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France

 

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Moussa T.  Yowanga

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 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

« Quand le vin est tiré, il faut le boire », indique un proverbe populaire que le monde des humains apprend de générations en générations. Il veut tout simplement dire qu’il faut aller au bout d’une affaire dans laquelle on s’est engagé. C’est exactement la même chose avec l’affaire d’ex-président tchadien Hissein Habré, dont sa condamnation à perpétuité pour crimes contre l’humanité a été confirmée le jeudi 27 avril 2017, verdict rendu à l’issue de son procès en appel devant un tribunal spécial africain siégeant à Dakar, la capitale du Sénégal.

D’Après les commentaires des journalistes sénégalais, son procès reste pour le moment le premier au monde dans lequel un ancien chef d'Etat africain est traduit devant une juridiction d'un autre pays pour violations présumées des droits de l'homme. Certes, ce jugement ne pourrait évidemment pas répondre à l’attente de beaucoup de Tchadiens qui aimeraient que le monde applique à l’égard d’Hissein Habré cette sentence qui stipule : « qui tue par l’épée, mourra par l’épée ». Mais, hélas ! Cet ancien homme fort du Tchad ne sera pas tué par l’épée, mais ce jugement de jeudi 27 avril 2017 confirme un jugement en première instance rendu en mai 2016 par les Chambres africaines extraordinaires (CAE), créées en vertu d'un accord entre l'Union africaine (UA) et le Sénégal où Habré s'était réfugié après avoir été renversé en décembre 1990 par l'actuel président tchadien Idriss Deby Itno. Hissein Habré, aujourd'hui âgé de 74 ans, a en revanche été acquitté de l'accusation de viol, une "infirmation partielle (qui) ne change pas" le verdict selon le magistrat. Hissène Habré purgera sa peine au Sénégal ou dans un autre pays de l'UA.

La Cour d'appel « confirme la décision » sur les crimes de guerre, crimes contre l'humanité et crimes de torture rendue en mai 2016, a déclaré M. Ougadèye. « Depuis plus de 26 ans, je travaille pour que Habré soit condamné pour les crimes qu'il a commis. Aujourd'hui, je suis enfin en paix », a réagi Souleymane Guengueng, président d'une association de victimes, détenu pendant plus de deux ans par la Direction de la Documentation et de la Sécurité (DDS, police politique du régime Habré). « J'espère que tous les dictateurs en Afrique ont compris le message - personne n'est au-dessus des lois ! », a ajouté M. Guengueng aux antennes de la Radio-télévision sénégalaise(RTS). Pour le juriste américain Reed Brody, qui travaille avec les victimes depuis 1999 et a assisté à toutes les étapes du procès depuis son ouverture, la condamnation définitive de M. Habré « représente une immense victoire pour les victimes tchadiennes ». « Cette décision envoie un message fort : l'époque où les tyrans pouvaient brutaliser leur peuple, piller les richesses de leur pays puis s'enfuir à l'étranger pour profiter d'une vie de luxe, touche à sa fin. Ce jour restera gravé dans l'Histoire comme étant celui où un groupe de survivants déterminés l'a finalement emporté sur leur bourreau », a commenté M. Brody dans le même message.

Peu d'affluence était notée dans la salle d'audience, où étaient cependant présents quelques partisans de M. Habré, des victimes et leurs soutiens, ainsi que des avocats des parties civiles et ceux commis d'office pour la défense. Le 30 mai 2016, Hissène Habré avait été condamné à la perpétuité pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité, tortures et viols par le tribunal spécial puis, le 29 juillet 2016, à payer jusqu'à 20 millions de francs CFA (plus de 30.000 euros) par victime. Tout au long du procès en première instance qui s'était ouvert le 20 juillet 2015, Hissène Habré avait refusé de s'exprimer ou d'être représenté devant une juridiction qu'il récuse. La Cour avait donc désigné trois avocats commis d'office pour assurer sa défense. Ce sont ces trois avocats qui ont fait appel, et non les conseils désignés par lui et qui, selon ses instructions, avaient boycotté les débats. Mais jeudi, le journaliste de l'AFP a vu dans la salle un des avocats embauchés par M. Habré, le Français François Serres. La défense commise d'office.

Rappelons au passage qu’une commission d'enquête tchadienne estime le bilan de la répression sous le régime d'Hissène Habré (1982-1990) à quelque 40.000 morts. Le jugement en appel s'était déroulé en janvier devant une cour présidée par le magistrat malien Wafi Ougadèye, qui a rendu son verdict jeudi. L’audience s'était ouverte peu après 10H00 (locales et GMT), en l'absence d'Hissène Habré, sans que le président Wafi Ougadèye évoque cet aspect, selon un journaliste de la presse écrite africaine. Ce verdict en appel est une immense joie pour l’avocate, la Tchadienne Jacqueline Moudeïna : « il n’y a que de la joie parce qu’on a confirmé la condamnation d’Hisséne Habré. Et ça, on s’y attendait. Donc aujourd’hui il n’y a pas du tout de frustration. C’est beaucoup plus la joie. Nous sommes sortis de ce tunnel de 17 ans. On a fait un travail pour lequel nous pouvons nous déclarer très fiers en tant qu’Africains et particulièrement en tant que Tchadiens ». L’arrêt d’appel définit aussi un montant global des réparations, plus de 82 milliards de Fcfa. Tous les biens de Hissène Habré devront être saisis. Le fonds mis en place aura la lourde tâche de chercher les fonds cachés par l’ex-président du Tchad. Ahmat Zéïdane Bichara

 

 

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