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France

 

Directeur de publication

Moussa T.  Yowanga

Rédacteur en chef

 Ahmat Zeidane Bichara

 Siège :  France

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Publié par Ahmat Zeïdane Bichara

Le Premier Président après l'indépendance du Tchad (1960), François Ngarta Tombalbaye a dirigé le pays pendant 15 ans de 1960 à 1975 (rappel pour les jeunes et mes amis non tchadiens) et meurt de suite d'un coup d'Etat militaire lequel, a renversé son régime.

1- c'est quoi cette doctrine du Président Tombalbaye ?François Ngarta Tombalbaye est un homme engagé dans la politique très jeune, lutta pour la décolonisation, l'indépendance du Tchad et devient son premier président. Instituteur de formation avec un niveau de scolarité limitée (mais il s'est révélé très habile et manipulateur) qui fut plus tard son handicap psychologique et son sentiment de complexe vis à vis de certains de ses adversaires et rivaux politiques même avec les intellectuels plus instruits que lui. Mais il fut un nationaliste même si son pouvoir bascula dans la dictature très tôt. Cependant il a jeté la base du développement économique du Tchad.Même avant et après son arrivée au poste du chef du gouvernement provisoire le 26 mars 1959 grâce au soutien de certains homme politiques, qu'il les a combattu après, ensuite élu le premier président de la République du Tchad le 22 avril 1962 et bien que juste avant cette date, il décréta son parti P.P.T comme parti unique le 18 janvier 1962 ; Ngarta Tombalbaye était animé par le sentiment de nationalisme et l'indépendance réelle du Tchad détachée de l'influence coloniale et de tout ce qui la représentait. il combattait et voulait à ce que le Tchad appartienne aux tchadiens et dirigé par les tchadiens autochtones. Ainsi était la doctrine de Tombalbaye sur l'exclusivité tchadienne d'un président de la République.

Tombalbaye dans son combat politique, il visait à écarter, disqualifier une autre grande figure de l'échiquier politique tchadien qui dirigeait un grand parti politique. C'est un franco-tchadien d'origine étrangère de père et de mère eux même nés d'origine mais beaucoup instruit, expérimenté...que lui, et un chef d'un grand parti politique de ramification d'Afrique noire. Ce franco/tchadien est parmi les plus instruits de son époque, bien formé en France. Cependant son origine étrangère deviendra un grand handicap plus tard car elle a été instrumentalisée par les nationalistes pour le battre et le disqualifier de la scène politique pourtant, il fut plusieurs fois député, Ministre, Maire de la capitale jusqu'à vice-président du gouvernement en 1958. Il s'appelle Gabriel Francisco Lisette, noir, Français issu d'une famille antillaise et parfois considéré comme un Guadeloupéen par le fait que son père était établi dans ce pays et son grand père fut maire. Il est né le 2 avril 1919 à Puerto Bello (Panama) et décédé le 3 mars 2001 à Port-de-Lanne (Landes) France. Son nom et son origine étaient devenus un cauchemar politique pour lui vers la fin des années 50 et début des années 60.

Finalement par décision de Tombalbaye, Gabriel Lisette a été banni du Tchad et interdit d'y revenir après un voyage en Israël le 24 août 1960. Son rêve de devenir le président du Tchad ou acteur politique fut estompé et même de demeurer un simple citoyen tchadien puisqu'il a été déchu de sa citoyenneté tchadienne par le président Tombalbaye et ne peut plus jouir de sa nationalité tchadienne. Il mourra hors du Tchad, en France en mars 2001.C'est vrai, Gabriel Lisette, français, d'origine antillaise, arriva au Tchad dans les années 40 et s'imposa sur la scène politique en créant le P.P.T (Parti Progressiste Tchadien) dont Tombalbaye est devenu son membre plus tard et récupéra le parti. Lisette se dit favorable à l'autodétermination des peuples africains et en même temps il est un courroux des politiques de la France coloniale au Tchad. Ses ambitions politiques grandissantes, l'influence de de son parti, l'animosité et rivalité qui étaient affichées à son endroit par certains membres de son parti, combattu par d'autres hommes politiques...l'ont finalement affaibli, disqualifié même s'il avait gardé quelques soutiens politiques grâce à sa popularité, son intégrité... .Par son nationalisme et l'idée de son retour aux valeurs et traditions du pays, appelée "Yondo", poussa le président Tombalbaye a abandonné son prénom François, qu'il considérait comme un nom Français, de blancs donc des colons.

Ainsi beaucoup de tchadiens des parents d'origine européenne surtout, française (nassaras) qui étaient des anciens militaires, soldats et administrateurs pendant la période de la colonisation, post colonisation, et aussi d'origine Afrique noire ont changé leurs noms et prénoms français (blancs), appelés par le langage populaire des "nassaras", par des noms locaux. Par exemple Yves, Dupond, Frédéric...par Alladoum, Mahamat, Mirangaye, Adoum...même si quelques rares ont gardé leur patronyme. Même des tchadiens autochtones baptisés aux noms français d'origine chrétienne et autres étaient contraints de changer.Pour amadouer certains qui ne sont pas hostiles à son régime, il les appelait "les enfants de nos sœurs" (terme réducteur) en faisant allusion aux tchadiens "métis" des parents d'origine étrangère européenne surtout française. Par ailleurs, d'autres il les combattait et les poussait à l'exil. Il a utilisé même cette politique contre certains tchadiens d'origine africaine noire.C'est un peu la politique de manipulation, dont excelle l'ancien président.Cette exclusivité tchadienne des fonctions du président de la république était appliquée dans les constitutions (parfois appelées chartes fondamentales de la République) dans différents régimes. Le sujet a soulevé un long débat pendant la Conférence Nationale Souveraine (1993) et finalement cette doctrine fut retenue dans la constitution de l'ère démocratique adoptée par référendum en 1996.

Ainsi l'article 62 dispose que: "Peuvent faire acte de candidature aux fonctions de Président de la République, les Tchadiens des deux (2) sexes remplissant les conditions suivantes : - être Tchadien de naissance, né de Père et de Mère eux-mêmes Tchadiens d'origine et n'avoir pas une nationalité autre que Tchadienne ;
- avoir trente-cinq (35) ans au minimum ;
- jouir de tous ses droits civiques et politiques ;
- avoir une bonne santé physique et mentale ;
- être de bonne moralité".

Alors je soulève le débat,faut-il garder ou surtout supprimer cette doctrine au nom de l'égalité et justice entre les citoyens, ensuite les mentalités ont évolué avec la diversité et la mondialisation ? Ou bien élargir l'interdiction à d'autres hautes fonctions publiques afin d'éviter des conflits d'intérêts et autres formes de questions ? Par exemple dans certains pays, les hautes fonctions sont interdites aux détenteurs de plusieurs nationalités.

                                                     Kebir Mahamat Abdoulaye

                                                     Collaborateur permanent 

Études: Politiques et Management du Développement-Potentiel Afrique à Institut d'études politiques de Paris

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