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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Du nouveau dans les colonnes de votre journal en ligne à partir d’août, une nouvelle chronique dédiée à l’entrepreneuriat féminin sera animée par une jeune femme dynamique d’origine gabonaise à découvrir dans cet entretien. Plus que jamais, la conjoncture économique à l’échelle mondiale pousse beaucoup de personnes, et notamment les femmes à faire le choix de la création d’entreprise. Un tel choix s’explique généralement par le chômage de masse, la nécessité de reconversion professionnelle et le besoin de l’indépendance entre autres. Investies dans l’économie dite informelle, beaucoup de femmes africaines ont besoin d’être accompagnées, conseillées et informées tout simplement pour devenir de véritables opérateurs économiques susceptibles de contribuer au développement de leur pays respectif. Cette nouvelle chronique se veut donc une tribune d’échanges d’idées et d’expérience, de promotion des projets et de mise à disposition d’informations utiles et fiables pour valoriser et amener les femmes à mieux appréhender la problématique de l’entrepreneuriat et d’en tirer le meilleur profit. A travers cette chronique, la Rédaction entend mettre au cœur du débat un aspect de l’économie peu ou prou connu par le grand public qu’est l’entrepreneuriat féminin. Qui mieux que Meyia Ntolo, l’animatrice de la chronique elle-même soit placée pour en parler aux lecteurs.      

                            (Photo recommandée par Meyia Ntolo)

Regards d'Africains de France: Merci d’avoir accepté cet entretien qui va traiter de l’entrepreneuriat féminin. Un concept qui est en vogue depuis les années 2010. D’emblée, dites-nous comment êtes-vous arrivée à vous intéresser à cette problématique ? 

Meyia Ntolo: Bonjour ! Je suis ravie aujourd’hui de traiter de la problématique de l’entreprenariat féminin africain. Je suis moi-même entrepreneure, femme africaine, ayant vécu en Afrique. Si vous voulez, l’aventure à commencer par l’ouverture d’une page Facebook et d’un blog où j’avais pris l’initiative de proposer aux femmes de petites formations, des publications autour de la vie en entreprise pour leur prodiguer des conseils, des publications autour du concept de développement personnel pour les aider dans le cadre de leur développement professionnel. Le blog a évolué en association. Pourquoi en association ? Parce que l’objectif aujourd’hui est de pouvoir faire bénéficier à un grand nombre de femmes, des formations à bas coût et d’un accompagnement à moindre coût également. Aujourd’hui, l’entrepreneuriat féminin est le plus élevé en Afrique de l’ordre à peu près de 23 à 27 %. Malheureusement, on retrouve les femmes dans le secteur informel pour plusieurs raisons : principalement par manque de financement, de formation et d’informations ; Vous avez également la fiscalité qui rebute un peu les femmes. Face à ce constat-là, aujourd’hui l’Association « L’Africaine Femme Entrepreneure » a pour objectif donc de promouvoir un entrepreneuriat formel auprès de femmes, leur proposer de formations portant sur différentes thématiques axées autour principalement de la création et de la gestion d’une entreprise. Elle a aussi pour objectif d’accompagner les femmes dans le cadre de leurs projets de création en entreprise. En termes d’accompagnement, nous avons mis en place un parcours, qu’on appelle parcours création d’entreprises qui dure 6 à 7 mois et qui permet à toute femme qui a un projet de création d’entreprise d’être accompagnée uniquement sur l’aspect théorique, donc dans la mise en place du business model.

 Votre parcours personnel vous a-t-il conduit à cela ? Pourriez-vous revenir un peu sur vos études et votre parcours professionnel ?

Comme études, j’ai fait de la micro-électronique à la base avec un baccalauréat réalisé au Gabon. Ensuite, après mon Bac, je suis arrivée en France en 2003 où j’ai fait de la micro-électronique, avec comme spécialité la physique, précisément la physique des matériaux. Ensuite, j’ai obtenu successivement un Master 1 en micro-électronique et un Master 2 en Management administration des entreprises. Déjà via ce deuxième Master, j’ai commencé à goûter à l’entreprise sous une autre forme par l’intermédiaire des matières comme la comptabilité ,le marketing, pour ne pas citer que ces matières-là. Le système d’informations également et ensuite, j’ai bifurqué un tout petit peu, surtout sur l’aspect système d’informations, notamment sur le progiciel SAP qui est un progiciel de gestion, un logiciel qui est aujourd’hui utilisé dans pas mal des gros comptes, dans pas mal de grandes entreprises et qui gère tous les différents processus métiers d’une entreprise. Cela gère donc la comptabilité, la logistique. Vous avez à la fois un module gestion des projets, un module pour les achats, un module pour les approvisionnements. La particularité de ce progiciel, c’est que c’est une sorte de grosse base de données qui rassemble l’ensemble d’informations provenant des différents départements d’une entreprise. Voilà donc mon parcours. On peut dire que rien ne me prédestinait à l’entrepreneuriat. C’est venu au fil de différentes expériences. Quand j’étais étudiante, je donnais des cours particuliers en Maths aux enfants et on peut dire de fil en aiguille, ça été une activité que j’ai beaucoup aimée. Identifiant un besoin clair, j’ai entrepris de me mettre à mon propre compte au cours de cette activité-là. On peut dire qu’à partir de cette activité-là l’aventure entreprenariale à commencer. Ensuite, au fil des années, au fil des mois j’ai essayé au travers des formations d’asseoir un peu la connaissance de ce que c’est créer une entreprise. Comment crée-t-on une entreprise, quelles sont les connaissances requises, quelles sont les compétences à acquérir ? Ainsi, j’ai eu donc la possibilité de suivre différentes formations, d’être accompagnée. Aujourd’hui mon objectif est de pouvoir transmettre aux jeunes femmes qui sont en Afrique toute la connaissance que j’ai acquise en étant ici.

Quand on parle de l’entreprenariat féminin, qu’est-ce que ça sous-entend clairement pour vous?

L’entreprenariat féminin, on va décomposer les mots, entreprendre c’est prendre l’initiative de réaliser quelque chose. Ce n’est pas toujours en lien avec la création d’entreprise. Même si aujourd’hui, on l’utilise dans le cadre de création d’entreprise. En fait, quand on parle d’entrepreneuriat, on parle d’initiative. Quand on parle d’entrepreneuriat féminin, on parle d’initiative émanant de femmes. Et quand on parle d’entreprenariat des femmes africaines, c’est l’entrepreneuriat des femmes simplement.

Vous avez soulevez un problème assez prégnant par rapport aux difficultés qu’éprouvent les femmes à obtenir des financements. C’est un problème réel en Afrique pourtant on évoque de plus en plus le financement participatif comme une alternative. Est-ce pour vous, la panacée pour régler l’insuffisance ou le manque de financements de banques traditionnels en faveur des femmes ?

Je vais plutôt dire que c’est l’une des solutions qui est aujourd’hui utilisée pour financer des projets. Concrètement en quoi consiste-t-il ? Le financement participatif fait référence au crownfunding. Je pense que c’est un moyen de financement qui est totalement accessible aux femmes aujourd’hui, notamment aux femmes africaines. Comment ça marche ? Vous sélectionnez une plateforme, aujourd’hui, il en existe beaucoup de manières, en général ici en Europe, mais il en existe aussi pour l’Afrique à destination de l’Afrique. Il existe des modèles qui ont été créés par des Africains. C’est une façon tout simplement de présenter son projet à des inconnus dans la mesure où votre projet plait. Si ces personnes-là sont convaincues de votre projet, si elles ont confiance en vous au vu de ce projet que vous leur présentez, ces personnes donnent de l’argent. Selon la plate-forme, ce don peut donner lieu à une contrepartie ou pas. Aujourd’hui, c’est vrai que c’est un moyen de financement qui n’est pas très utilisé mais qui n’est pas forcement connu par les femmes en Afrique. Aujourd’hui en Afrique, les femmes se financent soit par elles-mêmes soit par l’intermédiaire de la tontine qui est très à la mode. On peut dire que c’est typiquement africain. Cela fait partie de la culture africaine. Mais c’est vrai qu’aujourd’hui en Afrique, il est très difficile de manière générale pour une femme de se voir octroyer un crédit.

Pour créer une entreprise, il faut une idée et pas seulement. Il faut aussi les moyens, mais en général en Afrique, il peut y avoir également d’autres problèmes. Par exemple les préjugés. Est-ce que vous percevez ces difficultés et comment faire pour que les femmes africaines parviennent véritablement à se lancer dans le processus de création d’entreprise et d’emplois ?

Les femmes africaines entreprennent depuis longtemps ? Malheureusement une grande partie dans le secteur informel. Les femmes africaines entreprennent et sont reconnues pour être un des moteurs de développement du continent africain. Aujourd’hui, c’est indéniable. Voilà pourquoi aujourd’hui vous avez beaucoup d’organismes qui s’attèlent à promouvoir la femme africaine, à financer des projets qui visent à aider les femmes à se mettre à jour, on peut le dire ainsi. Bref, les femmes entreprennent. Après, effectivement la culture fait qu’elles n’ont pas la même position. En Afrique, une entreprise créée par un homme aura plus de poids, sera plus reconnue que celle créée par une femme pour diverses raisons. Cependant, tout le monde s’accorde à dire que les femmes africaines sont des femmes entreprenantes et créent des entreprises. Il existe une économie informelle qui est existante paradoxalement, elle a autant de poids que l’économie formelle mais elle est moins considérée que l’économie formelle. Cependant intégrer les activités informelles dans l’économie formelle a des inconvénients pour les femmes car dans l’informel administrativement vous n’êtes pas connues, si vous voulez signer des partenariats avec des entreprises en Europe vous ne pouvez pas le faire car vous n’êtes pas déclarées. Donc, il n’y a même pas des freins à l’entrepreneuriat de l’économie féminine. En fait, par rapport aux problèmes que rencontrent les femmes, malheureusement beaucoup d’entre elles sont demandeuses d’emploi, beaucoup sont citées parmi les plus illettrées en Afrique. La culture africaine fait aussi que certaines d’entre elles ont aussi du mal à se déployer. La culture africaine est aussi un frein au développement des femmes mais aujourd’hui la nouvelle génération essaie justement de tirer ces femmes vers le haut, celle-ci essaie de montrer qu’il est tout à fait possible en tant qu’une femme africaine vivant en Afrique de subvenir à ses besoins, de gagner sa vie de manière digne, tout simplement. Notre objectif aujourd’hui est de pouvoir nous adresser aux jeunes femmes, de leur dire qu’il est possible tout à fait de créer son emploi ou son entreprise. Il suffit juste de s’en donner les moyens,  d’être rigoureuse et d’avoir la détermination et simplement d’y aller. Il ne faut pas aussi perdre de vue les freins qui peuvent limiter la création d’entreprise. Ces freins peuvent être le manque de financement, car beaucoup de femmes ont des projets mais n’ont pas de financement, le manque de formation. Aujourd’hui il y a des incubateurs qui accompagnent mais toutes les femmes n’ont pas connaissance de leur existence. Il y a donc un travail d’information à faire de la part de l’Etat envers les femmes mais aussi aller les chercher dans les marchés, dans les bureaux et dans les quartiers  pour  les aider à réaliser leur projet.

Vous parlez de formation, j’entends bien. Mais que pensez-vous de ces milliers de femmes qui n’ont jamais été à l’école et pourtant, elles sont toutes aussi entreprenantes ? Que faites-vous pour cette catégorie de femmes très nombreuses en Afrique ?

Du coup cela fait référence aux femmes qui sont majoritaires dans les zones rurales, dans les villages, dans le domaine agricole. Beaucoup d’entre elles effectivement, n’ont pas été à l’école, n’ont pas suivi de formation, mais ce sont des femmes qui apprennent sur le tas, elles se débrouillent. Après, la formation permet de formaliser son travail, permet de formaliser son entreprise, permet aussi comme je le disais d’avoir accès à des marchés auxquels on ne peut pas y accéder  quand on est dans l’informel. La formation permet de se développer, elle permet aussi aux femmes de développer leur business, la formation permet aussi aux femmes d’avoir une certaine posture vis-à-vis de l’homme. L’Objectif n’est pas de se monter contre l’homme. Mais je pense que la connaissance vous permet d’avoir une certaine stature, d’avoir une certaine autonomie. Surtout la connaissance vous aide dans le cadre de l’entrepreneuriat de développer votre business. Il suffit de comparer les femmes qui ont suivi de formation à celles qui n’en ont jamais suivie. En fait, il faut comparer en termes de secteurs. Soit elles ont appris sur le tas, puisqu’il existe beaucoup de femmes qui apprennent sur le tas. Car les femmes sont très habiles et très agiles de mains, soit elles apprennent très facilement de façon formelle et académique. Je crois qu’une femme instruite quand même aura un certain avantage par rapport à celle qui n’a pas de connaissance. Celle qui n’est pas formée va être limitée à un certain niveau comme l’accès à des marchés, à des partenaires, l’accès à des clients. Aujourd’hui, nous sommes à l’ère du digital, quand vous créez votre entreprise, au moins d’avoir une page Facebook de manière à vous faire connaître. Aujourd’hui en Afrique il existe des femmes qui créent leurs business et arrivent à avoir majoritairement leurs clients sur Facebook. Vous prenez une femme qui est au village dans le milieu rural, elle sera limitée par rapport à une femme qui habite dans les zones urbaines qui a été formée et a une connaissance du digital des réseaux sociaux. Elles ne sont pas sur le même piédestal, même s’il est clair que les femmes rurales gagnent aussi de l’argent au même titre que les femmes des zones urbaines. Mais elles ne sont pas mises sur le même piédestal.

Vous parlez de la santé financière de la femme c’est-à-dire comment une femme, elle-même peut se prendre en charge ? A mon avis, cette liberté financière est un  couteau à double tranchant. Autant la femme peut bien participer par exemple à la charge de son foyer, autant cela peut aussi constituer une source de conflits au sein de son foyer. Qu’en pensez-vous ?

(Rire). C’est une histoire d’orgueil et de culture. La culture africaine fait que la femme doit être dans le foyer, s’occuper des enfants. On la considère comme un être inférieur à l’homme. Du coup la culture africaine a intégré dans le système de penser des gens que l’homme est supérieur à la femme et que la place de la femme est dans le foyer, s’occuper des enfants. Mais aujourd’hui ce n’est plus le cas, on est en 2017, les femmes travaillent, il y a des femmes indépendantes. Après, tout est une histoire de culture mais aussi d’éducation. Si je suis une femme africaine, suis mariée et gagne plus que mon mari ; pour ma part, mes valeurs chrétiennes font que j’ai le devoir de respecter mon mari même si je gagne plus. C’est une histoire aussi d’accord, d’amour entre la femme et le mari car même quand on gagne plus et qu’on aime quelqu’un, on va essayer de ne pas mettre cette personne mal à l’aise. Mais je pense qu’une femme africaine qui gagne de l’argent c’est une valeur ajoutée. Généralement, le premier souci des femmes africaines, c’est d’abord leur famille. Il y a des études qui ont montré que les premières dépenses d’une femme africaine sont consacrées pour ses enfants, pour sa famille. Même si elle crée une entreprise, l’argent qu’elle va avoir, c’est d’abord pour son foyer. C’est donc  une valeur ajoutée pour son mari. Aujourd’hui, on est en 2017, je pense que c’est révolu le genre de foyer où c’est uniquement le mari qui apporte de l’argent donc je pense que ça soulage aussi l’homme et celui-ci a tout intérêt que sa femme travaille pour le soulager mais aussi il est agréable d’avoir une femme agréable, épanouie, une femme cultivée avec qui on peut avoir des conversations en dehors de l’enfant, du foyer. Donc, je pense que ça peut être une valeur ajoutée. Normalement la femme est censée être une aide. Donc, l’homme a tout intérêt à ce que sa femme soit éduquée, soit formée, soit indépendante financièrement pour l’aider lui à se réaliser aussi. Faudrait donc voir les choses ça, ne pas voir comme un obstacle, mais plutôt comme un avantage. Je pense que c’est l’orgueil de l’homme Africain.

De par votre expérience, quels sont les secteurs d’activité porteurs en Afrique ?

Je n’ai pas cette expertise. Et je n’ai pas connaissance de tous les secteurs porteurs aujourd’hui en Afrique mais je sais que les secteurs où on retrouve beaucoup de femmes, c’est le secteur du commerce, de service à la personne, de l’exportation, le secteur de la cosmétique dans lequel les femmes africaines sont de grandes consommatrices. Les femmes africaines attirent même les marques internationales qui sont en train de réfléchir comment s’implanter en Afrique  pour essayer de répondre aux besoins des femmes africaines et s’adapter à la culture africaine. Aujourd’hui, Je n’ai donc pas connaissance de secteurs porteurs types pour les femmes mais je sais ceux dans lesquels on les retrouve.

Pour finir, quels conseils donneriez-vous aux jeunes filles qui veulent créer leur entreprise et à celles qui sont encore en réflexion ?

La création d’entreprise n’est pas faite pour tout le monde, tout le monde ne peut pas être chef d’entreprise. Toutes les femmes n’ont pas la carrure et la posture pour être chef d’entreprise car au-delà d’avoir une idée de créer une entreprise. C’est aussi avoir un mental très fort, savoir surmonter les obstacles, savoir persévérer, savoir se mettre en question. C’est une question de mentalité, de connaissance c'est-à-dire de formation. Mais je pense que, pour celles qui ont des projets ne vous précipitez pas, la précipitation est mauvaise conseillère. Vous avez une idée vérifiez via une étude de marché si vos idées répondent à un besoin. Vérifiez ce qui se fait déjà, qui sont vos concurrents, quelle est leur cible et une fois que vous aviez réfléchi sur votre marché, essayez de savoir comment arriver sur le marché de manière différente, réfléchissez à votre avantage concurrentiel et à vous différencier. Je m’adresse particulièrement aux femmes africaines en Europe et qui veulent investir en Afrique. Il est important de prendre connaissance de la culture africaine, car vous n’allez pas proposer un projet de la même manière qu’en Afrique. Il y a des réalités différentes, des mentalités différentes. Il faut bien étudier le marché, bien étudier le secteur. Sur cette base-là, bien penser, mûrir son projet et puis après ne pas hésiter à se faire accompagner, se former, être rigoureuse et vraiment avoir de la volonté. Parce que quand on est porteur de projet, il faut déjà croire à votre projet, car personne ne croira à votre place. Si vous-même n’êtes pas convaincue, vous n’allez pas convaincre les autres. Il faut être humble et écouter aussi des conseils, savoir se remettre en question, remettre son projet en question et être à l’écoute du marché, des conseils des gens et ne pas rester dans son coin. Il faut favoriser les événements, les forums pour rencontrer d’autres entrepreneurs, des investisseurs et parler à des personnes bien spécifiques comme des spécialistes. Voilà les conseils que je peux donner à celles qui veulent créer leurs entreprises. Ensuite pour celles qui sont en réflexion, intéressez-vous à l’entreprenariat, comment créer une entreprise, quelles sont les notions à connaître, quelles sont les connaissances à avoir ? Intéressez-vous à vous-même aussi, car on ne crée pas comme ça une entreprise. Vous avez forcément peut-être vous même des causes vous tiennent à cœur, des compétences. On peut vivre à partir d’un centre d’intérêt. Vous avez des femmes parfois qui aiment faire la couture et cela peut partir d’une passion, d’un centre d’intérêt. Voilà pourquoi je vous dis de vous apprendre à vous connaître, apprenez à connaître ce que vous aimez faire et essayez de faire  et si ce que vous aimez faire ne répond pas à un besoin ou éventuellement peut susciter un besoin, cela peut être possible. Mais, la création d’entreprise, c’est comme un palliatif à la création d’emplois. Aujourd’hui, on retrouve beaucoup de femmes africaines sans emploi. Il est très important de promouvoir l’entrepreneuriat en Afrique et je crois que les gouvernements africains pèchent à ce niveau-là. Il n’y a  pas assez de séances d’informations, il n’y a pas assez aussi d’ateliers autour d’entrepreneuriat, autour des secteurs porteurs. Il n’y a pas assez de politique pour encourager et favoriser l’entrepreneuriat auprès des jeunes (N.D.L.R jeunes filles). Je ne sais pas s’il existe de fonds africains à destination des porteurs ou porteuses de projets. Donc, intéressez-vous, informez-vous, surtout à celles qui n’ont jamais pensé à l’entrepreneuriat et puis essayez de voir dans votre personnalité si c’est une aventure que vous pouvez essayer de vivre. Parfois on n’a pas la carrure, mais on peut s’entourer de bonnes personnes, qui elles, ont des connaissances, des compétences que vous n’avez pas. Il est donc important de s’y s’intéresser. Les femmes africaines valent bien, elles ont juste besoin d’être motivées, accompagnées, valorisées. Je suis vraiment une Afro-féministe et je le revendique fermement. A mon niveau, à mon petit niveau j’essaie de travailler pour valoriser les femmes, pour essayer d’aller chercher ce que moi j’appelle de pépites d’or et les révéler, car il y a beaucoup de femmes qui ont des compétences, des connaissances et qui ne sont pas connues. Il existe beaucoup de femmes qui ont de bons projets, mais qui n’arrivent pas à se déployer ou à se révéler. Et moi mon travail à travers mon association « Africaines femmes entrepreneurs » est justement, d’aller chercher ces femmes-là pour travailler avec elles. Il y a tout un travail de développement personnel à faire en Afrique. Car la culture a enfermé les femmes dans un cocon où elles ont vraiment  du mal à sortir ou à regarder à elles-mêmes, elles ont vraiment du mal à faire valoir ce qu’elles savent faire, ce qu’elles peuvent faire, ce qu’elles valent véritablement au-delà  de ce à quoi on veut les enfermer. Bref, il y a tout un travail à faire sur la personne de la femme africaine et je vais essayer avec mon équipe à révéler ces guerrières, ces femmes dignes, travailleuses pour qu’enfin nous pouvons relever notre image de notre continent qui est l’Afrique.

Propos recueillis par Moussa T. Yowanga

 

 

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