Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

Géo-localisation

Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Analyse de Tahirou Hisseine Dagga/Collaborateur permanent

Strasbourg le 3 février 2017.

A vu d’œil, tout concorde à soutenir, l'idée d'une Démocratie apparente au Tchad, mais quand on y jette l'oeil de près, on constate que tout est apparence. On trouve en effet, toutes les composantes institutionnelles d'une vraie Démocratie, mais la substance n'y ait pas. Il y a un pouvoir exécutif, législatif et judiciaire qui, sont en vérité sous la seule et unique autorité du président de la République, s'arrogeant de l'ensemble des pouvoirs dans un verrouillage résolu et absolu.
Du coup, on a le squelette d'une Démocratie décharnée et livide, qui nous pend au nez, tel un édifice dont le fondement construit sur une nappe de sable menace dangereusement de sombrer. Cette forme immatérielle de Démocratie est un véritable piège qui peut se refermer à la demande sur toute forme de dissonance voulant s'affranchir de ce verrouillage malsain et improductif. Ceci rend cyniquement caduque la mise en musique d'autres formes d'expression incarnée par une jeunesse assoiffée de faire entendre sa voix et une opposition dont l'accoutumance à la renonciation, conforte largement la posture du régime. De cette forme de schmilblick, absolument terrifiante pour l'encrage de la démocratie, l'on assiste année après année, à la réinvention d'une gouvernance à nulle autre pareille. Un pouvoir qui se rétrécit en rétrécissant avec lui toutes les autres forces en présence pour qui, il n'a ni considération ni égard.

Un pouvoir qui vogue seul dans un pays qui, pourtant nécessite une gouvernance concertée et consensuelle de par le côté hétéroclite de ses composantes ethniques et cultuelles. Mais visiblement, cette donnée du caractère composite de notre population n'est pas intégrée par le régime actuel dirigé par Idriss Deby Itno. Cet aveuglement va créer un délitement quasi naturel du tissu social visible par tous en dépit de l'obstination du régime à évoquer une cohésion sociale incantatoire voire imaginaire. A cela, il faut ajouter la navigation à vue de ce régime dans ce que j’appellerais : « une absence totale de prévision et de projection dans la gestion des ressources de ce pays ». Dès les premiers jours où les recettes du pétrole ont commencé à renter dans les caisses du trésor public tchadien, on a délibérément mis de côté, tous les fondamentaux d'une gestion basée sur l'orthodoxie et la rationalisation de ces revenus. A contrario, les vannes de pillage organisé, ont été grandes ouvertes pour favoriser tous les apparatchiks et autres thuriféraires qui se sont servis à satiété.Aujourd'hui, le mal qui étouffe la bonne gouvernance, représenté par ce régime n'est plus à démontrer. Tout Tchadien objectif qu'il soit apparenté au régime ou pas, reconnaît sans démagogie la véracité de ce que nous avançons. Un pays qui se donne une apparence démocratique en totale méconnaissance de ce que c'est la démocratie, ne peut véritablement pas tirer son épingle du jeu. Soit on est démocrate et on accepte toutes les contraintes de la démocratie, soit on ne l'est pas et à ce moment-là, on exhibe son vrai visage : la dictature; une démocratie, semblant soit-elle, ne peut définitivement pas s'accommoder de l'à peu près !

Le mal tchadien réside dans les approximations qui finissent toujours par induire dans l'arbitraire ouvrant inéluctablement la porte à tout abus. Comment peut-on concevoir qu'un pays qui inscrit noir sur blanc dans sa constitution le Droit de manifester, mais qui l'interdit purement et simplement dans la pratique ? Comment peut-on concevoir qu'un Président qui s'est dit élu démocratiquement reconduit les Parlementaires sans recourir aux élections législatives pourtant, prévues par la même Constitution ? S'assurant de fait une confortable majorité des moutons de panurge prêts à adopter tout et n'importe quoi ! Comment peut-on comprendre qu'un président de la République (Idriss Deby Itno) qui dit à qui veut l'entendre que le pays est en crise économique, et dans le même temps il débloque plusieurs milliards de Fcfa pour faire élire le 30/01/2017 en Ethiopie, Moussa Faki Mahamat, son ministre des affaires étrangères à la tête de l’Union Africaine (UA) ? Plusieurs interrogations me turlupinent sans doute parce que j'ai une forme de bon sens qui me permet d'appréhender ces questions avec lucidité et objectivité, des qualités qui sont étrangères naturellement aux préoccupations de ce régime. Tout ce qui importe à leurs yeux, c'est la notoriété et l'arrogance. Il existe cependant une issue à ces errements, mais à la seule condition d'une prise de conscience globale et définitive que ce régime passe de vie à trépas.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article