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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Décidée vendredi 1er septembre 2017 par la Cour suprême selon l’Agence France Presse(AFP), est sans précédent en Afrique, mais des cas similaires se sont produits sur d'autres continents depuis une vingtaine d'années. En juillet 2016, la Cour constitutionnelle autrichienne invalide l'élection présidentielle remportée le 22 mai avec 30.863 voix d'avance par l'écologiste Alexander Van der Bellen, mais entachée d'irrégularités formelles. Elle fait ainsi droit au recours du parti d'extrême droite FPÖ qui contestait la régularité du scrutin. Ni fraude, ni manipulation du scrutin n'ont été constatées mais une accumulation de négligences dans le dépouillement des bulletins. Une nouvelle présidentielle est organisée le 4 décembre et Van der Bellen l'emporte avec 53,8% des voix contre le candidat FPÖ, Norbert Hofer.Les autorités haïtiennes annulent en juin 2016 le premier tour du scrutin présidentiel, tenu le 25 octobre 2015, et dont les résultats avaient été largement contestés par l'opposition. Le candidat du pouvoir Jovenel Moïse avait recueilli 32,76% des voix contre 25,29% pour Jude Célestin. Les autorités ont suivi les conclusions du rapport de la commission de vérification électorale qui avait recommandé quelques jours plus tôt que le processus électoral soit "repris à zéro" en raison de « fraudes massives ». Le 20 novembre, lors d'un nouveau scrutin, Jovenel Moïse est élu dès le premier tour avec 55,60% des suffrages. Les résultats, de nouveau contestés par ses concurrents, seront confirmés par le conseil électoral provisoire (CEP), en janvier 2017.En octobre 2013, les résultats du premier tour de l'élection présidentielle du 7 septembre, qui a vu arriver largement en tête l'ex-chef de l'Etat Mohamed Nasheed (45,45%), sont annulés par la Cour suprême qui accueille favorablement une plainte à propos d'irrégularités concernant une liste électorale.

Après une nouvelle tentative avortée, le premier tour est organisé une deuxième fois le 9 novembre, donnant à M. Nasheed 47% des voix, un score largement supérieur à celui des deux autres candidats mais insuffisant pour lui permettre d'être proclamé vainqueur dès le premier tour. Mais M. Nasheed sera battu au second tour par Abdulla Yameen, le demi-frère d'un autre ancien président, Maumoon Abdul Gayoom, qui a régné de manière autocratique pendant 30 ans sur cet archipel de l'océan Indien.En raison de fraudes graves constatées, la Cour suprême ukrainienne annule en décembre 2004 l'élection présidentielle du 21 novembre, remportée par le Premier ministre pro-russe Viktor Ianoukovitch.Le scrutin entaché de fraudes a soulevé alors une vague de contestation sans précédent baptisée Révolution orange. Un nouveau second tour est organisé le 26 décembre, remporté alors par le candidat de l'opposition, Viktor Iouchtchenko. La présidence de l'emblématique leader pro-occidental, marquée par des turbulences politiques et la crise économique, décevra largement les Ukrainiens qui éliront en 2010 Viktor Ianoukovitch.D'octobre 2002 à novembre 2003, trois scrutins présidentiels ont été invalidés en Serbie à cause d'un taux de participation inférieur au 50% alors requis par la loi électorale.Cette disposition restrictive est ensuite supprimée et en juin 2004, le réformiste et pro-européen Boris Tadic remporte l'élection présidentielle face à son adversaire ultra-nationaliste Tomislav Nikolic.

Kenya : Baba ! Baba ! des Kényans scandent le surnom du chef de l'opposition kényane Raila Odinga

L’Agence France Presse fait un reportage vivant sur l’annulation par la Cour Suprême les élections présidentielles donnant gagnant le président sortant Uhuru Kenyatta.Hier 1er septembre 2017, l’AFP rapporte : Baba ! Baba ! des Kényans scandent le surnom du chef de l'opposition kényane Raila Odinga, tout en dansant et brandissant des affiches électorales avec l'une des photos de leur candidat, quelques moments après la décision de la Cour Suprême d'annuler la présidentielle du 8 août. Debout à l'arrière d'une moto, un homme portant un costume de gorille, mobilise la foule en klaxonnant dans le bidonville de Kibera à Nairobi, l'un des bastions de l'opposition acquise à Odinga.Dansant et chantant, une nuée de sympathisants d'Odinga converge vers ce centre névralgique de l'opposition, où des violences meurtrières avaient éclaté après l'annonce de la victoire du président sortant Uhuru Kenyatta à l'élection du 8 août, que l'opposition estimait entachée de multiples irrégularités. 

Vendredi, dans ce même bidonville de misère criante, des sympathisants d'Odinga brandissent des branches d'arbres et célèbrent la décision de la Cour Suprême, saisie par Odinga, et qui a ordonné en raison d'irrégularités une nouvelle élection présidentielle dans un délai de 60 joursMais dans ce paysage de pauvreté, l'homme du moment n'est pas tant Odinga que David Maraga, un homme qui affiche souvent une expression amusée, et qui est le juge président de la Cour Suprême kényane. « C'est un héros africain » ! lance Joseph Omullo, un jeune diplômé de 25 ans au chômage, écrasé par la foule et qui hurle pour se faire entendre. « Le chef de la justice est exemplaire ! Tous ce que nous voulons c'est que la justice soit rendue ». A proximité, une femme âgée esquisse des mouvements de danse, tout en tenant sur sa tête un journal vieux de cinq jours, avec une photo de Maraga en Une. « C'est la première fois que nous voyons le visage de la justice au Kenya », crie un Kényan.Esther Osimbo, âgée de 33 ans, mariée à un pêcheur, se fraye un chemin tant bien que mal vers le coeur de la foule : « C'est historique. Maraga est un grand, grand homme », dit-elle, notant avec une pointe de regret qu'il soit déjà marié.C'est la première fois en Afrique que la Cour Suprême annule le résultat d'une élection présidentielle, selon l'opposition kényane. La décision, aussi dramatique qu'inattendue, a été rendue à la majorité, deux juges sur un total de sept - dont un absent pour cause de maladie - ayant exprimé des opinions différentes.Au Kenya, cette décision a surpris de nombreuses personnes estimant que la justice est inféodée à la présidence.« Dans le monde entier, tous les yeux étaient tournés vers cette Cour Suprême et le juge a pris la bonne décision », déclare Frederick Oyieng, un gardien de nuit âgé de 36 ans.« C'était une surprise (...) il était temps que la justice soit rendue », lance Donna Abongo, âgée de 39 ans.

« Félicitations aux juges ! ».

Des scènes semblables étaient visibles dans d'autres quartiers à Nairobi tout comme à Kisumu, l'autre grand bastion de l'opposition dans l'ouest du pays, au bord du lac Victorioa, où des Kényans arpentaient les rues en brandissant des branches et en criant « Uhuru doit partir ».« Ils ont volé les élections depuis si longtemps », déclare Lynette Akello, une vendeuse de poissons faisant allusion au fait qu'Odinga se soit déclaré convaincu que la victoire à la présidentielle lui a été volée par trois fois. « C'est la justice pour Baba ! ».

 Eric Mocnga Topona

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