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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

                                 Le Tchad est-il entré dans un processus de sous-développement ?

Le Tchad est l'un des pays africains qui consacre un pourcentage important de son PIB aux dépenses militaires, de 8% en 2009 son pic, à 2,03% de son PIB en 2015, et malgré la baisse, les dépenses militaires demeurent parmi les plus élevées en Afrique contre 0,4% pour le Nigeria (première puissance économique de l'Afrique), 2,1% pour la France (sixième puissance économique mondiale), 1,7% pour l'Égypte, 15% pour l'Érythrée etc. Ainsi, depuis le début de l'année 2015 et fortement en 2016 jusqu'à nos jours, le processus d'une économie en voie de sous-développement en train de s'observer à travers ces quelques indicateurs. Ce qui fait qu’aujourd’hui l’Etat tchadien s'est fortement appauvri par la baisse de près de 50% de son budget de 2014 à 2017, soit 1877,74 milliards FCFA à 937 milliards Fcfa.

Cette baisse importante compromet le financement de beaucoup de programmes économiques, sociaux et surtout la lutte contre la pauvreté. Et les conséquences ne s’arrêtent pas là. Elles touchent directement les dépenses d’investissement avec une forte baisse de 1055 milliards Fcfa en 2014 à 250 milliards en 2017. Une telle baisse drastique freine beaucoup de nouveaux programmes d'investissement public et au-delà met en difficultés le paiement des projets en cours et infime décourage tout investisseur ou entreprise qui travaille avec l'Etat. Qui veut traiter des affaires avec un Etat insolvable ? Il est certes difficile de répondre à une telle question à la place de ceux qui dirigent actuellement le Tchad. Toutefois, il faut tout de même reconnaître le Tchad souffre terriblement d’un déficit financier et pour cela point n’a besoin d’une loupe pour observer les choses qui évoluent mal pour ce grand pays d’Afrique centrale de 1284000 km2(classé 21e) avec une population estimée à 11631456 habitants(classé 77e).

Malheureusement, le niveau de la pauvreté et de la misère a augmenté dans le pays de suite de l'effondrement des revenus et le tarissement des ressources de l'Etat pour financer les secteurs prioritaires réduisant la pauvreté. Le taux de chômage, la cherté de vie et la famine ont augmenté dans le pays et une paupérisation rampante qui se développe dans le milieu rural et urbain. Les multiples grèves et conflits sociaux ont freiné l'activité économique entraînant la perte des ressources financières et d'autres facteurs liés. L’investissement dans le secteur pétrolier, premier secteur à haute valeur ajoutée de l'activité économique dans sa contribution au PIB (37%) a baissé surtout dans de nouveaux forages entraînant dans son sillage la baisse du PIB. La croissance économique était toujours positive depuis l'exploitation du pétrole en 2003 jusqu'à l'économie tchadienne avait enregistré de croissance à deux chiffres mais elle a fortement dégringolé jusqu'à afficher des taux de croissance négatifs en 2016 et aussi en 2017 contrairement à certaines prévisions moins fondées de 2,3% en 2017. Or une croissance faible ou négative traduit une baisse de l'activité économique donc moins de richesse créée.

Dans son rapport annuel de 2012, le Programme des Nations Unies pour le Développement classe le pays comme quatrième pays le moins développé au monde en lui attribuant un indice de développement humain de 0,395. Une telle situation économique difficile pour le régime actuel de N’Djaména a forcément des conséquences négatives sur des entreprises qui ralentissent et baissent fortement pour beaucoup leur chiffre d'affaires. Elles investissent peu, d'autres licencient et ferment leurs portes. Un autre phénome qui vient encore étouffe l’économie tchadienne, est celui de l'insécurité dans la sous-région qui a ralenti l'exportation et l'importation de biens et services, ce qui fait baisser ses recettes d'exportation ou importation et les recettes budgétaires. Le retour de l'insécurité sur les biens et personnes accentue le mauvais climat des affaires et de l'activité économique. L’incertitude économique qui gagne les agents économiques et par une absence d'un plan de relance économique bien défini, cohérent avec un programme et de actions détaillées avec suivi-évaluation sont des facteurs qui accentuent la crise économique. A cela s’ajoute aussi les phénomènes en forte augmentation de détournement des fonds publics et de la corruption qui ruinent le trésor public et encouragent la fuite des capitaux dans d'autres pays.

L'orientation excessive de politiques publiques vers l'augmentation importante des dépenses militaires et autres interventions à l'extérieur ont plombé les ressources publiques nécessaires à la lutte contre la pauvreté, le financement des programmes sociaux-éducatifs et des infrastructures économiques. Pourtant depuis 2003, le Tchad se compte parmi les pays exportateurs de pétrole, alors que son économie reposait principalement sur la production de coton, d’arachide et de bœuf. Malgré l’exploitation de son pétrole, ce pays qui se compte parmi les berceaux de l’humanité se retrouve de plus en plus endetté pour financer ses dépenses en recourant aux banques primaires, à la BEAC et autres partenaires financiers bilatéraux et multilatéraux. Aujourd'hui le taux de sa dette publique dépasse les 45% de son PIB après avoir baissé à moins de 20% de son PIB suite à l'annulation de sa dette extérieure dans le cadre de IPPTE (Initiative des Pays Pauvres les plus Endettés) intervenu en juillet 2015. Que faire donc face à une telle économique qui parait assez désastreuse aux yeux des observateurs nationaux et internationaux ? Seul l’Etat tchadien aura certainement des réponses à une telle question.

Considéré comme protectorat français à partir de 1900, le Tchad fut érigé en colonie en 1920 dans le cadre de l’AEF (Afrique-Equatoriale française). Sous l’impulsion du gouverneur Félix Eboué, elle fut la première colonie française à se rallier à la France libre en 1940. Devenu République autonome en 1958, le Tchad accède à l’indépendance le 11 août sous la présidence de François Tombalbaye. Le pays est dirigé depuis le 1er décembre 1990 par Idriss Deby Itno. Le Tchad est un pays vaste et de faible densité humaine. Il connaît pourtant d’importants contrastes. Le tiers nord du pays est occupé par le Sahara, et presque vide d’Hommes. Plus au sud, les précipitations sont plus importantes, de 300 à 600 mm. Sans accès à la mer, le Tchad est situé au sud de la Libye, à l’Est du Niger, Nigeria, et du Cameroun et Nord de la République centrafricaine et à l’Ouest du Soudan. Géographiquement et culturellement, il constitue un point de passage entre l’Afrique noire et l’Afrique du Nord.

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