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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Point de vue de Mahamat Nour Ahmed Ibedou, Secrétaire général de la Convention Tchadienne pour la Défense des Droits de L’Homme(CTDDH).

Dans son soucis de chercher à plaire coûte que coûte aux autorités françaises, le Fameux Ministère de la Sécurité Publique,Ahmat Mahamat Bachir a publié un communiqué de presse qui met à nu, l’état d’esprit dans lequel se retrouve souvent son titulaire quand il est pris de cours : en effet dans le communiqué, il est dit en substance que l’état Tchadien mettra tout en œuvre pour « assurer la sécurité des étrangers et des tchadiens… », L’objectif du communiqué étant celui de rassurer les étrangers, il serait judicieux de parler uniquement de la sécurité des étrangers qui sera assurée sans ajouter « des tchadiens » parce qu’il va sans dire que la sécurité de ces derniers est sensée être déjà assurée et qu’il s’agit ici d’enlèvement ; sans le savoir donc son subconscient d’irresponsable l’a amené à reconnaître implicitement que la sécurité des tchadiens n’était vraiment pas assurée ; ce qu’il avait cherché à justifier alors que rien ne l’y obligeait. L’empressement traditionnel de nos responsables à s’aplatir devant les autorités Françaises est d’autant plus abjecte qu’il traduit un complexe avilissant vis à vis d’une puissance qui a toujours montré un dédain notoire pour le sort des populations tchadiennes ; ce mépris s’était illustré par plusieurs événements dont le plus marquant est celui de l’affaire « Arche de Zoé » ; du nom de cette ONG française qui avait lâchement tenté d’exfiltrer frauduleusement du pays 103 enfants tchadiens présentés comme des orphelins du Darfour ; les voleurs d’enfants qui dirigeaient cette ONG avaient été appréhendés, jugés et condamnés au Tchad ; mais Sarkozy à l’époque président en France avait lâché la fameuse phrase « j’irai les chercher quoi qu’ils aient fait » et sur son injonction, Idriss Deby Itno les lui avaient non seulement donné , mais il les avaient gracié.

Cet acte qui pouvait s’apparenter à de la haute trahison est considéré par beaucoup comme la plus grande « honte » dans l’histoire du Tchad après les indépendances. Le président français de l’époque en prononçant cette phrase traduisait ce que valait à ses yeux les tchadiens en général et leurs enfants en particulier. Nous n’osons même pas imaginer par exemple ce qu’aurait subi les membres d’une organisation tchadienne arrêtés en France pour avoir tenté d’enlever des petits français. Il est à noter que l’ONG qui se faisait appeler « Arche de Zoé » avait été activement aidée par les militaires français basés à Abéché ; une enquête parlementaire avait à l’époque formellement établi la responsabilité de l’armée française et donc du gouvernement français dans cette funeste action de vol d’enfants ; étant entendu que l’armée française ne pouvait pas s’impliquer dans une telle affaire sans l’assentiment de son gouvernement. Le second exemple de mépris pour le sort du peuple tchadien est le soutien actif et multiforme du gouvernement Français à Idriss Deby dont elle sait qu’il fait vivre un calvaire permanent à son peuple ; le gouvernement Français porte à bout de bas un régime politique qui puni ses compatriotes depuis 27 ans ; calvaire dont il n’acceptera pas l’instauration une seule minute pour son propre peuple. Quoi qu’il en soit, nous autres défenseurs des Droits de l’Homme, nous considérons que les vies humaines ainsi que les droits fondamentaux des Français et des Tchadiens se valent ; c’est pourquoi nous dénoncerons toute action qui tend à faire accorder un traitement de faveur à tel personne de telle nationalité au détriment d’une autre.

Pour un défenseur des Droits de l’homme comme nous, il est évident que rien ni aucune cause ne peut justifier l’enlèvement d’une personne innocente et sans défense ; mais notre souhait le plus ardent est que notre gouvernement puisse agir avec la même ardeur et le même empressement et surtout mobiliser les mêmes moyens quand un citoyen tchadien tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays est enlevé ; or rien qu’à N'Djamena, nous enregistrons au moins deux enlèvements par mois dont la plus part n’avaient nécessité aucun déplacement, même pas d’un seul véhicule de police. A l’extérieur du pays, nos compatriotes sont livrés à eux-mêmes ; quasiment massacrés en Libye et en Algérie,en Arabie Saoudite(N.D.L.R), ils sont arbitrairement arrêtés et subissent les traitements les plus inhumains dans des geôles étrangères y compris au Cameroun voisin sans qu’aucune de nos ambassades ne réagisse ; de toute évidence, l’irresponsabilité des fonctionnaires de nos chancelleries est à l’image de celle qui a toujours caractérisé les tenants du pouvoir central.

En Rappel, le rapt du 23 mars 2017 d’un citoyen français en territoire tchadien a mis en évidence le degré d’avilissement de nos gouvernants devant la France ; qu’un gouvernement responsable puisse s’investir dans la recherche d’un de ses citoyens enlevé en territoire étranger est tout à fait compréhensible ; les dirigeants français nous avaient d’ailleurs habituées à des réactions admirables lorsqu'il s’agit du sort de leurs ressortissants à l’étrangers ; nous avions assisté à des cas où le chef d’état français s’investissait personnellement même pour un seul de ses ressortissants ayant disparu à l’extérieur du pays.A l’inverse, que le gouvernement tchadien puisse se préoccuper du sort d’un étranger enlevé sur son territoire et qu’il mette tout en œuvre pour le retrouver est tout aussi compréhensible. Là où le bât blesse cependant, c’est l’ampleur de la mobilisation de nos dirigeants dans les moyens mis en œuvre et le branle-bas de combat perceptible en l’espèce qui a fait que cette affaire était devenue une priorité nationale ; au sein du gouvernement et dans l’entourage de Deby, la fébrilité se le dispute à la panique : il faut absolument frapper les esprits avec des actions d’éclat parce que la personne enlevée est un français. La France à qui l'actuel président tchadien doit tout se doit d’être satisfaite à n’importe quel prix.

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