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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Le débat sur l’indépendance de l’institution judiciaire au Tchad refait surface avec le verdict sévère prononcé ce mardi 28 février par le tribunal de grande instance de N’Djamena à l’encontre de 69 étudiants inculpés le samedi 25 février 2017. Ils ont été accusés et condamnés pour destruction de biens, outrage à autorité et violence par voie de fait. Les condamnés ont écopé d’un mois ferme de prison et ont été punis de 50 000 FCFA d’amende par personne. A défaut de la relaxation pure et simple, la condamnation d’un mois de prison avec sursis aurait été plus juste ainsi qu’un versement symbolique de 5 FCFA. Dans un contexte économique et social déjà tendu, ce jugement tombe très mal pour les autorités incapables de trouver des solutions crédibles à la crise économique et sociale. Car de l’aveu même du nouveau ministre des Finances et du Budget, la crise économique perdure et pour en sortir, il préconise une restructuration profonde de l’économie. Est-ce à dire les 16 mesures déjà décidées sont insuffisantes ou inadaptées voire inefficaces ?

Au lieu de s’atteler à construire une paix sociale de braves avec tous les partenaires sociaux, afin de sortir le pays de ce marasme économique, le gouvernement s’enferme dans une politique injuste qui ne marche pas et instrumentalise la justice pour taire les voix discordantes comme l’arrestation de ces étudiants. La politique du bâton et de la répression systématique des voix discordantes est simplement l’expression de la fébrilité et la négation des réalités. Pourtant lors de son investiture le 08 août 2016, le président Idriss Deby Itno a tenu des propos rassurants envers les jeunes en ces termes : « Jeunesse Tchadienne, je mesure pleinement l’ampleur de vos attentes, je comprends les angoisses et les incertitudes qui vous habitent et j’ai conscience de vos espoirs déçus. Mais j’ai surtout foi en notre capacité commune à briser toutes les entraves à l’accomplissement de nos ambitions partagées ».

Il a fallu juste moins d’un an pour que la jeunesse célébrée par le président de la République, du moins une partie d’elle soit maltraitée voire jeter en pâture à la justice. A vrai dire, le gouvernement utilise la justice pour se venger contre la détermination des étudiants qui contestent toujours la mesure injuste de la suppression des bourses d’études. Et la forte mobilisation des jeunes en faveur de l’alternance lors des élections présidentielles en avril 2016 explique cet acharnement contre les leaders de demain. La justice est prompte à sévir contre les pauvres étudiants qui expriment simplement leur désarroi face à l’injustice de la suppression des bourses d’études mais elle est tatillonne pour appréhender et condamner les criminels économiques ayant fait main basse sur les deniers publics, les agissements de gros bonnets qui s’accaparent de vastes terrains des paisibles citoyens sans défense, des forces de l’ordre qui agissent impunément sous l’autorité de certains caciques du régime, dans certaines régions du pays.

Le gouvernement ferait mieux de répondre à toutes ces inquiétudes de ses concitoyens au lieu de laisser prospérer le ressentiment de toutes sortes pouvant déboucher à l’implosion sociale que personne n’en veut pour le pays. Il y a l’impérieuse nécessité de joindre l’acte à la parole pour que la parole publique soit respectée et la politique retrouve sa noblesse auprès des populations. La volonté du président Tchadien de s’occuper enfin de la jeunesse se traduit par cet engagement : « Jeunesse Tchadienne, en retour, vous pouvez avoir foi en ma détermination résolue à apporter les réponses appropriées aux préoccupations qui vous animent et qui m’engagent. Vous offrir une éducation et une formation de qualité, du primaire au supérieur, est la condition première d’un plein épanouissement personnel. Mais, c’est également le plus sûr investissement que nous pourrons faire pour l’avenir de notre pays ». La société tchadienne est fatiguée des promesses non tenues et espère qu’enfin la jeunesse sera l’une des priorités des autorités nationales malgré la crise économique et financière. Wait and see.

                                                                            Moussa T. Yowanga

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