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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Les populations du Soudan du Sud étaient-elles prêtes à se séparer des soudanais suite au référendum d’autodétermination organisé du 9 au 15 janvier 2011 ? Cette indépendance obtenue le 9 juillet 2011, n’était-elle pas simplement la conséquence logique de fortes pressions internationales, surtout des Etats-Unis et de certains pays occidentaux ? Le président tchadien Idriss Deby Itno avait déclaré pendant le processus de cette scission que « les Soudanais du Sud sont en train de faire un mauvais choix qui les mènerait à une interminable guerre civile ».

Pourquoi les Soudanais du Sud ont-ils décidé de se séparer de leurs anciens compatriotes de la République du Soudan d’Omar Hassan El-Béchir ? Si John Garang, homme politique et militaire de son état n’était pas mort le 30 juillet 2005 avec 13 de ses compagnons dans un accident d’hélicoptère de retour d’une rencontre à Kampala, le Soudan du Sud serait-il entrain de sombrer dans une guerre civile, fratricide et meurtière d’aujourd’hui, entre partisans du président Salva Kiir et ceux de son ancien Vice-président Riek Machar ? Il y a autant des questions autour de ce conflit aux multiples dimensions essentiellement : politique, économique et ethnique entraînant ce pays dans une pente de plus en plus dangereuse, avec au moins 50 000 morts et plus de 2 millions de déplacés pour fuir les violences. La dimension politique du conflit s’explique par les rivalités au sein du régime issu de l’ex-rébellion sudiste, entre les deux têtes d’affiches évoquées ci-haut. Le facteur économique est l’une des causes de ce conflit entre frères ennemis, d’autant plus que les Etats pétroliers du nord du pays sont convoités par les deux camps.

La raison principale c’est que l’or noir compte pour au moins 90 % de l’économie nationale. Enfin, la dimension ethnique joue un rôle central dans ce pays où les divisions entre les Dinkas, la plus grande communauté, l’ethnie du président Kiir et les Nuers, celle de Machar sont très vives et profondesLoin de s’estomper cet interminable conflit continue d’endeuiller les familles et de pousser en exil tous ceux qui font l’objet de menaces et des exactions graves. Pire, un groupe d’experts onusiens de retour d’un voyage dans ce pays estime qu’un processus de nettoyage ethnique est en cours et qu’il subsiste un fort risque de génocide.

Aujourd’hui, la chance de trouver des solutions réelles et durables est dérisoire voire inexistante. La communauté internationale au premier rang desquels les Etats-Unis se sont investis pour un règlement définitif de ce conflit mais les belligérants n’ont pas su ou voulu réellement coopérer. Classé 42ème en terme de superficie avec 619 745 Km2 pour une population totale estimée à 12 530 717 habitants (Juillet 2016), le Soudan du Sud, le plus jeune Etat au monde est devenu en si peu de temps après son indépendance, un véritable champ de ruine où la disparition de son leader historique John Garang prouve qu’aucun des frères ennemis n’était préparé pour assumer un leadership au service de tous les soudanais du Sud. Le retour de la paix au Soudan du Sud ne pourra se faire ni avec le présent Kiir, ni  avec son ancien vice-président Machiar. Ils se sont disqualifiés et l’avenir de ce pays passe par d’autres personnalités.

 

Le mercredi 16 août 2017, l’Agence France Presse(AFP) avait annoncé dans un article que le nombre de Sud-soudanais ayant trouvé refuge en Ouganda voisin pour fuir la guerre civile dans leur pays a dépassé le million, a annoncé jeudi le Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), pour qui cette crise ne semble pas près de prendre fin. La guerre civile déclenchée en décembre 2013 a poussé en moyenne 1800 Sud-soudanais par jour à traverser la frontière vers l'Ouganda depuis un an, pour la plupart des femmes et enfants fuyant des « violences barbares », selon le HCR. Un million supplémentaire a trouvé refuge ailleurs dans la région. Mais c'est l'Ouganda - l'un des pays les plus pauvres au monde qui est le plus directement touché. Interrogé par le journaliste de l’AFP Bik Lum, chef du HCR à Arua, dans le nord de l'Ouganda, qui abrite Bidibidi, le plus grand camp de réfugiés au monde, avec ses 270 000 habitants déclare : «  Nous avons encore de nouveaux arrivants et nous ne voyons pas vraiment quand cela va prendre fin ».Selon cette agence française d’information, le nombre de réfugiés en Ouganda est comparable à celui des personnes pour la plupart syriennes qui ont fui vers l'Europe au plus fort de la crise des migrants en 2015.Deux ans et demi après son indépendance, le Soudan du Sud a plongé en décembre 2013 dans une guerre civile alimentée par la rivalité entre le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar.

 

Le conflit a fait des dizaines de milliers de morts, poussé 4 millions de personnes à fuir leur foyer, et rendu près de la moitié des 12 millions d'habitants dépendants de l'aide alimentaire. « Le nombre de Sud-soudanais déplacés et ayant faim est faramineux », indique Peter Maurer, le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).« L'échelle sidérante des souffrances est la preuve des effets cumulés de trois années et demie d'un genre de conflit qui apparaît destiné à causer la plus grande misère possible », estime-t-il. « La guerre ne devrait pas avoir un impact aussi direct sur les vies d'autant de civils. » L’auteur de ce reportage explique qu’en outre le million de Sud-soudanais ayant fui en Ouganda, au moins un autre million a trouvé refuge au Soudan, en Ethiopie, au Kenya, en République démocratique du Congo et en Centrafrique, selon des données de l'ONU. Deux autres millions de personnes ont été déplacées à l'intérieur du pays, sans l'avoir quitté. « Les nouveaux arrivants continuent de parler de violences barbares, avec des groupes armés qui brûlent des maisons avec des civils à l'intérieur, des gens tués devant des membres de leur famille, des agressions sexuelles sur les femmes et les filles, et des enrôlements forcés de garçons », décrit le HCR dans un communiqué. Il précise ses explications avec des donnés fournis par le HCR, qui eut estimé à 674 millions de dollars (576 millions d'euros) pour cette année seulement ses besoins pour aider les réfugiés d'Ouganda, mais n'a pour l'instant reçu qu'un cinquième de cette somme. En juin, le Programme alimentaire mondial (PAM) a dû réduire les rations pour les réfugiés du pays.

 

Les docteurs, infirmières et médicaments manquent aussi. La scolarisation est aussi très affectée. « Une classe normale comprend au moins 53 ou 55 étudiants. Mais en moyenne, une classe a 110 élèves pour un enseignant, sous le même toit », témoigne Simon Abukua, le directeur de la Ocea Primary School dans le nord de l'Ouganda. Même si la gravité de la situation ne peut être remise en cause, certains doutes ont été soulevés sur l'exactitude des chiffres. L’enregistrement des nouveaux arrivants est effectué par les services gouvernementaux ougandais. Mais depuis des mois, les travailleurs humanitaires se sont, en privé, inquiétés de la possibilité que le nombre de réfugiés soit volontairement gonflé. Pour Elizabeth Pfifer, la représentante en Ouganda de l'ONG américaine Catholic Relief Services (CRS), seul l'enregistrement biométrique des réfugiés, qui est prévu, pourra « effacer certaines incohérences et questions qui entourent les nombres réels », citant l'exemple de familles de réfugiés qui se sont enregistrées dans plusieurs endroits. En rappel, ce reporter d’AFP rapporte que l’Ouganda a longtemps été considéré comme l'un des pays au monde offrant l'environnement le plus favorable aux réfugiés. Il leur garantit la liberté de mouvement, le droit de travailler et un terrain sur lequel s'installer. Mais l'ampleur de la crise a eu un impact sur l'hospitalité des populations locales, qui ont commencé à durement ressentir la présence des réfugiés. Or ceux-ci semblent décidés à rester, aucune issue à la guerre ne se profilant à l'horizon. « Avec ce qu'ils m'ont fait (...), je ne me sens pas de rentrer », confie une réfugiée, Jasmine Ramadan, que seule l'émergence de nouveaux dirigeants pourrait convaincre de retourner dans son pays. 

Moussa T. Yowanga/Ahmat Zéïdane Bichara 

 

 

 

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