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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Les mots ou les discours prononcés par des grands hommes comme le défunt pasteur noir Martin Luther King, Nelson Mandela ou d'autres défenseurs des Droits Humains d’origines africaines, ont une portée  d'une très grande valeur et force de vitesse, pouvant atteindre leurs cibles quel que soit la ville ou le pays où elles résident. C’est ce que prouve avec suffisance le discours du secrétaire général de la Convention Tchadienne pour la Défense des Droits de l’Homme(CTDDH), Mahamat Nour Ahmed Ibedou qu’il a prononcé le samedi 13 mai 2017 lors d’une conférence donnée par son organisation au Centre culturel Al-Mouna de N’Djaména au Tchad. Le secrétaire général de la CTDDH déclare sans peur dès le début de son intervention d’un ton grave : « Comme nous l’avions prédit depuis longtemps, le Tchad a atteint le summum de la catastrophe et cela dans tous les domaines de gouvernance : politique, économique et sociale. Ceci est d’autant plus remarquable qu’en ce moment, notre pays a perdu tout repère : une économie en lambeau, une administration inexistante et surtout une politique sociale basée sur la planification systématique d’une misère destinée à asservir une population qui continue à souffrir le martyr depuis 1990 ».

 

D’après la presse locale et internationale, monsieur Mahamat Nour avait insisté qu’en plus de l’accaparement de toutes les richesses nationales à son profit propre et à celui exclusif de ses parents, l’actuel président tchadien Idriss Deby Itno a réussi à fabriquer au Tchad une classe minoritaire de maîtres composée des membres de son clan et de sa famille et une classe majoritaire de serviteurs composée du reste des tchadiens qu’il s’était évertué à affamer pendant 27 ans. Il insiste toujours dans sa déclaration avec un autre ton révélateur que comme si cela ne suffisait pas, sa police politique l’ANS (Agence Nationale de Sécurité) viole quotidiennement les Droits de l’homme en enlevant nuitamment des citoyens chez eux, en les incarcérant dans des geôles occultes, en les torturant et parfois en les éliminant physiquement.

 

Mahamat Nour Ahmed Ibedou drapé d'une peau du défenseur des Droits Humains met en exergue tout ce que les Tchadiens subissent, ses compatriotes qu’il a décidé de défendre leur cause depuis déjà plusieurs années en leur révélant,surtout  à l’opinion internationale que la paranoïa de leur président Idriss Deby Itno vers la quête du pouvoir absolue pour lui et ses parents est tellement accentuée qu’elle en arrive à être pathologique. C’est ainsi qu’il n’a pas hésité à verser dans la démesure en proposant de manière unilatérale, la prolongation du mandat d’un parlement déjà illégal depuis 2015 ; mieux, il ne s’était même pas gêné pour faire prendre des lois liberticides qui s’attaquent à des Droits fondamentaux tel que le Droit de grève. De même, Il continue à interdire systématiquement toute action citoyenne et à réprimer dans le sang toute tentative de marches pacifiques ; violant constamment tous les droits constitutionnels et les libertés fondamentales des citoyens. « Comme si tout cela ne suffisait pas, Toutes les forces dites de l’ordre à savoir la police, la gendarmerie, la garde nationale et l’armée sont toutes dirigées par ses proches parents et les derniers événements de Miandoum, d’Abéché, Ngueli, Mongo et plus récemment Goré ont démontré à suffisance que tous ces corps sont constitués pour protéger systématiquement ses parents en cas de belligérance avec les autres groupe ethniques du Tchad »,attire-t-il l’attention des Tchadiens et des étrangers vivants au Tchad.

 

Les journalistes tchadiens ont surtout mis l’accent sur la partie du discours du secrétaire général de la CTDDH sur la récente barbarie illustrée par le lâche assassinat d’une dizaine de prisonniers en voie de transfèrement à 55 kilomètres de N’Djamena nous démontre que la vie d’un parent de Deby équivaut à la vie de dix des autres tchadiens. Car la CTDDH par le biais de son secrétaire général croit que tous ces agissements se déroulent dans l’indifférence internationale mais surtout sous l’œil bienveillant de la France, qui ne se contente pas seulement d’encourager ces dérives dictatoriales mais apportes-en plus à Idriss Deby Itno, un soutien actif et multiforme ; tous les tchadiens et avec eux le reste du monde savent désormais que sans l’ancien gouvernement français de François Hollande, le pouvoir de Deby n’aurait pas survécu jusqu’aujourd’hui. « Notre pays étant toujours considéré du point de vue des responsables français comme une zone militaire, il est donc géré par le ministère de la Défense Français ; ce qui fait que quand il y’a un problème au Tchad, c’est les responsables du Ministère de la Défense et les milieux militaires qui sont les premiers consultés et leurs avis sont souvent déterminants dans les prises de décision concernant notre pays.

 

Il convient de noter au passage que l’actuel chef de département français de la Défense est devenu pour l’occasion le principal protecteur et parrain d’Idriss Deby auprès du gouvernement français ; pour les autorités de la puissance colonisatrice, le mot Tchad rime avec zone militaire ce qui fait qu’elle en arrive jusqu’à oublier parfois qu’il existe des êtres humains qui y vivent », estime-t-il clairement. En ouvrant une seconde parenthèse en parlant toujours de la France,l’un des hommes forts de la CTDDH constate que lorsque le président français se rend dans des pays africains représentant des relais de croissance économique certains comme la Cote D’ivoire, l’Afrique du Sud ou le Nigeria, il est toujours accompagné par une escouade d’hommes d’affaires et on y parle, investissements et économie dans des partenariats à peu près gagnants, gagnants. A l’inverse, quand un chef d’état français arrive dans notre pays, il est toujours accompagné du Ministre de la Défense ou du chef d’état-major des armées française ; Idriss Deby qui a compris le parti à tirer d’une armée nombreuse et opérationnelle en cette période de lutte contre le terrorisme s’est rapidement érigé en relais commode de la France pour l’influence de laquelle il a sacrifiés beaucoup de vies humaines tchadiennes ; des chaires à canon dont les veuves et les orphelins abandonnés à eux-mêmes en sont réduits à mendier dans les ronds point de N’Djamena. Malgré qu’il soit dure à l’égard de l’ancien régime français de François Hollande, le secrétaire général de la CTDDH a réussi vers la fin de sa longue déclaration en ayant un regard positif sur le peuple français qui reste toujours attaché selon lui, aux valeurs héritées de la révolution française continue à mériter leur respect .

 

Ainsi conclut-il son discours par cette note:« Nous savons que ce peuple possède une opinion à travers certaines des représentations progressistes qui incarnent les valeurs universelles que doit faire sienne toute société humaine qui se respecte. ; nous sommes convaincus que le gouvernement français de François Hollande n’avait jamais réussi à dire la vérité au peuple français concernant sa politique en Afrique ; C’est ainsi que lorsque nous avions eu l’immense privilège d’assister à l’université d’été du parti d’Europe Ecologie Les verts de 2013 à l’Ille, nous avions d’abord été édifiés par le climat de fraternité et de considération de la personne humaine qui y régnait , ensuite par les différents discours qui y étaient tenus. Dans la salle, la spoliation de l’Afrique par le gouvernement français à travers les multinationales qui soutiennent des chefs d’état Africains corrompus, les déversements des déchets toxiques sur le sol du continent ; l’exploitation à outrance du sous-sol africain par les multinationales à moindre frais et souvent sans acquittement de leurs obligations fiscales était dénoncés avec virulence par les intervenants. Nous saluerons toujours l’attitude de ceux des français (majoritaires du reste) qui respectent les Africains et qui pensent qu’en tant qu’êtres humains, nous avons aussi le droit à une dignité et l’accès au bien être comme tous les autres. »

Ahmat Zéïdane Bichara

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