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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Les chefs d’Etat africains réunis à Addis-Abeba (Ethiopie) le 30 janvier dernier, ont porté leur choix sur le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et de la Coopération internationale du Tchad monsieur Moussa Faki Mahamat qui tient désormais, les rênes de la commission de l’Union africaine (CUA) pour les quatre ou les cinq prochaines années. 57 ans après son indépendance, voilà, enfin, un Tchadien à la tête de l’Union africaine, anciennement appelé Organisation de l’Unité africaine(OUA), vieille de 63 ans. Moussa Faki Mahamat vient par cette élection, s’ajouter à la liste des cadres Tchadiens occupant des grandes responsabilités sur le continent noir. Djimet Adoum au Comité permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel(CILSS), docteur Toupta Boguena à l’Autorité du Bassin du Niger (ABN), Mahamat Saleh Annadif à la Minusma, Moussa Faki Mahamat à la Commission de l’Union africaine (CUA), c’est tout de même une fierté nationale pour les Tchadiens, longtemps marginalisés dans les Institutions régionales. Mais, en filigrane de l’euphorie de cette victoire de la diplomatie tchadienne que peut-on attendre d’une telle accession du Tchad à la tête de la CUA ?

Tout bonnement, Moussa Faki s’en va diriger une organisation qui est plus ou moins considérée comme le Syndicat des chefs d’Etat africains et qui malgré son âge de plus d’un demi-siècle, reste la benjamine de toutes les organisations continentales au monde. Car, elle n’a aucune indépendance financière, ni militaire pour réagir face aux crises que traverse l’Afrique. C’est souvent l’occident qui ravit la vedette à l’UA, mue par des intérêts mesquins de ceux qui la dirigent pendant les crises. N’est-ce pas que cette organisation était là lorsque Laurent Gbagbo, voulant se maintenir au pouvoir a été déguerpi par l’Armée française ? N’est-ce pas que Mouammar Kadhafi, le guide Libyen, a été combattu par Sarkozy et l’Otan, ouvrant la voie au terrorisme en Afrique sous les regards de l’UA ? N’est-ce pas qu’elle (l’UA) était là, lorsque l’élection de Déby pour un cinquième mandat, souffrant de légitimité a été célébrée par ses chefs d’Etat africains à N’Djaména, alors qu’à côté d’eux, l’on tirait à balles réelles sur des civils qui manifestaient leurs mécontentements contre le hold-up électoral ? De mémoire fraiche encore, où est-elle passée lorsque le président élu de la Gambie Adama Barrow, a fui pour se réfugier au Sénégal, se sentant en danger face au dictateur Yahya Jammeh? Autant d’interrogations. Et, c’est dans ce désordre qui a poussé la présidente sortante, la Sud-africaine madame Nkosazana Dlamini-Zuma vers la sortie que notre compatriote va siéger les quatre ou cinq années à venir. Comme un soldat, le quatrième président de l’histoire de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat doit se préparer à affronter l’adversité.

Face aux pressions des uns et des autres, particulièrement de son président  Idriss Deby Itno qui a pesé de tout son poids pour son élection le 30 janvier 2017. Il doit rester zen  et surtout, se revêtir de son costume de juriste et de grand diplomate pour une représentativité positive du pays de Toumaï. Désormais dans la cour des grands, Faki doit faire mettre en valeurs ses compétences et se mettre humblement à nouveau à l’école de la Démocratie, pour ne pas humilier les Tchadiens sur l’échiquier international. Puisque la Démocratie au Tchad, dont il s’est habitué, ne peut être exportée ailleurs. En élisant Moussa Faki Mahamat président de la CUA, les chefs d’Etat d’Afrique ont rendu la jolie monnaie au Tchad pour son engagement dans la lutte contre le terrorisme en Afrique ces dernières années, notamment au Mali, au Nigeria et au Cameroun. Cependant, les caisses de l’Etat vidées par ces interventions multiples à l’extérieur sont loin de se remplir. Et la misère du peuple, masquée par la santé diplomatique obtenue à coût de milliards de nos francs, est loin de prendre fin.

            Juda Allahondoum/fondateur, directeur de publication du Journal "Le Visionnaire".

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