Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

Géo-localisation

Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

A chaque fois qu'une organisation voit le jour, se structure, quelque temps après, elle commence par agoniser par les différents calculs malsains et malhonnêtes et finit par mourir de sa belle mort. Tant que certains individus n'ôtent pas de leur tête le culte du chef, cette fâcheuse tendance à vouloir tout contrôler et piloter même si au demeurant, ils n'en ont ni les moyens intellectuels ni les qualités humaines pour le faire. Ils sont tous simplement mus par cet instinct qu'ils ont développé pour je ne sais quelle raison, à vouloir tout régenter. Comme si nous les autres avons été prédestinés pour le suivisme et finalement dévoués à les aider dans leurs quêtes d'ascension sociale par la ruse et le mépris de l'immense majorité des Tchadiens qui, croient naïvement à ces imposteurs.

Pourtant, les organisations de la société civile et autres regroupements à caractère politique pullulent au Tchad depuis un certain temps. Parmi ces organisations, certaines meurent dans l'œuf, d'autres se laissent gagner par l'inertie à l'image du pays qui agonise chaque jour un peu plus. Cette prolifération créé une déperdition d'autant plus que les objectifs fixés par ces organisations sont identiques, à peu de choses près. Toutes sans exception appellent à l'alternance politique et pour l'ancrage d'une démocratie basée sur la justice sociale qui fait cruellement défaut actuellement dans notre pays. Un pays riche mais très mal géré par un pouvoir autoritaire qui use de la démocratie pour la décontenancer davantage. Cette situation qui ne favorise pas l'épanouissement de la société civile, la multiplication de celle-ci ajoute à l'inaudibilité et l'écrasement voulus et entretenus par le régime.

Au lieu que cette diversité soit une force, elle est au contraire un chaînon faible qui se casse à chaque fois que la marée du musellement monte. Ceci, s'explique très aisément par l'incapacité de différents acteurs Tchadiens de la société civile ou par ceux qui se définissent unilatéralement comme tels, à s'accorder sur une stratégie commune forte et immuable. Chaque individu, dans ces différentes organisations feint de donner l'impression d'une ouverture qui, en réalité n'en est pas une. Dans ce jeu malsain de qui sera le plus fourbe pour tirer la couverture à lui, se dégage des manigances machinalement orchestrées pour se positionner. En dépit de ce tableau noir, il reste encore dans ce peuple des bribes d'espoirs qui ne demandent qu'à être réveillés. Pour cela, il faut renouer avec la sincérité, essayer de l'ériger comme un baromètre de cette lutte citoyenne de conscientisation. Il faut en finir avec la promotion de l'individualisme, faire une place belle à l'ouverture d'esprit en dépassant les clivages quels qu'ils soient car le Tchad dépasse toutes ces fixations imaginaires ou réelles, mais pour le moins nuisibles à l'élévation de la nation dans l'optique de la reconquête de sa dignité. C'est à ces conditions et seulement à ces conditions que nous arriverons à recréer une synergie, pièce de minerve d'une lutte dont les composantes sont hétéroclites.

La question qui m'obsède sur cette surenchère élitiste est la suivante : se positionne-t-on par rapport à qui et pour quel but ? A ces deux interrogations, mes réponses ne sauraient être complètes dans la mesure où, j’ai toujours pensé qu'en cherchant à brader une cause érigée et considérée comme nationale par et pour des intérêts égoïstes, on aura que des effets pervers qui impacteront négativement la lutte. Et c'est le cas actuellement. On a fait plusieurs bonds en arrière depuis quelques mois en nous focalisant sur des bisbilles intestines de seconde zone comparativement à l'immensité de la tâche sensée être la nôtre, reléguée fort malheureusement au second plan. Chaque individu veut paraître indispensable pour lui-même, mais en instrumentalisant la lutte, présentée souvent comme le dernier recours ou sursaut patriotique de contestation politique, en réalité cette lutte sert de marchepied voire d'estrade à des ambitions personnelles revêtues d'un élan patriotique qui s'effrite dès lors, qu'on creuse un temps soit peu pour comprendre. Toutes ces feintes font l'affaire du régime dictatorial qui gagne à voir la lutte confisquée par des individus d'un égoïsme sans pareil, sur fond d'ambitions personnelles à peine voilée. Le pire dans tout ça, est que beaucoup croient à ces individus sans sourciller, c'est tout de même problématique. Le fait d'avoir à mener la lutte sur plusieurs fronts devrait constituer indéniablement une force, mais pour nous les Tchadiens, c'est une faiblesse et un échec annoncé.

De par l'expérience accumulée ce temps dans la lutte politique, je serais enclin à décréter ici et maintenant que les Tchadiens ne sont pas matures pour s'organiser ou se mettre ensemble dans une grosse structure pour défendre leurs droits d'une même voix. C’est presque impossible, je dirais même rédhibitoire au regard de toutes ces fourberies et égoïsmes de certains qui veulent toujours que la lumière soit braquée sur eux. On a une jalousie, une aigreur telle que, il nous est difficile de nous mettre d'accord sur une stratégie globale afin d'aider notre peuple qui souffre à reprendre espoir à la vie et en la possibilité d'une alternance politique. C'est à se demander, finalement si nous sommes vraiment faits pour vivre ensemble ?

Tahirou Hisseine Dagga, correspondant spécial

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article