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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

                                                            

Les compatriotes qui avaient cru et qui continuent à croire en nous doivent légitimement se poser la grande question qui doit brûler toutes les lèvres : qu’est ce qui est advenu du Mouvement pour l'éveil citoyen (MECI) ? Cette question logique au regard du silence observé par cette plateforme après son lancement se doit d’être posée. C’est ainsi que les récentes affirmations de la presse locale évoquant le quasi enterrement du MECI traduisent en fait, le malaise d’une opinion publique qui avait cru percevoir avec cette plateforme, le bout du tunnel ; le formidable enthousiasme qui avait accompagné sa création n’a eu d’égal que ce degré de déception qui n’était pas, il est vrai, très loin d’une désillusion. Nous comprenons donc tout cela et c’est pourquoi nous nous faisons un devoir de faire connaître au public les raisons de cette léthargie : avant d’en arriver aux raisons elles-mêmes, nous tenons à dire aux camarades du Syndicat national du supérieur (Synes) et du Coalition de l’opposition politique pour redressement et l’alternance au Tchad (COPRAT) que nous regrettons profondément leur retrait de la plateforme et continuons à espérer vivement qu’ils révisent leur position et rejoignent nos rangs. Le MECI ne peut pas se permettre la moindre défection surtout après ces gigantesques efforts consentis pour obtenir l’adhésion de cette importante crème intellectuelle consciente du pays. C’est une première du genre dans l’histoire du Tchad, et un atout que nous avons tous le devoir de préserver à tout prix. Ceci étant dit, contrairement à certaines idées véhiculées par certains esprits malveillants, ce ne sont pas les gesticulations hystériques d’un Ministre de l’Administration du territoire dont la sortie fébrile et hasardeuse traduit une panique certaine au sein du gouvernement, ni les intimidations perpétuelles d’une police au service de la famille d’un Idriss Deby finissant qui sont la cause du retard du lancement des activités du MECI. Ce retard est dû principalement à :

1°) - Un déficit de communication au sein du MECI : il convient de faire remarquer que quand il avait été lancé, le MECI était encore en chantier et ses structures n’étaient pas encore pourvues ; la presse s’était à l’époque focalisée sur Dobian Assingar et moi comme étant les dirigeants du MECI alors que nous n’étions que les membres du comité ayant initié ce Mouvement. S’il nous était arrivé de parler au nom de cette plateforme dans les médias nationaux et internationaux, c’est simplement parce qu’ayant présenté le Mouvement, la presse n’avait pas d’autres interlocuteurs sous la main que nous deux.

2°) - les éminentes personnalités qui avaient adhéré au MECI étaient-elles mêmes restées sans information pendant longtemps ; ce qui a logiquement créé un malaise comme celui ayant entrainé le retrait malheureux des camarades du COPRAT. L’absence de circulation de l’information entre le comité restreint de réflexion et les signataires a amené ces derniers à se poser des questions et les avaient logiquement amenés à cultiver l’impression que des décisions importantes se prennent sans eux ; ils ont raison parce qu’ayant paraphé notre document, ils se sont engagés et donc doivent légitimement avoir leur mot à dire sur l’organisation de la plateforme et être en droit d’avoir des explications.

3°)- la lourdeur des structures qui composent le MECI lui-même (comité de direction, comité de planification, comité d’exécution, statut règlement intérieur etc.), avait indirectement fourni un prétexte aux sbires de Deby qui, faisant flèche de tout bois ont tôt fait de le considérer comme une personne morale et donc formelle et d’en interdire ainsi les futures actions ; de plus, c’est bien cette lourdeur qui était à l’origine de cette espèce de blocage du fonctionnement de notre plateforme. Ce sont donc là, quelques-unes des raisons qui ont conduit à ce retard. Le diagnostic étant donc posé, le remède est vite trouvé et cet intermède passager au lieu de nous déstabiliser nous a au contraire permis de détecter les embûches ; ne dit-on pas que l’expérience est la somme des erreurs ?Le MECI a donc besoin d’une restructuration avec à sa tête une structure légère c’est-à-dire une petite coordination qui doit le rendre rapidement opérationnel ; il est et restera une plateforme dénuée de toute personnalité morale ; il est et restera un collectif regroupant des partis politiques, des associations de la Société civile, des avocats et des personnes ressources comme il en existe partout ailleurs en Afrique : Congo ; RDC, Gabon etc. ; aucune disposition de la loi fondamentale, aucune règle légale ou règlementaire ne nous interdit de nous regrouper pour agir en vue d’assurer le bien-être de nos populations. Le MECI n’a rien à cacher, les raisons ayant amené à sa création, les méthodes qu’il entend utiliser et ses objectifs sont connus de tous. Les accusations ridicules d’un officiel du pouvoir accusant le MECI de connivence avec la rébellion armée participent plus d’un excès de zèle qui conduit généralement son auteur à des divagations ; un sport auquel se livrent habituellement les obligés de Deby quand ils sont en panne d’arguments. Du fait que ce pays a besoin plus que jamais d’un sauvetage urgent, il est impératif de fédérer les énergies des forces vives de la nation en vue d’amener le gouvernement à accepter un dialogue inclusif de tous les tchadiens de l’extérieur et de l’intérieur ; en cas de refus, des actions pacifiques, légales et citoyennes d’envergure autorisées par la Constitution verront le jour.

Il est plus que nécessaire que tous nos concitoyens comprennent l’enjeu d’un sauvetage urgent de ce pays qui est tout simplement à genoux et économiquement quasi irrécupérable ; personne mieux que nous-mêmes ne viendra nous tirer de cette galère dans laquelle Deby est en train de nous enfoncer. Pour nous donc, il n’est plus question de laisser ce personnage continuer la destruction de ce pays, proroger impunément et unilatéralement le mandat d’une assemblée qui n’est plus légale depuis 2015 ; il n ’est pas question de le laisser s’attaquer illégalement à des droits fondamentaux à l’image de cette prétendue loi anti grève au demeurant anti constitutionnelle et illégale parce que votée par un parlement qui n’en est pas un ; il n’est pas question de laisser Deby instaurer une monarchie au Tchad en tripatouillant la constitution à sa guise pour créer un poste de vice-président dans la perspective de continuer après lui par un de ses rejetons, la politique d’asservissement des tchadiens ; il n’est plus question de le laisser affamer nos concitoyens avec des prises de mesures criminelles pour les travailleurs qui doivent payer pour ses parent pilleurs des richesses nationales ; il n’est plus question enfin de le laisser écraser la majorité des tchadiens comme si ce pays était sa propriété privée ; au rythme actuel où vont les choses, et si notre inertie actuelle continue, d’ici une décennie, personne d’entre nous, intellectuel, cadre tchadien et même le citoyen lambda n’aura le courage de se regarder dans un miroir et surtout de soutenir le regard de son enfant quand celui-ci lui dira « vous étiez là à l’époque et vous avez laissé faire ; regardez la situation que vous nous avez léguée ».

Il est de ce fait donc illusoire de croire que la responsabilité d’une future catastrophe n’incombera qu’à une certaine élite ; la responsabilité incombera bel et bien à nous tous. Face à cette situation, nous du MECI n’avons pas seulement le devoir d’agir, mais nous avons en plus, une obligation de résultat. Nous n’allons pas clôturer cette mise au point sans rendre hommage au courage et au patriotisme des membres signataires de la déclaration du MECI qui, malgré les intimidations, les pressions de toutes sortes, les tentatives d’achat des consciences ont héroïquement résisté et continué à croire à la justesse de la cause pour laquelle ils se sont engagés.

                                          N’Djamena le 25 Février 2017

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