Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

Géo-localisation

Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Moins de deux ans après la fin de la récente résurgence de la maladie d’Ebola en mars 2016, déclarée conjointement par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le gouvernement sierra léonais pendant laquelle près de 4000 vies ont été emportées par une épidémie qui a ravagé familles et communautés à travers tout le pays et bouleversé chaque aspect de la vie, la capitale Freetown est de nouveau frappée par d’autres catastrophes naturelles comme si le mauvais sort continue de s’acharner sur cette partie de l’Afrique. Des pluies torrentielles accompagnées des coulées de boue se sont abattues sur la capitale durant trois jours à compter de dimanche entraînant des conséquences désastreuses tant sur le plan humain que matériel.

Les Sierra-léonais sont sous le choc après les fortes inondations et les glissements de terrain qui ont ravagé dimanche soir Freetown et ses environs. Considérées d’ores et déjà comme une des pires catastrophes de l’histoire du pays, ces inondations et coulées de boue ont causé la mort de plus de 300 personnes dont 105 enfants officiellement recensés, selon un responsable de la morgue centrale de la capitale Freetown. « Nous avons reçu 105 enfants à la morgue », a annoncé à l’AFP un employé de la morue de l’hôpital Connaught, Mohamed Sinneh Kamara, tandis que le bilan officiel s’établit à 312 morts. Les chiffres communiqués par la Croix Rouge locale confirment bien le bilan officiel fourni par les autorités. Ce bilan pourrait encore s’élever, a confié à l’AFP, un porte-parole de la Croix Rouge, Patrick Massaquoi. Aux dernières nouvelles, la morgue centrale de Freetown évoque déjà le chiffre de 400 morts. Par ailleurs, la Croix Rouge fait état au moins de 600 personnes toujours portées disparues dont les autorités sierra-léonaises redoublaient d’effort pour tenter de les retrouver en vie.

Plus alarmiste, le ministre de l’Intérieur, Paolo Conteh avance le chiffre de milliers de disparus. Les équipes de secours étaient toujours mobilisées dans les quartiers de la capitale où les rues se sont soudainement transformées en rivières boueuses, avec des maisons, des voitures et d’autres objets emportés par des glissements de terrain. Les survivants, quant à eux sont confrontés à des conditions difficiles, s’est exprimée à l’AFP, Adèle Fox, coordinatrice santé pour l’ONG concern worldwide. « Il y a un besoin en nourriture, en eau, en équipements sanitaires et en aide médicale. Comme nous sommes toujours en saison des pluies, d’autres inondations sont encore possibles », prévient-elle. L’ampleur des dégâts est telle que le choc et la tristesse commencent à céder la place à la colère et l’indignation au sein des habitants de Freetown. « Il y a de la frustration par rapport à la régularité des inondations et des destructions pendant la saison des pluies », a remarqué Adèle Fox.

La position géographique en bordure de mer et la surpopulation de Freetown comptant environ 1,4 million d’habitants constituent des facteurs favorisant de façon récurrente les inondations qui surviennent avec leur lot de maladies telles que les dysenteries et le choléra notamment. Fréquemment, les habitations précaires sont détruites par les fortes pluies. Face à l’ampleur du désastre causée par ces catastrophes naturelles, le Sierra Léone, petit pays anglophone d’Afrique de l’Ouest et un des plus pauvres du contient voire du monde, a besoin d’une aide de la communauté internationale sans laquelle tous les efforts des Sierra-léonais eux-mêmes s’avéreraient de loin dérisoires. Un premier secours d’urgence est parti d’Israël et le Royaume Uni va lui emboîter le pas en proposant un soutien à son ancienne colonie, indépendante depuis 1961. Lors d’une visite dans le quartier de Regent, un des plus touchés de la capitale Freetown, le chef de l’Etat, Ernest Bai Koroma, très ému a reconnu les limites de son gouvernement à faire face à la situation. « Nous sommes débordés » par ce désastre a-t-il déclaré. L’ONU par la voix de son porte-parole, Stéphane Dujarric, a annoncé que « les représentants de l’ONU en Sierra Léone et ses partenaires humanitaires mènent des missions d’évaluation ». Et d’ajouter « qu’ils aident les autorités nationales dans les opérations de secours, à évaluer les habitants, à fournir de l’aide médicale pour les blessés, à recenser les survivants, et à fournir de la nourriture, de l’eau et des effets de première nécessité aux victimes ».

Le président guinéen Alpha Condé, et par ailleurs président de l’Union africaine s’est rendu mardi à Freetown pour apporter le soutien de son pays et de tous les africains au peuple Sierra-léonais. « A cette occasion, il a invité à la mobilisation des pays de l’Union du fleuve Mano (Côte d’Ivoire, Libéria, Sierra Leone et Guinée), de la Communauté économique des Etat d’Afrique de l’Ouest (Cédeao), de l’Union africaine, des Nations Unies pour venir en aide à ce pays frère » a plaidé à l’AFP, le ministre d’Etat et secrétaire générale de la présidence de la République, Naby Youssouf Bangoura. Pour joindre l’acte à la parole, « Il a profité de l’occasion pour remettre une enveloppe symbolique au nom de la Guinée en guise d’aide au président Koroma », a-t-il renchérit. Le Vatican n’est pas resté insensible car dans un message, à l’archevêque de Freetown, Charles Edward Tamba, le numéro deux de la papauté, le cardinal Pietro Parolin, a fait part de la « solidarité » du pape François « profondément attristé » par la catastrophe envers le peuple Sierra-léonais.Près de 150 personnes ont déjà été inhumés mardi soir à Freetown, complètement ébranlée par le deuil, selon Soulaiman Zaino Parker, un conseiller municipal de la capitale. D’autres enterrements vont suivre dans la localité proche de Waterloo où reposent des corps de personnes décédées lors de l’épidémie Ebola pendant laquelle beaucoup ont succombé en 2014, 2015 et 2016. « Nous avons commencé à inhumer une partie des corps mutilés ou en décomposition. Toutes les victimes auront droit à un environnement digne selon les rites musulmans et chrétiens », a-t-il déclaré.

 Moussa T. Yowanga

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Guemona 18/08/2017 18:56

Catastrophe naturelle d'un côté, Terrorisme de l'autre, le monde va mal. Nous compatissons avec la famille des victimes.