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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Reporters Sans Frontières informent l’opinion internationale à travers un communiqué de presse parvenu le mardi 29 août 2017 à notre Rédaction d’une série d’interpellations contre la presse en Mauritanie. Pour la troisième fois en un an, des journalistes ont été arrêtés et longuement interrogés par la police mauritanienne. RSF dénonce une tentative des autorités de renforcer leur contrôle sur la presse indépendante. Plusieurs dirigeants de principaux médias francophones privés du pays ont été convoqués parfois de façon musclée dans la journée du 25 août par les forces de sécurité mauritanienne, officiellement pour des accusations jugées « en lien avec la sécurité nationale ». Babacar Mbaye Ndaye, rédacteur en chef du site d’information Cridem et sa directrice administrative, Della Ba; Moussa Saby Sy directeur de publication du quotidien de Nouakchott et Jeidna Deida, fondateur du site d’information Mauriweb ont été interrogés par les hommes de la Brigade des crimes économiques sur leurs liens financiers supposés avec l’opposant en exil Mohamed Ould Bouamatou. Selon RSF, un quatrième journaliste, Ahmed Ould Cheikh, directeur de l’hebdomadaire Le Calame connu pour ses éditoriaux acerbes contre le gouvernement- était également recherché mais il se trouvait en déplacement à l’étranger au moment où la police était venue l’interpeller. Les policiers ont également interrogé les journalistes sur leurs articles évoquant le cas du sénateur Mohamed Ould Ghadde, le leader de la fronde contre la suppression du Sénat, emprisonné depuis le 11 août ou traitant de la très influente Société nationale industrielle et minière de Mauritanie (SNIM), dont les problèmes de gestion ont provoqué d’importantes grèves en 2015. Deux sujets sensibles pour les autorités mauritaniennes. Les journalistes étaient également soupçonnés d’avoir reçu des financements de l’opposant en exil Mohamed Ould Bouamatou et d’écrire sous sa commande. Cléa Kahn-Sriber, responsable du bureau Afrique de cette organisation de défense des journalistes eut déclaré que : « Nous condamnons ces méthodes d’intimidation à l’encontre des médias privés en Mauritanie ».

Elle ajoute : « Aujourd’hui, il est impossible de critiquer l’action gouvernementale sans être accusé d’être un opposant politique. Or le rôle d’un journaliste est d’informer, ce qui revient parfois à faire entendre une voix alternative. ». En 2017, la Mauritanie occupe la 55ème place au classement de la liberté de la presse établi par l’organisation RSF. Le blogueur Mohamed Cheikh Ould Mohamed, y est toujours détenu après avoir été condamné à mort pour blasphème, et ce, malgré ses rétractations et ses excuses officielles. Dans leur communiqué, les responsables de RSF rappelle que la liberté de la presse avait déjà été mise à mal en février 2016, après l’application d’une directive de l’Inspection générale de l’Etat interdisant à toute administration ou entreprise publique de publier de la publicité ou de prendre un abonnement auprès des journaux de la presse indépendante. Une mesure qui a eu pour effet d’asphyxier économiquement les médias privés, qui ont en général besoin des revenus publicitaires des structures publiques et parapubliques pour boucler leurs budgets. Le communiqué de presse de Rsf rapporte aussi le point de vue du président du Syndicat des journalistes mauritaniens, Mohamed Salem Ould Dah, qui s’est fait l’écho de la version officielle, assure que les journalistes n’ont pas été interpellés pour leurs activités professionnelles. En revanche pour Mamadou Sy, directeur de publication du journal Eveil Hebdo, et ancien président du Regroupement de la presse mauritanienne, il s’agit bien d’une tentative de décrédibiliser la presse auprès du public : « il s’agit de faire croire que la presse ne peut survivre que de façon corrompue. Le plus grave ici, est de montrer du doigt les journalistes pour savoir qui a écrit tel ou tel article ou quels sont les financements des journaux. C’est une atteinte à leur indépendance et à la liberté de la presse. »

 Ahmat Zéïdane Bichara

 

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