Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

Géo-localisation

Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

 

A l'issue d'un divorce (mariage officiel), l'homme tchadien doit-il quitter et laisser la maison à son ex-épouse qui a des enfants comme cela se passe dans tous les pays du Maghreb,Europe, Asie, Amérique ?

Depuis que le code de la famille, très controversé n'avance pas par absence de compromis, le Tchad ne dispose guère d'une loi sur la famille en dehors du code civil des années 60, d'inspiration française dont beaucoup de dispositions sont obsolètes et ne répondent pas aux réalités de la société tchadienne. Pendant ce temps, ce sont les règles des religions (parfois mal interprétées), us et coutumes, traditions et des pratiques myosines qui s'imposaient. S’il est important de célébrer chaque année la journée mondiale des femmes par des événements folkloriques, cependant c'est le moment aussi de débattre, réfléchir sur les mauvaises conditions (pauvreté, chômage, analphabétisme, décès par maternité, les violences physiques et psychologiques…) de vie des femmes dans notre pays et d'en proposer des solutions meilleures, car elles représentent 52% de la population et elles sont nombreuses par rapport aux hommes dans l'enseignement de cycle primaire.

Prenons l'exemple concret celui du nombre de mariages qui se multiplie sans cesse y compris le nombre de divorces. Pourtant, très peu de personnes célèbrent leur mariage devant un maire et de même les divorces ne sont pas prononcés devant un tribunal. Un mariage peut être conclu rapidement sans obligation de passer devant un maire tout comme un acte de divorce peut être fait sans respect des règles et sans passer devant un juge. Ces pratiques grandissantes échappent aux productions statistiques nationales et empêchent d'entreprendre des réflexions et initier des politiques familiales et sociales. Ce qui pouvait créer des abus, des comportements et toute sorte de dérive contre les intérêts de la femme avec enfants ou sans enfants.

La grande majorité de mariages et de divorces se passait suivant des règles religieuses, coutumières, traditionnelles qui ont des emprises sur la loi tchadienne et des textes règlementaires du pays. Ainsi, d’une manière générale et depuis toujours, la femme tchadienne divorcée, ramasse ses effets personnels, quitte le domicile de son époux et regagne sa famille ou ses parents même si elle a des enfants. Parfois la femme est divorcée sans motif valable et elle est abandonnée à son triste sort par simple humeur de son mari ou si elle est jugée "amortie" après quelques années de mariage. Aujourd'hui il existe des hommes qui excellent dans la multiplication nombre de mariages et de divorces. Ils changent les femmes comme ils changent leurs chemises parce qu'ils sont capables (financièrement) ou désir de le faire. Pour eux, la femme c'est une jouissance, "productrice" d'enfants...Ces collectionneurs de femmes ne pensent pas aux conséquences futures des femmes divorcées car, certaines deviennent des démunies, sans protection sociale, sans avenir certain (absence de travail, études, autre mariage, femme divorcée avec des enfants à charge ...). Pour d'autres, de minces chances peuvent s'ouvrir pour elles.

Tout cela se passe sans un cadre législatif et réglementaire. Les actes de mariage, divorce...sont relégués à l'emprise des règles coutumières et autres. Voilà pourquoi il arrive généralement que les droits élémentaires des femmes soient bafoués et de mauvaises pratiques soient perpétrés : mariage forcé, mariage par kidnapping, violence physique, non-paiement de pensions, polygamie exagérée...Cette alarmante situation conduit certaines femmes à se faire prendre en otage financièrement par leurs (ex) époux, car ces derniers réclament des sommes d'argent exorbitants avant de divorcer. C'est l'exemple d'une femme dont son mari réclame 1,400 milliards Fcfa avant de la divorcer.

Contrairement à ce que subissent les femmes Tchadiennes, dans les pays du Maghreb, en Europe, Asie, Amérique etc, les sœurs jouissent de grande protection et sécurité juridique. La femme divorcée surtout avec enfants après un mariage officiel peut bénéficier de logement du couple, des pensions pour les enfants. Dans certains pays du Maghreb, la fille dont la mère est divorcée doit bénéficier de pension payée par son père jusqu'à son mariage et le garçon jusqu'à son âge de majorité. Le père doit quitter et laisser le logement à son ex-femme et à ses enfants.

Il est donc  impératif de mettre en place un code de la famille qui correspond et qui pourrait prendre en compte les aspirations et réalités de la société tchadienne. Réglementer la polygamie en supprimant sa pratique désordonnée, protéger et renforcer les droits des femmes, des femmes divorcées surtout avec enfants, bannir certaines formes traditionnelles de mariage et divorce qui portent atteinte à la dignité, intégrité, honneur des femmes. Il faudrait aussi durcir les conditions de divorce et de mariage, rendre obligatoire toute déclaration de mariage et de divorce devant les communes et tribunaux afin de créer un fichier national de registre d'état civil de mariage et de divorce pour une meilleure production des statistiques fiables lesquelles, facilitent la mise en œuvre des politiques familiales, sociales etc. D'autre questions relatives à l'héritage, formes de mariages, partage de richesse en cas de divorce, le statut de femmes divorcées, droit de garde des enfants ou autres doivent être développées.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article