alors, oui ! Les positions des uns et des autres sont compréhensibles car on ne voit pas de perspectives clairement identifiables, mais dans les prochains mois on verra probablement des éclaircies dans ce ciel nuageux. Restons optimiste.

Sélection et commentaire de la Rédaction

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