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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

 Email :  raf.journal09@gmail.com

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

« Regards d’Africains de France », votre journal d’informations générales en ligne vous convie à découvrir l’interview écrite du journaliste tchadien, Abakar Khamis Mamondo, qui fait actuellement partie de l’équipe d’Afrique Média Télévision.

Merci d’avoir accepté de nous accorder cette interview, tout en vous souhaitant nos meilleurs vœux de l’année 2017 au nom de la rédaction.

1-Est-il possible de vous présenter brièvement pour nos lecteurs et lectrices ?

Abakar Khamis Mamondo-Tout d’abord, recevez mes vœux de fin d’année, Je suis Abakar Khamis Mamondo, journaliste à Afrique Média Tchad, chroniqueur sportif et coprésentateur de l’émission + 2sports, une émission animée en multiplex, coordonnée depuis le plateau central de Douala au Cameroun.

2-Sauf erreur de notre part. Vous nous semblez être le seul journaliste tchadien qui travaille à Afrique média-télévision. Comment êtes-vous arrivé à vous faire recruter et comment vous sentez-vous au milieu de vos confrères étrangers ?

A.Khamis Mamondo-Rire, je ne suis pas le seul journaliste tchadien à Afrique Média, Afrique Média est arrivé à N’Djamena et à décidé de recruter des journalistes locaux pour pouvoir réaliser ses émissions. Ma demande a été agréée et j’ai été recruté pour m’occuper du desk sport d’Afrique Média Tchad.

3- Quelques années auparavant, vous avez été animateur d’une radio privée tchadienne. Vous êtes passé de la radio à la télévision. Comment avez-vous vécu ce changement à vos débuts ?

A.Khamis Mamondo-Vous avez raison. J’ai commencé d’abord à animer à la radio Dja-FM, puis à la radio FM Al-Nassr où j’ai été animateur pendant longtemps, jusqu’au jour où cette radio est devenue radio télévision Alnassr, j’animais des émissions sportives et des jeunes. Mon passage d’animateur radio à celui de la télé n’a pas été difficile. C’est presque les mêmes choses, à part les petites divergences comme le comportement vestimentaire et autres. Il faut tout de même reconnaître que mon début à Afrique Média a été un peu difficile. Difficultés liées d’une part au choix des panélistes pour mes émissions et d’autre part, liées à l’animation sportive en multiplex- Douala, N’Djamena, Malabo, et Yaoundé-

4-En terme de liberté de la presse, que diriez-vous après avoir successivement travaillé dans des médias privés nationaux (radios) puis aujourd’hui,  dans un autre média privé (télévision) à vocation panafricaine ?

A.Khamis Mamondo-La perception n’est pas la même. Quand je travaillais dans les Radios privées nationales, je pesais trop mes mots pour éviter de choquer et avoir des problèmes avec l’Etat. Arrivé à Afrique média, chaîne internationale de renom, je me sentais libre de mes mouvements et je parlais pour l’Afrique et le monde et non pour le Tchad seulement.

5-Vous, en tant que journaliste tchadien, comment vivez-vous actuellement de façon particulière cette liberté de la presse dans votre pays, classé au 127ème rang selon le dernier rapport de Reporters sans frontières ?

A.Khamis Mamondo-Au Tchad, la liberté de presse d’une manière générale est une réalité, mais elle connaît des entorses chaque fois qu'il ya un événement majeur dirigé contre le gouvernement. Dans la presse privée, elle est observée, malheureusement, les journalistes du public ne font que l’éloge du gouvernement et ont les mains liées et sont généralement subjectifs.

6-D’ailleurs avec quel genre de regard traitez-vous les informations ou  animez-vous les débats en direct sur votre chaîne télévisée?

A.Khamis Mamondo-Afrique média est une télévision panafricaine qui a pour objectif primordial de développer un leadership africain capable de faire face aux défis du troisième millénaire que nous voulons siècle de l'Afrique, le temps de notre continent. Tous les débats de nos émissions, qu'ils soient politiques, sociaux ou sportifs sont orientés dans ce sens. Notre souci est de parvenir à faire émerger une nouvelle élite avec une nouvelle vision pour notre cher continent.

7-La ligne éditoriale d’Afrique média-télévision, selon vous, est-elle indépendante ou plutôt proche des dirigeants africains comme c’est le cas de certains médias comme Africa24 et d’autres ?

A.Khamis Mamondo-La Télé Afrique média est une chaîne indépendante. Elle traite des sujets indépendamment de toutes pressions extérieures. Afrique Média encourage et fait la promotion des dirigeants Africains ayant un sens plus élevé du panafricanisme, ceux qui ont le courage de dire non aux dérives de l'occident. Elle s’oppose aux dirigeants qui sont au service de l’occident. En un mot, elle est la Tribune des débats africains.

8-Est-il aisé d’être journaliste d’une télévision à vocation panafricaine comme la vôtre ? Et dans quelles conditions faites-vous votre métier de journalisme?

A.Khamis Mamondo-Pas vraiment facile. Pour travailler dans une chaîne comme Afrique Média, le bagage intellectuel seul ne suffit pas. Il faut avoir un carnet d’adresses consistant pour permettre de trouver facilement des panélistes et spécialistes pour certaines émissions. Je m’en sors bien parce que je suis bien connu dans le milieu sportif et mon statut d’ancien joueur de l’équipe nationale de volley ball, entraîneur de niveau 1 international et ancien cadre du ministère de la jeunesse et des sports me facilitent la tache.

9-Pourriez-vous nous dire en quelques mots de façon précise, le niveau du journalisme tchadien par rapport à celui de vos confrères étrangers par exemple camerounais ou autres ?

A.Khamis Mamondo-A Afrique Média Tchad, nous travaillons avec des journalistes frères, particulièrement, ivoiriens et camerounais. Je ne m’inscris pas dans une logique de comparaison, mais au Tchad, nous avons du chemin à parcourir en matière de technologie de l’information et de la communication notamment en journalisme. La création d'une École de formation dans ce domaine paraît comme une exigence du temps si on ne veut pas rater le grand tournant de l'histoire technologique.

10-Vous sentez-vous bien dans votre peau lorsque vous êtes en face d’eux autrement dit, n'êtes-vous pas complexé ?

A.Khamis Mamondo-Je n’ai aucun complexe quand je suis en face d’eux, pour moi un journaliste est un confrère et ce qui compte c'est la franche collaboration. La Culture étant le rendez-vous du donner et du recevoir. J’apprends beaucoup de leurs expériences comme ils bénéficient aussi de miennes.

11-Quelle image donnez-vous  du journalisme tchadien auprès du public ?

A.Khamis Mamondo-Autrefois, le journaliste tchadien est responsable et respecté. Ce dernier temps, avec la prolifération des organes de presse, le journalisme a perdu un peu de sa crédibilité. L’éthique et la déontologie ne sont devenues que de simples mots pour certains confrères faisant le métier pour distraire le public ou simplement pour se faire remarquer. Ce qui relève de l'amateurisme. C'est pourquoi, les journalistes ne bénéficient pas du respect du grand public.

12-L’Etat tchadien vous facilite-t-il particulièrement le travail, ou au contraire rencontrez-vous les mêmes difficultés comme vos confrères des autres médias privés ?

A.Khamis Mamondo- Pour Afrique Média, Dieu merci, le gouvernement tchadien nous facilite la tâche et est disponible à nous donner toutes les informations recherchées. Les difficultés sont moindres pour notre télé.

13- Il semble qu’actuellement une association des journalistes tchadiens est gérée par deux secrétaires généraux. Pourriez-vous nous expliquer comment peut-on arriver à une telle absurdité qui met à nu la mésentente entre les journalistes proches du pouvoir et ceux qui se définissent comme indépendants ?

A.Khamis Mamondo-Vous faites allusion à l’Union des Journalistes tchadiens (l’UJT) ? Si oui, je ne maîtrise pas très bien le dossier. Tout ce que je sais, la première Assemblée Générale à laquelle j’ai pris part et qui a porté Mahamat Saleh Hissein Ben Malllalah à la tête de l'Union des Journalistes tchadiens(UJT) était constituée en majeur partie des journalistes du privé et n’a pas vu la participation des représentants du ministère de tutelle. Et la deuxième qui a élu Larmé Laguerre est organisée par le Ministère de tutelle et c’est le second bureau qui travaille pour l’instant. Les causes de l'existence ? Aucune idée, je préfère n'est pas me prononcer sur un dossier dont j'ignore les tenants et les aboutissants.

14- Afrique Média traite-t-elle des informations à l’échelle régionale par exemple du Guéra d’où vous êtes originaire ?

A.Khamis Mamondo-Afrique Média est une chaîne de télévision pour l’Afrique et nous traitons de problème Africains et non régional ou clanique. Si un événement nous dirige vers le Guéra, nous allons saisir l'occasion pour ouvrir nos antennes, par rapport à la pertinence du sujet.

15- Le ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de la formation professionnelle a récemment suspendu la bourse d’études des étudiants de l’intérieur du pays. Qu’en pensez-vous?

A.Khamis Mamondo-La suspension de la bourse des étudiants fait partie des 16 mesures d’austérité d'urgence prises par le gouvernement de la République du Tchad pour juguler la crise que traverse le pays depuis plus de trois mois. Pour ma part, je trouve que la décision de suspension de la bourse des étudiants n’est pas mûrement réfléchie ; Les réalités du terrain ne permettent pas la suspension de cette bourse. En plus l’annonce de cette suspension était brutale.

16-Quelle analyse faites-vous au niveau de votre rédaction concernant la situation de crise financière aigue qui sévit au Tchad ?

A.Khamis Mamondo-La rédaction d’Afrique Média comme les autres média a toujours parlé de cette crise à travers les analyses et descente sur le terrain. La chose que nous ne cessons de dire aux deux parties à savoir gouvernement et syndicats est de privilégier le dialogue.

17-Admettez-vous comme les autres tchadiens que la crise financière annoncée par le gouvernement d’Idriss Deby Itno provient de la baisse des cours du pétrole au niveau mondial ou bien y voyez-vous d’autres causes ?

A.Khamis Mamondo-Il est bien vrai que la baisse de cours du pétrole au niveau mondial a impacté notre secteur financier, mais elle n'en est pas la première cause. A cela s’ajoute la mauvaise gouvernance et le manque de sérieux dans la gestion de la chose publique.

18-Et comment le Tchad sortira-il d’une telle crise financière qui étouffe totalement son administration au moment où l’Union des Syndicats du Tchad suspend provisoirement la grève pour inviter le gouvernement en panne de sagesse de négocier une vraie sortie de crise ?

A.Khamis Mamondo-La solution de cette crise à mon avis est entre les mains du gouvernement et particulièrement le président de la République Idriss Deby Itno. Ce dernier doit se rendre à l'évidence que cette crise à atteint tous les niveaux de la vie nationale, paralysée le fonctionnement de l'administration et risque de mettre en péril la stabilité sociale. Sa mission en tant que président de la République, père de la Nation n'est pas de nous rappeler les durs événements passés ou la rareté de l'argent de part le monde. Il doit être souple, compréhensif des difficultés de ses administrés et dialoguer avec ses partenaires sociaux en vue de résoudre cette macabre crise. Et surtout, qu’il axe ses interventions sur la lutte contre la corruption et l'assainissement des finances publiques. Ainsi, pourrions-nous avoir un débat d’idées clair et participatif afin de recadrer notre gouvernance et solutionner la crise sans jouer à la prolongation.

19-Comment votre rédaction traite-t-elle ou a-t-elle déjà travaillé ce sujet, surtout en ce qui concerne les dernières  décisions de l’UST,  favorables à la reprise du travail pendant un mois ?

A.Khamis Mamondo-Notre rédaction dans toutes ses émissions sensibilise et insiste sur le dialogue. Seuls le dialogue et la concertation de tous les acteurs sociaux peuvent aboutir à un dénouement heureux de la crise. Nous appelons les autorités et les organisations syndicales au dialogue.

20-Qui est d’ailleurs, selon votre Rédaction, le principal responsable de cette crise financière au Tchad ?

A.Khamis Mamondo-A mon avis, quand on fait le procès de cette crise sans précédent, la responsabilité de l'Etat est la première à citer. Étant entendu que les autres en charge de reforme affiche un mépris sans cesse croissant vis à vis des syndicats et des agents de l'Etat. Ils font de la force et des intimidations leur arme de dissuasion. Alors que ces méthodes d'un autre âge ne font qu’enfoncer le clou. Ils sont caractérisés par le manque d'humilité et de sagesse et se soucient peu du sort de la population. C'est qui fait que chacun campe sur sa position et nous nous retrouvons dans une sorte de bourbier. Un gouvernement responsable doit prévoir et surtout anticiper pour ne pas être surprise.

21- A votre avis, quel est l’état actuel de santé financière, économique et sociale de votre pays ?

A.Khamis Mamondo-Les finances publiques tchadiennes méritent une grande révolution pour leur redressement. Le niveau actuel laisse à désirer.

22- Sur le plan sportif, le Tchad est aussi à la traîne. Quelles sont les vraies causes de cette mauvaise performance ?

A.Khamis Mamondo-La mauvaise gouvernance tant décriée est la cause principale dans tout le domaine. Le sport de nos jours est une entreprise, et pour entreprendre et gagner, il faut investir. Avoir des résultats sans investissement c’est impossible. La baisse de niveau au Tchad n’est pas seulement dans le système éducatif, mais un peu partout, culture, sport… notre sport semble agonissant. Pour votre info, les états généraux du sport au Tchad sont pour bientôt, espérons que les recommandations issues de ces états généraux soient pertinentes et puissent être le tremplin pour notre sport.

23-En tant que journaliste et sportif, quelles sont les solutions envisageables pour hisser le sport tchadien au niveau international et faire de lui le vivier des talents de demain susceptibles de briller à  l’étranger comme nos voisins camerounais et nigérians ?

A.Khamis Mamondo-Comme je viens d'évoquer, le développement c'est le savoir. Et il en est de même pour le développement sportif. D'abord, la promotion des cadres compétents, expérimentés aux postes de responsabilité doit en être là règle numéro 1. Ensuite, faudrait régler la question des infrastructures sportives sur toute l'étendue du territoire. Enfin, faudrait mettre fin à la constitution des équipes sur la base du clientélisme, du copinage et du népotisme. Le seul critère qui doit être mis en exergue pour sélectionner les joueurs des équipes locales et de l'équipe nationale doit-être le mérite. C'est à ce prix que nous pouvons promouvoir le sport tchadien au niveau mondial.

24- La femme tchadienne constitue-t-elle un sujet de vos débats ? Si oui, de quelle manière l’évoquez-vous ?

A.Khamis Mamondo-Il est rare qu’on débatte des sujets concernant les femmes, nous le faisons quelquefois et c’est généralement en arabe local du Tchad.

25-Depuis plus de trois ans, les journalistes du monde consacrent beaucoup d’espace aux agissements criminels de la secte Boko-Haram au Sahel, précisément dans le Lac-Tchad. L’Afrique est-elle capable d’enrayer cette menace sans l’appui des puissances occidentales ?

A.Khamis Mamondo-Boko Haram agit au nom de l’islam, mais elle n incarne en aucun cas les valeurs de cette religion universelle. C'est un petit groupe de sanguinaires organisés qui cherchent à déstabiliser l'un des plus grands Pays d'Afrique numériquement et économiquement et, partant toute l'Afrique. Et ce, dans le seul but de retarder le développement du continent dont le Nigéria en constitue l'un des tremplins. C’est qui suppose que les actions de cette secte diabolique sont téléguidées depuis l'occident. Bouter Boko-Haram en dehors de l'Afrique relève du possible. Primo, il suffit de lutter contre la pauvreté, régler la question du chômage des jeunes et renforcer la sécurité entre les frontières en rendant plus vive la coopération militaire entre les pays voisins. Secundo, fermer toutes les bases étrangères installées en Afrique et renvoyer les militaires appartenant à ces différentes bases chez eux. Ces bases sont des pistolets occidentaux, chargés et braqués au cœur de notre continent. Voyez-vous le danger alors. Donc, cette question mérite d'être prise à l'urgence, elle n'est pas seulement une secte, mais une arme de destruction progressive de l'Afrique.

26-Le président tchadien au pouvoir depuis plus de 26 ans, semble n’avoir pas encore envie de lâcher. Que dites-vous de cela et estimez-vous comme les occidentaux qu’il est le seul rempart contre la secte terroriste Boko-Haram ?

A.Khamis Mamondo-Dire qu’un autre président ne pourra pas, c’est autant refuser l'alternance et mettre à mal la Démocratie.

27- Quel message tenez-vous à adresser aux africains, et en particulier à vos compatriotes tchadiens qui sont en ce moment désespérés à cause de la crise financière ?

A.Khamis Mamondo-J'invite la jeunesse africaine à la solidarité et au travail et je demande aux gouvernants d'en créer les bonnes conditions. Notre rêve est de voir cette idéologie panafricaine, force d’une extraordinaire puissance pour la jeunesse africaine, qui est l’axe central de notre ligne éditoriale puisse gagner toute l'Afrique et qu'elle soit vivifier par des actions concrètes. Comme l'a fait Cheikh Anta Diop, j'invite une fois de plus à juste titre la jeunesse africaine à une meilleure connaissance de son histoire. Cette jeunesse doit connaître son histoire, sa civilisation, condition sine qua non pour sortir l’Afrique de sa léthargie. Il s’agit d'affirmer notre capacité d'entamer notre développement par notre intelligentsia. Il suffit d’initier des débats comme ceux d'Afrique Média sur la jeunesse africaine afin d’ouvrir les yeux de cette jeunesse africaine qui accepte d’aller mourir dans la méditerranée ou être enrôlée dans les organisations terroristes. Notre continent constitue un refuge pour toute l'humanité. Parce qu’il est l'avenir de toute la planète. Et je crois fort heureusement que le temps de l'Afrique est arrivé, le 21e siècle. Nous allons nous affirmer en une puissance mondiale sur tout le plan, et cela se réalisera contre vents et marées. Pour ce faire, je rappelle à la jeunesse que le véritable Eldorado ne se trouve pas en occident, mais ici en Afrique.

                   Propos recueillis par Ahmat Zéïdane Bichara/Moussa T. Yowanga

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